x-men prelude a l'ere d'apocalypse - extrait

x-men prelude a l’ere d’apocalypse – extrait

Pouvant être lu indépendamment de l’event de l’Ère d’Apocalypse, ce prélude en est en fait un à part entière (‘Legion Quest’) éparpillé sur les titres Uncanny X-Men, X-Men, X-Factor et Cable. On y suit le fils de Charles Xavier, Legion, tenter de réaliser une version pervertie du rêve de paix entre humains et mutants nourri par son père pendant de nombreuses années, tandis que les X-Men tenteront d’empêcher le jeune mutant d’atteindre son objectif.

Peu engageant de prime abord, ce prélude souffre de dessins très typés des 90’s qui ont très mal vieilli. La profusion d’artistes n’est pas en soit inconfortable, mais leurs efforts communs pour imiter le Jim Lee de l’époque, à grands renforts de personnages stéréotypés et de coiffures improbables, rend difficile une grande implication émotionnelle avant la moitié du récit. Le design du personnage de Legion lui-même est probablement le meilleur exemple du mauvais goût esthétique de l’époque, le charisme de sa personnalité ambiguë souffrant énormément de sa coiffure complètement farfelue.

À ça on peut rajouter que les débuts de l’event piétinent : le lecteur passera la première moitié à se demander dans quel sens l’intrigue s’apprête à aller, tant il sera ballotté entre des sous-intrigues secondaires de peu d’importance pour le retour de Legion, comme la disparition et le retour de Mystique. Les auteurs accordent un soin flagrant aux relations entre les personnages, mais ça en devient un défaut lorsque cette application ne fait que retarder dans le vide le lancement de la trame, comme lors de cette scène, pourtant réussie, où Iceberg introduit Malicia à ses parents.

Au rang des défauts, le pas toujours bon Scott Lobdell s’autorise d’ailleurs de nombreuses ellipses qui rendent certains éléments de l’intrigue peu clairs : en quoi l’altération du passé impacte-t-il une civilisation extra-terrestre ? Pourquoi Legion décide-t-il de coucher avec sa propre mère ? Etc. Ces non-dits sont encore accentués par le sentiment de secousse qu’on subit en passant sans crier gare d’une équipe à l’autre au gré des titres, fréquentant un nombre énorme de personnages qui refroidira les néophytes.

Mais, car il y a un mais, le final de l’event est d’une qualité remarquable ! Il parvient à donner un tournant inattendu à l’intrigue, alors que le lecteur avançait la garde baissée vers une happy end convenue. Cette fin laisse le lecteur sur un goût de ‘Mais comment vont-ils s’en sortir ?’ comme peu de cliffhangers artificiels arrivent aujourd’hui à en susciter. Le gimmick d’une continuité dynamique répondant aux altérations provoquées par les voyages dans le temps montre qu’il reste efficace malgré ses nombreuses utilisations. Pour le dernier tiers du tome, ainsi que pour les relations peu négligées entre les personnages, on recommanderait sans problème ce tome à un amateur des X-Men désireux de se préparer au fameux ‘Age of Apocalypse’ qui suit.

Quelques notes sur l’édition proposée par Panini, qui si elle a l’avantage de proposer un papier de meilleure qualité que son équivalent en version originale, a la faiblesse de ne pas mettre de numéro de pages – ce qui est d’autant plus étrange qu’ils indiquent dans le sommaire les numéros de page où démarrent les différents chapitres, à quoi servent-ils si on ne peut pas les retrouver ? Faut-il compter à la main une grosse centaine de pages ? On déplorera également que les couvertures servant de séparations entre les numéros soient réparties aussi aléatoirement, parfois placées même au milieu d’un numéro et non à son début. Restent enfin les inévitables coquilles de traduction, au nombre desquelles on relèvera de regrettables impératifs orthographiés « Vient » au lieu de « Viens », et quelques subjonctifs glissés après « après que », quand bien même la faute était évitée quelques pages en amont.

X-Men : Prélude À L’Ère D’Apocalypse
One-shot
Dessinateurs : Andy Kubert, Terry Dodson, Ron Garney, Jan Duursema, Ian Churchill, Steve Epting, Roger Cruz
Scénaristes : Fabian Nicieza, Scott Lobdell, Mark Waid, Jeph Loeb. Todd Dezago, John Francis Moore
Éditeur : Panini Comics
Collection : Best Of Marvel

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