La Switch, même si elle bat des records de ventes grâce à certaines exclusivités (coucou Animal Crossing), manque un peu de gros titres de qualité pour cette fin d’année 2020. Est-ce que ce Hyrule Warriors saura combler le vide, réponse à suivre…


Hyrule Warriors : L’ère du Fléau, même s’il se déroule dans le monde de Zelda, série chère à Nintendo, n’est pas un jeu Zelda à proprement parler. Il s’agit d’un Musô, type de jeu développé par la Omega Force de Koei Tecmo et s’apparente plus à un Hack and Slash, jeu où le principal objectif et le plaisir est de tuer des ennemis par centaines, voire milliers.

Cependant, tous les assets (ennemis, personnages jouables, identité visuelles et carte de jeu) sont directement pris de Breath of the Wild, le dernier Zelda sorti. Ainsi, même si le gameplay est différent de ce que l’on peut s’attendre d’un Zelda, le monde, lui, est bien présent.

Une préquelle bien scénarisée, mais on aurait pu s’attendre à un peu plus

L’Ère du Fléau a lieu 100 ans avant les évènements de Zelda: Breath of the Wild et suit les aventures de Zelda, Link et des 4 prodiges lors de cette période de troubles déjà racontée en partie dans Breath of the Wild. Comme vous le savez sûrement déjà (ainsi que 20 autres millions de joueurs), l’histoire finit mal. Les fans de Zelda seront donc contents d’avoir plus d’informations et de pouvoir vivre l’ère du Fléau en direct et accompagnés des 4 prodiges déjà rencontrés (sous forme de spectre, il est vrai) dans Breath of the Wild. L’histoire en elle-même est contée à travers de magnifiques cutscenes dont le joueur pourra choisir la langue (anglais, japonais, français et même français canadien).

Ne vous attendez cependant pas à de grandes divulgations quant à l’histoire déjà racontée dans Breath of the Wild, mais plus à de petites additions d’information. Autre déception côté narration : même si on passe beaucoup de temps aux côtés des différents prodiges durant le jeu, ces derniers ne parlent pas du tout de comment cette ère du Fléau les impacte ni de comment Zelda et Link gagnent le respect de ces 4 prodiges. Ce dernier donne l’impression de juste apparaître au moment où ils rencontrent les 2 héros canoniques de la série. Il est peut-être bizarre de vouloir s’attendre à un peu plus de la part d’un musô qu’un simple Hack and Slash, mais à mon avis, il y avait ici une vraie opportunité d’élargir les relations entre les personnages qui a réellement été manquée.

Et le gameplay dans tout ça ?

Le software, heureusement, propose un gameplay solide. L’histoire commence en vous mettant aux mains de Zelda, Link ou encore Impa. Vous débloquerez par la suite assez rapidement les 4 prodiges et divers autres personnages dont je tairai le nom pour vous laisser le plaisir de la surprise. Les diverses missions que vous traverserez seront toujours à peu près de la même veine : tuer des centaines d’ennemis de bas niveaux pour arriver jusqu’à un objectif où se trouvent un sous-boss, répéter 2-3 fois l’opération, puis aller à un objectif final vous demandant d’aller tuer un boss. Ainsi, si la répétition n’est pas votre tasse de thé, passez votre chemin.

Là où le jeu apporte de la variété, c’est dans le gameplay de chaque personnage. En effet, chaque personnage peut utiliser les pouvoirs de la tablette Sheikah, mais ils le font à leur façon. Par exemple, le pouvoir bombe de la tablette donne la capacité à Link de lancer une salve de bombes à travers le champ de bataille alors que Mipha (la prodige Zora) va quant à elle invoquer une pluie de bombes sur le champ de bataille. Les différences ne s’arrêtent pas là, Revali (l’homme-oiseau) va pouvoir se battre dans les airs comme au sol, alors que Urbosa fait pleuvoir les éclairs sur le champ de batailles à chaque coup d’épée qu’elle porte et finalement Impa peut créer des copies d’elle-même afin de faire baisser la vie des ennemis comme neige au soleil. Ainsi les personnages donnent vraiment un ressenti différent lorsqu’on les contrôle.

