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 Attention Spoiler : Là où Heavy Rain permettait une description de l’histoire et des personnages sans détruire l’intérêt premier du jeu, cette opération est plus difficile à réaliser avec Beyond Two Souls. Le jeu se voulant axer sur un seul héro et pléthore de secondaires et de situations inattendues, ne pas spoiler le lecteur ne sera pas chose aisée. Je me suis donc appliqué à en dire le moins possible, désolé si certains devinent certaines intentions. Bonne lecture !


Sorti originalement en 2013 en exclusivité sur Playstation 3, Beyond Two Souls était le digne successeur de son grand frère Heavy Rain. Frontière de cross média entre le cinéma et les jeux vidéo, il se permettait même de littéralement diriger des acteurs réels dans des rôles de composition en Motion Capture, le tout avec une précision et des détails qui poussaient la machine dans ses limites absolues. Ellen page et Willem Dafoe nous renvoyaient à nos soirées cinéma, manette en mains.

Mais avoir de la suite dans les idées n’est pas toujours chose aisée pour des développeurs, particulièrement quand leurs productions se heurtent systématiquement à des critiques disparates et à une moitié de joueurs criant au scandale pendant que l’autre moitié hurle au génie. Quantic Dream est de ceux-ci.

Faisant fi des discordes créées par leur chef-d’œuvre leur jeu Heavy Rain, sorti en 2006, la petite équipe passionnée de Motion Capture nous replonge dans une aventure haletante en gardant les mécaniques au style aussi décrié qu’efficace. Alors face à  un paysage vidéo ludique de plus en plus amoindri et se reposant sur ses acquis, peut-on populariser un style de niche qui ne plaira pas à tout le monde ? Jeu ou pas jeu ? Film ou pas film ? Plaisir ou ennui ? Voyons donc…

Le Motion Capture à l'œuvre.

Le Motion Capture à l’œuvre.

 

Hello Darkness, my old friend,…

Notre histoire commence dans une région reculée et montagneuse quelque part aux Etats-Unis. Une équipe d’intervention s’approche discrètement du commissariat local. A l’intérieur, on distingue à peine le visage fatigué d’une jeune fille, 22 ou 24 ans tout au plus, qui converse avec un agent maladroit. Les pensées de la jeune fille sont claires, la prochaine fois…elle les tuerait tous.

Le groupe armé pénètre dans l’établissement. Devant la porte de la salle d’interrogatoire, la silhouette de la jeune fille se dessine. Explosions, ombres, déchirements et cris. Les militaires ont trépassé laissant derrière eux une scène chaotique…

A l’image d’une bande annonce de cinéma, les questions se posent d’elles-mêmes. Les réponses, elles, nécessiteront un peu plus de temps à arriver.

Passé cette introduction à couper le souffle, nous sommes projetés bien des années auparavant, dans la peau de Jodie, fillette un peu spéciale, adoptée par un couple de militaires sur une base isolée. Catalyseur de phénomènes paranormaux, Jodie est étroitement liée à une entité invisible, qu’elle nomme Aiden et qui semble la suivre au quotidien et la protéger à outrance, au grand damne de ses parents adoptifs.

Au fil du jeu nous suivront donc Jodie à différente époque de son existence. Matérialisée par une frise temporelle, nous vivrons ses aventures en sautant d’une période à l’autre, ce qui permet une narration et une avancée de l’intrigue bien construite. Scolarité spéciale, centre de traitement, passions d’adolescente ou road trip sauvage, toutes les situations sont bonnes pour nous permettre de vivre et ressentir la relation que Jodie et son entité entretiennent. Au-delà de l’aspect fantastique ou paranormal, c’est aussi l’évolution de cette relation et les implications de celle-ci que nous découvrirons. Dans un univers sombre, où la science lutte contre l’irrationnel et les gouvernements avec leurs consciences, vos choix seront déterminants et l’avenir des gens que vous aimez étroitement liés les uns aux autres. Empathique et drôle ou cynique et violente, Jodie sera l’héroïne que vous vous façonnerez.

Les thèmes de la mort, de la vie, de la famille, de l’errance, de l’amour, de la place social ou des limites de la science sont autant de sujets traités dans Beyond two souls, au même titre que le ferait certaines créations cinématographiques. Afin d’éviter de trop en dévoiler et laisser le lecteur-joueur curieux de se faire sa propre opinion, nous allons décortiquer le gameplay, les graphismes, les clins d’œil et apport du cinéma ainsi que, bien entendu, les nouveautés apportées par cette version remasterisiée. Nous laisserons volontairement les détails du scénario de côté. Franchement….jouez-y !

