L’histoire de Quantum Break débute à Riverport lorsque notre héros, Jack Joyce revient de Thaïlande en urgence à la demande de son ami Paul Serene pour l’assister lors d’une expérience qui doit révolutionner le monde tel qu’on le connaît. Alors que tout se passait bien et que Paul devient le premier homme à voyager dans le temps, le frère de Jack, William, fait irruption et tente de les prévenir d’une catastrophe imminente. C’est alors que ce qui devait arriver arrive. Une fracture se crée dans le temps, condamnant l’humanité à moyen terme.


C’est au même moment que des agents de Monarch, une entreprise étendant son emprise sur la ville, fait son apparition et tentent de capturer William et son frère tandis que Paul se retrouve enfermé dans la machine à voyager dans le temps. Irradié de Chronons, une particule temporelle issue de la fracture, Jack se retrouve en mesure d’influencer le temps et va se retrouver au cœur d’un enjeu de taille, sauver le monde !

La particularité de Quantum Break se situe dans son découpage en 5 actes liés entre eux par une série réalisée avec de vrais acteurs. Les phases de jeu vous placeront aux commandes de Jack tandis qu’il tente de réparer la fracture tout en étant poursuivi par Monarch et son leader charismatique. La fin de chaque acte verra l’arrivée des points de jonction, vu sous l’angle de Monarch, ou vous devrez faire un choix parmi deux solutions envisageables qui façonnera l’épisode d’une vingtaine de minutes qui suivra.

L’impact de vos choix lors de ces points de jonction aura une influence sur le contenu de la série tout autant que sur celui du jeu, une quarantaine de variantes ont en effet été filmées et sont intégrées ou remplacées de manière parfaitement fluide à la série. Certains documents à ramasser auront alors un sens différent, des personnages seront remplacés dans le jeu sans que l’on puisse s’apercevoir de la supercherie.

Fidèle à leurs productions précédentes, le jeu s’avère très linéaire dans son déroulement et les phases narratives s’entremêlent aux phases d’actions dans une proportion égale, entrecoupée çà et là par des phases de plateforme simplistes mais efficaces de par leur réalisation – elles ont souvent lieu durant les interruptions temporelles, ou le temps reste figé mais où certains objets sont instables, donnant vie à un environnement graphiques très impressionnant.

Les phases d’actions sont quant à elle très voir trop classiques, bien souvent des arènes ou l’on retrouvera de plus en plus d’agents de Monarch, il n’existe d’ailleurs en gros que 5 types d’ennemis qui vont du soldat lambda aux agents disposant de la technologie chronons, insensibles à vos pouvoirs, en passant par les colosses nettement plus retords. L’IA est d’ailleurs plutôt agressive et vous pousse sans cesse à vous mouvoir ainsi qu’à utiliser vos pouvoirs en permanence. Ceux-ci vous permettront tantôt de ralentir vos ennemis, de vous protéger dans un bouclier temporel ou de vous déplacer plus vite, et sont améliorable grâce à des objets à récupérer ça est là durant votre aventure. Classiques donc, mais très efficaces une fois vos capacités maitrisées, il sera alors jouissif de passer d’un ennemi à l’autre en canardant à tout va, le tout dans un déluge d’effets visuels. On n’est d’ailleurs pas loin des sensations que procurait Max Payne à l’époque et l’on finira par regretter n’avoir pas eu plus de challenge une fois le jeu terminé. Je conseille d’ailleurs vivement de faire le jeu en difficile dès votre premier run, le mode facile ne poussant pas vraiment à utiliser ses pouvoirs comme il faut.

Durant les phases plus contemplatives, vous aurez également accès à une multitude de documents à récupérer si le cœur vous en dit. Des emails, conversations et autre vidéos qui apporteront un éclairage différent sur les différents protagonistes tout en épaississant leur histoire personnelle et leur motivation. Au passage, on remarquera l’apparition de Sam Lake dans une vidéo promo de « Alan Wake return » qu’on espère prémonitoire et on vous invite à trouver l’histoire en deux chapitres de Bruce, son couteau à voyager dans le temps et son copain Bouboule !

D’un point de vue qualitatif, la série se situe plutôt du côté d’une production SciFi que d’un téléfilm diffusé sur TF1, on sent que les moyens ont été mis pour éviter le côté bon marché que pouvait avoir l’intro de Biohazard (exemple pris tout à fait au hasard) Le jeu d’acteur et plutôt bon dans l’ensemble et c’est avec plaisir que l’on retrouve Aidan Gillen (Littlefinger dans GoT) dans le rôle de Paul Serene. Même si le changement de héros en cours de production avait pu choquer, il faut avouer que Shawn Ashmore (the Following – X-men ) est excellent dans le rôle de Jack. Le tout se suit agréablement et ne manque pas de rythme. Lors de la reprise d’une partie en cours, un petit « précédemment dans Quantum Break » vient vous rappeler les points principaux de l’intrigue et vous permet de ne pas trop perdre le fil. Les personnes qui auront terminés MGSV apprécieront également l’absence de générique à chaque début et fin d’acte…