Si la plupart des ennemis de bas étages seront battus facilement suite à quelques coups bien placés, les sous-boss et les boss demanderont plus de travail de leur côté. Il faudra savoir les affaiblir suffisamment afin de pouvoir leur donner un coup fatal. Ceci se fait assez facilement en utilisant la plupart des pouvoirs de la tablette Sheikah. Par exemple, un ennemi voulant vous lancer une bombe dessus pourra être contré en utilisant le pouvoir magnétique de la tablette alors qu’un capitaine vous fonçant dessus pourra être stoppé net en faisant apparaître un pilier de glace grâce au pouvoir Crynosis. Le jeu vous montrera toujours la rune du pouvoir particulier à devoir utiliser afin de stopper net et de pouvoir casser sa défense. A noter aussi qu’une esquive parfaite vous permettra d’attaquer les ennemis plus effectivement, mais malheureusement le timing pour y arriver semble aléatoire, ce qui peut provoquer un peu de frustration.

Et est-ce qu’il y a assez à faire dans le royaume d’Hyrule ?

Il y a pléthore de missions, quêtes et challenges à remplir. Tellement même qu’en fin de partie, il est vraiment ridicule de regarder la carte tellement elle est remplie d’icônes (les missions et challenges déjà remplis ne disparaissant pas de la carte). Le tout est séparé entre mission d’histoire (qui feront bien entendu avancer l’histoire) et challenges, vous permettant d’améliorer vos personnages, soit en augmentant leur vie ou en leur apprenant de nouveaux combos.

Lors de ces missions, vous récolterez des ingrédients et autres objets qui vous permettront d’ouvrir des boutiques ou apprendre des recettes de cuisine qui vous donneront des avantages en bataille si utilisé avant de commencer une mission. Il y a tellement à faire que l’on se sent assez rapidement submergé par la quantité de missions et autres quêtes annexes à remplir. Imaginez, après chaque mission remplie, environ 3-4 autres quêtes apparaissent. On a vraiment l’impression de ne jamais pouvoir vraiment finir le jeu. En terme de durée de vie, comptez une vingtaine d’heures pour faire l’aventure sans trop se perdre et bien entendu beaucoup plus pour le complétionniste qui souhaite tout faire.

Zelda : Breath of the Wild, plus qu’un point de départ scénaristique?

Comme dit plus haut, le jeu utilise les assets de Breath of the Wild et nous avons donc réellement l’impression d’arpenter le même monde mis à part que Hyrule Warriors ne se déroule pas vraiment dans des environnements ouverts et qu’il est donc impossible aux personnages de grimper aux murs et autres falaises. Par contre, les emprunts ne s’arrêtent pas juste au visuel et vous aurez le plaisir de retrouver les 4 créatures divines de Breath of the Wild, ainsi que les korogus qui seront souvent cachés dans des endroits peu peuplés d’ennemis qui vous donneront quelques ingrédients rares une fois trouvé (heureusement, il y en a peut-être moins de 900 dans ce jeu).

Si le jeu est beau, il y a malheureusement quelques ralentissements visibles lorsqu’il y a beaucoup d’éléments à afficher. Si cela est moins pire en mode nomade (merci à la baisse de résolution qui permet de sauver les meubles), ceci est plus visible en mode docké. Rien qui n’empêche vraiment de jouer et profiter du jeu, sauf en mode 2 joueurs en coop locale.

En résumé, Hyrule Warriors : L’Ère du Fléau est un solide Hack and Slash, qui s’il ne met pas son accent sur le scénario, est clairement pensé et orienté gameplay (qui lui est très réussi). Il aurait pu profiter d’un peu plus de relations entre les personnages et un peu moins de contenu (ou du contenu plus ciblé) et le jeu n’est malheureusement pas le hit de fin d’année de la Switch (peut-être que Super Mario 3D All-stars saura mieux trouver sa place sous les sapins que le soft d’Omega Force).

        

A noter que pour ceux qui veulent tester avant d’acheter (ce que je conseille vivement), l’intégralité du 1er chapitre est disponible sous forme de démo.

Les plus :

  • Un gameplay réussi et différent pour chaque personnage
  • Une bonne durée de vie (une 20aine d’heures pour l’aventure principale uniquement)
  • Des cinématiques de bonne facture
  • Peu de différences visuelles entre le monde de BOTW et de ce Hyrule Warriors

Les moins :

  • Quelques ralentissements rencontrés
  • Une opportunité ratée de parler des relations entre les personnages et de leurs sentiments quant à l’ère du fléau
  • Il faut aimer la répétition

Editeur : Nintendo
Développeur : Koei Tecmo, Omega Force
Date de sortie : 20.11.2020
Plateforme : Nintendo Switch

Genre : Musõ

Hyrule Warriors : L’Ère du Fléau
3.5Note Finale

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