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=SLPiHqOk-Hs]

Un trailer sans explosion, c’est assez rare pour être souligné.

Gameplay : Deus Ex MachinAiden

Un mec très sage (ou très bourré) a dit un jour : Comparaison n’est pas raison, et pourtant…

Le gameplay de Beyond Two Souls se subdivise en deux parties bien distinctes. D’un côté Jodie est son humanité, de l’autre Aiden et son omniscience. Nous retrouvons donc les mécaniques chères à Quantic Dream que sont les QTE et les phases d’explorations en environnement restreint.

Là ou Heavy Rain nous proposait des QTE nerveuses et relativement ardues, dont la réussite ou l’échec avaient des impacts importants sur le déroulement de l’histoire, Quantic Dream a fait ici le choix d’un gameplay facilité mettant les joueurs face à des phases de QTE au stress très relatif. Mais commençons par le début.

Jodie est Aiden étant indissociables, vous pourrez switcher à loisir entre les deux protagonistes à l’aide la touche triangle. Chaque situation disposant de plusieurs méthodes de résolution, le choix de jouer Aiden ou Jodie influera énormément sur votre façon de comprendre le jeu. Là où les QTE de Jodie se veulent résolument humaine, et nous renvoie au schéma classique d’action-reflexe ou d’enchaînement de touche, les QTE de Aiden sont plus « métaphysiques » et se matérialiseront sous forme de point brillant qu’il faudra, au choix, maintenir dans un endroit précis, écarter, approcher ou même utiliser pour créer des « chemin » d’énergie entre les deux personnages.

Je te tiens, tu me tiens, par le chemin psychique...

Je te tiens, tu me tiens, par le chemin psychique…

Afin d’épurer les décors et dans un souci esthétique, lorsque l’on joue Jodie, les touches de QTE ont toutes été remplacées par un mouvement de stick dans la direction appropriée, ce qui les rend extrêmement faciles à condition de ne pas jouer avec des moufles. Une autre innovation se situe dans les scènes d’action. En lieu et place des fast-push habituels, nous retrouvons un système assez intuitif où il faudra (toujours et encore) continuer le mouvement de Jodie dans la bonne direction à l’aide du stick droit.

Si ces éléments ajoutent indéniablement une certaine immersion, ils sont contrebalancés en permanence par la présence d’Aiden. Comme Loïs Lane et Superman (ce mois d’avril est riche en références) peut-on vraiment se sentir en danger lorsqu’une force surhumaine et quasi-omnisciente peut intervenir en permanence en notre faveur ? Et c’est là que le bât blesse (un peu). A aucun moment dans le jeu, ou presque, nous nous sentirons en danger, tant Aiden fonctionne comme une Deus Ex Machina infinie. Sitôt que vous raterez une action ou que vous vous mettrez en danger de manière stupide, Super Aiden interviendra et fera le nécessaire pour vous mettre hors de danger. Bouclier d’énergie, télékinésie, possession de corps, assassinat, autant de pouvoirs qui vous feront vous sentir trop à l’aise, tant on saura que la réussite ou l’échec des QTE n’aura d’influence que sur le moment où Aiden interviendra.

Bien qu’une certaine complémentarité entre les deux protagonistes soit parfois mise en avant et impose des QTE et des choix un peu plus subtils, on ne se retrouvera jamais face à un challenge ou à une réelle difficulté. Ainsi, le gameplay fera plus office d’interaction ou d’outil d’immersion que de phase de jeu à proprement parler, comme ce fût le cas dans Heavy Rain.

Choix délibéré des développeurs pour permettre l’accès à un plus large publique (les critiques de Havy Rain venant en partie de la difficulté inhérente à celui-ci) on retrouve de très bonnes idées mais un souci de casualisation qui pèsera sur le moral des gamers purs et durs pour qui un scénario et des graphismes ne suffisent pas. Exit le mode Hardcore, on traversera les pérégrinations de Jodie comme une promenade de campagne.

A noté l’apport intéressant d’un système de split screen multijoueur qui permet à deux personnes d’incarner Jodie et Aiden.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=uw2pqz1nLAQ&nohtml5=False]

Est-ce que c’est toi John Wayne, ou est-ce que c’est moi ?

