Carthage

Carthage

Les éditions Philippe Rey ont publié simultanément un recueil de nouvelles et un roman de Joyce Carol Oates, j’aurais pu chroniquer ces deux livres dans une seule et même chronique. Mais je pense que cette auteure et ces livres méritent d’être mieux traités, alors vous aurez droit à une chronique par titre.

Carthage est une petite ville des États-Unis que l’on pourrait dire à la fois hors du temps et située dans n’importe quel état. Le genre de ville dont on imagine qu’elle est sous la coupe d’une famille toute puissante qui y fait la pluie et le beau temps aussi bien sur le plan économique que sur le plan culturel, social et politique. Cela aurait été comme cela jusque dans la première moitié du XXème siècle mais depuis les choses ont un peu changé et nous sommes en 2005, en juillet. Juliet fille aînée et jolie d’Arlette et Zeno Mayfield, l’ancien maire, a rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid. Ils s’étaient fiancés avant le départ de Brett pour l’Irak. Le jeune homme est revenu blessé physiquement et traumatisé. Cressida, la sœur de Juliet, pas vraiment jolie et pas très féminine disparaît soudain et n’est pas retrouvée malgré toutes les recherches et les appels à témoin. Brett est soupçonné de l’avoir tuée et, dans ce que l’on appellera une crise, avoue l’avoir tuée. La petite ville a vécu un temps au rythme des recherches puis des accusations et des rapports entre la famille Kincaid et la famille Mayfield. Un nouveau personnage apparaît mais sept ans se sont écoulés. Il s’agit d’une certaine Sabbath McSwain qui va devenir la stagiaire d’un « professeur » qui enquête et écrit sur ce qui peut être une « honte » (la peine de mort, les prisons, les injustices, etc.). Un rapport de connivence va s’établir entre eux mais lorsque Sabbath s’étendra dans la « cage/bulle » qui sert à tuer les condamnés d’une prison elle décidera de rentrer chez elle et de retrouver les siens.

Je ne vous en dévoilerai pas plus mais vous avez deviné. Et ce faisant vous avez compris que comme d’habitude quand il s’agit de grande littérature, ce n’est pas vraiment l’histoire qui compte mais la façon de raconter et ce qui sous-tend les événements. Ici, l’auteure utilise un style particulier pour chaque personnage. Il s’agit d’une histoire d’amours… Des amours vécues par des individus que la société, l’éducation, le monde, la guerre, leur physique ont fait se sentir exclus de la société. De l’amour éprouvé pour ces êtres différents par des « normaux »… Juste de quoi vous donner une idée de l’Amérique d’aujourd’hui, peut-être envie de voir ou de revoir « Freaks » de Tod Browning…

Bonne lecture.

Carthage
Auteure : Joyce Carol Oates
Editeur : Philippe Rey

www.philippe-rey.fr

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