Pour mon goût, une fort belle aquarelle en illustration de couverture et qui rend bien compte, selon moi, du livre. J’ai noté dans les œuvres antérieures de l’auteur Vies épinglées (Éditions Orizons, 2015) et le sous-titre d’Ollivia Romance pour décourager les rossignols. J’ai un peu de mal à saisir ce qu’il peut bien signifier.

Ollivia raconte la liaison « amoureuse » entre un professeur d’université et une esthéticienne. Et si l’on peut facilement associer l’aquarelle de couverture et la jeune femme, le portrait qu’en dresse l’auteur ressemble plus à un portrait en creux de l’universitaire. Comme si le fait d’épingler Ollivia sur une planche d’entomologiste suffisait à la décrire, alors que l’universitaire ne cesse de parler par le biais de ses références, dans lesquelles il est engoncé. Comme s’il ne vivait pas, comme si sa sensualité passait d’abord par la référence. Il établit des références au lieu des connivences et des plaisirs attendus. Les portraits des six femmes qui complètent le volume sont du même ordre. En fait on peut avoir l’impression de lire une histoire à la manière du Lolita de Nabokov où la différence de classe sociale remplacerait la différence d’âge. Ollivia est une jeune femme alors que le narrateur a l’âge de ses références et fait allusion à propos d’une scène de danse au célèbre roman. Si on se dit que le professeur a « épinglé » Ollivia à son tableau de chasse, il me semble que l’épilogue et l’épilogue à l’épilogue qui achèvent l’histoire et se placent sous le signe d’Edgar Allan Poe et d’un philosophe allemand peuvent donner l’impression que le professeur conclut une leçon à l’attention d’un lecteur-étudiant.

A lire par curiosité.

Ollivia
Auteur : Patrick Corneau
Editeur : Maurice Nadeau

www.maurice-nadeau.net

Ollivia
4.0Note Finale

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