 

Graphisme : Motion Capture et explosion de budget…

Soyons clair : en 2013, le jeu était beau, très beau, trop beau parfois. En 2016, le jeu est beau, très beau, trop beau souvent.

Ayant décidé de ne pas faire les choses à moitié, Quantic Dream a engagé des vrais acteurs pour jouer deux des personnages principaux. Jodie Holmes et le Docteur Nathan Dawkins, son médecin d’enfance (No spoil, c’est son pédiatre). Sont donc incarnés respectivement et sous Motion Capture par Ellen Paige et Willem Defao.  A nouveau, soyons clair, c’est vraiment réussi. Les expressions et mimiques de Jodie, l’air grave du Docteur Dawkins, les traits des visages, le jeu d’acteurs amènent une telle épaisseur à ces personnages excellemment interprétés que parfois la frontière entre film et jeu vidéo se trouvera réellement franchie. (Spoiler alerte : La partie avec les sans-abris est selon moi la clef de voute du jeu, une réussite sur tous les point qu’il faut absolument voir, quitte à ne pas faire le jeu…). Difficile de faire mieux.

Du côté des ambiances intérieures et extérieures, le défi est relevé car la plupart des endroits seront très propres et profiteront au maximum des capacités de fin de vie de la PlayStation 3. Grande ville peuplée, canyon indien, montagnes rocheuses, hiver sibérien ou base militaire, tous auront un cachet propre et un jeu de lumière réussi ainsi que des textures peaufinées à la hauteur de la technologie de cette époque.

Mais alors c’est de la bombe graphiquement ? Et bien ….non.

Malheureusement l’excellence de la Motion Capture réalisée par les acteurs surpasse tellement les personnages modélisés que la différence saute aux yeux telle une araignée hyperactive sous extasie, et ça pique. Du coup il ne sera pas rare de côtoyer une Jodie parfaitement modélisée, discutant avec des PNJ techniquement moins aboutis, ce qui donnera rapidement une certaine impression de décalage ou d’artifice. C’est dommage quand on sait que certains personnages ont été travaillés en Motion Capture et d’autres en modélisation simple. (Spoiler alerte : La scène des SDF, j’insiste, vraiment).

On imagine bien le budget draconien qu’imposerait une production totalement en Motion Capture ainsi que le travail à réaliser. C’est dommage, car c’est le seul réel bémol que l’ont peu soulevé au niveau graphique sur le titre, d’autant plus que SuperMassive ne se privera pour le faire 2 ans plus tard avec Until Dawn.

Certains personnages secondaires sont particulièrement réussis !

Certains personnages secondaires sont particulièrement réussis !

Le décalage entre Motion Capture et Modélisation et parfois flagrant.

Le décalage entre Motion Capture et Modélisation et parfois flagrant.

Scénario et ciné-club

Je sais, j’ai dit que je n’en parlerai pas. Mais je dois quand même vous dire pourquoi c’est bien, non ?

Avec 6 réelles fins possibles et une multitude de petites variances, Beyond Two Souls emprunte beaucoup au cinéma et à la télévision. Si vous aimez (hop, coup de sac) : X-files, Del Torro, Carpenter, Twilight Zone, Nikita, Hanna, le Roi scorpion, l’horreur, la science-fiction et le fantastique saupoudrez de drama et j’en passe….N’hésitez plus !

En effet les répertoires desquelles s’inspire Beyond Two Souls sont juste remplis de références. Si vous connaissez celles citées au-dessus, vous avec déjà une belle idée de ce qui vous attend. Dans le cas contraire (et même dans tous les cas)  je ne peux que vous conseiller le film de Chris Sparling , Le projet Atticus, que je soupçonne d’être librement inspiré de Beyond Two Souls et qui met en exergue des thèmes  proches en les traitants un peu différemment.

Monsieur Sparling aurait-il eu une PS3 ?

Monsieur Sparling aurait-il eu une PS3 ?

Conclusion : Prends les pop-corn, on va jouer à Beyond Two Souls…

Jeu décrié à sa sortie et qui fait toujours débat, Beyond Two Souls reste une expérience unique dans le paysage des jeux vidéo. Ayant réussi à s’écarter de son aîné Heavy Rain aussi bien dans son univers et ses thématiques que son gameplay, il reste cependant trop facile et se décline, lui, comme plus proche d’un film interactif au scripte multiple que d’un jeu vidéo.