Techniquement solide malgré un LOD (changement de géométrie ou de texture de certains éléments en fonction de leur éloignement) parfois visible et des ombres dynamiques changeant de résolution un peu tardivement, Quantum Break impressionne franchement ! Lumières volumétriques et dynamiques, festival de particules, décors partiellement destructibles, effets de déchirure temporelle lors de l’utilisation de vos pouvoirs, le nombre d’effets spéciaux visuels impressionne à chaque instant et ce sans que le moteur du jeu ne bronche un seul instant ni ne descendent en dessous de 30 images par seconde! Les différents lieux traversés ont tous bénéficié du même soin du détail et sont magnifiquement mis en lumière, et il ne sera pas rare d’avoir un moment d’hésitation à chaque changement d’acte, ou l’on se demandera alors si l’on a affaire à une cinématique pré rendue, ce qui n’est jamais le cas, bluffant! Certains moment du jeu bénéficient également d’effets narratifs inédits dans le monde du jeu vidéo qui vous feront sans doute ouvrir les yeux plus grands qu’à l’accoutumé. On pense particulièrement aux interruptions temporelles et plus simplement toutes les scènes ou le temps présente des altérations.

Le jeu d’acteur et les animations faciales ont également bénéficié d’un degré de peaufinage rarement atteint, il y a bien sur un monde de différence entre le rendu visuel de la série et celui du jeu, mais il n’empêche que la frontière tends à s’amenuiser et que le passage de l’un à l’autre entre chaque acte n’a rien de choquant et passe au final plutôt naturellement. Visuellement donc Quantum Break épate la galerie et passe facilement pour un des jeux les plus impressionnants que j’ai vu jusqu’alors.

La partie sonore n’est bien sûr pas en reste et nos oreilles auront également quelques friandises à se mettre entre le marteau et l’enclume ; Si les combats sont rythmés par un beat minimaliste assez punchy c’est un bon rock qui accompagnera nos fins d’actes, le reste du temps, nous aurons droit à de la musique atmosphérique afin de laisser la place à un environnement sonore détaillé et discret bénéficiant d’effets de spatialisations plutôt bien retranscrit.

Le jeu comme la série est en français intégral et les doublages francophones sont plutôt soignés. Les afficionados de la version originale seront également ravis de savoir qu’il est possible de choisir le doublage et a langue des sous-titres. Sachez également que la lecture des épisodes se fait en streaming, Les joueurs consoles auront la possibilité de télécharger l’intégralité de ceux-ci moyennant un espace libre de 76GB ( !) autant dire que les détenteurs de petites connexions devront patienter un peu plus que les autres lors du visionnage des épisodes .

Avec Quantum Break, Remedy nous prouve une fois encore leur savoir-faire quand il s’agit de poser une ambiance tout en faisant attention à la caractérisation de leurs personnages. En poussant encore plus loin le rapprochement entre les médias en ajoutant une série au cœur même de leur jeu, ils tentent de créer un lien entre le joueur et les différents protagonistes. L’opération est, de mon point de vue, réussie : le choix de la série au détriment des cut-scenes en temps réel permettant au joueur d’être réellement passif et donc réceptif à l’histoire qui nous est racontée. L’adoption de deux points de vue différents, celui de Monarch dans la série et celui de Jack Joyce pendant les phases de jeu, permet également d’apporter de la substance aux motivations de chacun et rendent la trame narrative particulièrement intéressante pour peu qu’on s’y attache. Et même s’il est tout à fait possible de comprendre en substance les enjeux et la trame principale du jeu en le faisant en ligne droite sans regarder les épisodes, je pense malgré tout qu’il est dommage de se priver d’une grosse partie de ce qui fait le charme de cette production.

Dans le registre des doléances, on regrettera tout de même un nombre d’environnements limités et un temps de jeu relativement court, mais dans la lignée de ce que proposait Alan Wake, c’est-à-dire environs dix heures de jeux en cherchant un minimum les différents objets à collecter et en regardant la série, cela est tout de même à mettre en perspective au vu des différents choix que l’on peut opérer sur l’histoire et qui modifieront en partie son contenu même si la fin restera la même peu importe nos décisions. On aurait également bien aimé avoir plus d’informations sur certains éléments du jeu ayant trait à la fin des temps qui semblent très intéressant, mais qui ne sont qu’évoqués et qui feront peut-être leurs apparitions dans un futur DLC ?

Épatant dans la forme, mais assez classique dans le fond, Quantum Break nous propose une expérience agréable à parcourir, doté d’un gameplay maitrisé jusqu’au bout des ongles et d’une histoire qui se laisse suivre avec plaisir. Là où d’autres studios aux moyens plus importants auraient été sans doute plus loin dans l’originalité, Remedy une fois de plus se cantonne à rester au plus près de ses personnages et de leurs personnalités. Moins sombre que leurs précédentes productions du moins en apparence, le désespoir et ici représenté de manière plus subtile et nuancée, un peu trop peut-être. Il nous tarde en tout cas de découvrir le prochain jeu d’un studio décidément très talentueux.

Les plus:

  • Graphiquement magnifique
  • Une histoire qui tient la route
  • Une série de qualité
  • Le couteau à remonter le temps ( !)
  • La playlist de fin d’acte
  • Les combats dynamiques ….

Les moins:

  • … mais trop classiques
  • Un poil court
  • Peu d’environnements différents
  • Une incohérence scénaristique post-crédit en fonction de vos choix ?

Quantum_Break_boxEditeur: Microsoft Studios
Développeur: Remedy
Date de sortie: 05.04.2016
Plateforme: Xbox One & Windows 10 exclusivement
Testé sur Xbox One

 

Quantum Break
4.0Note Finale
Note des lecteurs: (0 Vote)

Une réponse

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.