Si vous aimez le cinéma, la science-fiction, le fantastique ou que vous appréciez les productions Quantic Dream, foncez sur ce jeu et prenez du bon temps. Dans le cas contraire, l’ennui risque de rapidement vous saisir. A conseiller donc, mais pas à n’importe qui.

Les plus :

  • Scénario digne du grand écran
  • Bande originale
  • Motion Capture et jeu d’acteur réussi
  • Des personnalités de PNJ travaillées et soignées
  • Références au cinéma
  • Un système de coop assez rare pour être souligné

Les moins :

  • Vraiment trop facile
  • Modélisation des personnages inégale
  • Rejouabilité modérée
  • Vraiment, mais vraiment, trop facile
  • Une durée de vie parfois boostée de manière artificielle
  • Non sérieux…C’est vraiment beaucoup trop facile….

Note : 4/5

Test de la version Remasterd PS4 : N’essaye pas, fais-le !

Si vous avez eu l’occasion de parcourir le test de Heavy Rain, vous savez que la version remastered se déclinait plutôt comme un portage HD. Trois ans après sa sortie, la version remasterisée de Beyond Two Souls a-t-elle quelque chose de plus à offrir ? Je dirais qu’elle essaye, et c’est un peu le problème.

Au niveau graphique tout d’abord, nous sommes gratifiés d’un portage en 1080p classique et réussi. Les problèmes de la version PS3 restent cependant flagrants, et la différence entre personnages en Motion Capture et personnages modélisés devient encore plus évidente.

Au niveau du gameplay, la difficulté de certaines QTE a été légèrement augmentée, mais cela se traduit majoritairement par un temps un peu plus réduit pour appliquer l’action. Toujours pas de quoi proposer un vrai challenge.

Les quelques réelles nouveautés apportées se situeront plutôt au niveau de la narration. Ainsi nous pourrons choisir de jouer l’histoire de Jodie dans l’ordre chronologique. Il est difficile de comprendre ce choix des développeurs, le principal intérêt du scénario se situant justement dans sa construction. De plus, cette chronologie n’apporte rien de nouveau et se permet même de supprimer des éléments que la version originale utilisait pour situer l’action dans le temps. Imaginez Reservoir Dog ou Cloud Atlas dans l’ordre chronologique….ça laisse amer et c’est normal.

La frise n'a plus vraiment de sens si on joue l'histoire dans l’ordre chronologique…

La frise n’a plus vraiment de sens si on joue l’histoire dans l’ordre chronologique…

Un autre petit plus permettra de comparer nos choix avec ceux des autres joueurs à la fin de chaque chapitre. Ludique et sympa, cela permettra  de se donner une idée des voies que nous n’avons pas empruntées.

Dernier ajout qui conclura le contenu de cette version PS4, l’extension Advanced Experiment sera de la partie et nous amènera à résoudre une série de puzzles et de casse-têtes à l’aide de Jodie et d’Aiden. Pas franchement palpitant et n’apportant rien de plus à l’histoire, on saluera l’effort là aussi.

Si vous n’avez jamais fait Beyond Two Souls et Heavy Rain, le bundle vendu CHF 39.90 vous fera découvrir deux univers fantastiques. Si vous avez déjà mis la main à la pâte et au porte-monnaie en 2013 passez votre chemin. Les quelques nouveautés apportées ne conviendront qu’aux fans hardcore, si t’en est qu’il en existe, et ne valent pas le prix demandé. Un goût amer donc, tant on sent que l’intention y est, mais que les limites de l’univers et du jeu ne permettent pas de réellement prolonger sa durée de vie ni de développer de nouveaux pans de scénario.

Un ajout sympathique mais pas suffisant pour faire la différence....

Un ajout sympathique mais pas suffisant pour faire la différence….

 Les plus :

  • Le 1080P
  • L’écran comparatif de fin de chapitre
  • On salue la tentative…

Les moins :

  • Des ajouts inutiles
  • Une DLC inintéressante
  • Un prix prohibitif

B2S_PS4_BoxÉditeur : Quantic Dream
Développeur: Quantic Dream
Sortie : 02.03.2016
Disponible sur PS4 exclusivement (et PS3)

Beyond Two Souls remasterd : Au-delà du Gameplay, l’aventure continue.
2.5Note Finale

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