Le tout dernier hit de la Switch, au top de la livraison du mois de décembre, vient de sortir. Est-il aussi bon que ces prédécesseurs et saura-t-il se faire sa place sur votre machine préférée entre Mario Odyssey et Zelda Breath of the Wild ?


Le monde de Xenoblade Chronicles 2 (en fait, le 3ème opus de la saga pour être exact) est vraiment à part. Les humains et humanoïdes vivent sur des Titans, énormes entités vivantes se déplaçant lentement à travers une mer de nuage impénétrable. Bien entendu, certaines nations sont en guerre, comme dans tout bon JRPG, à cause des Titans qui dépérissent et des territoires habitables qui se réduisent petit-à-petit. Vous jouerez dans ce monde un simple récupérateur s’appelant Rex dont la seule fonction au monde et de survivre en récupérant des déchets sous la mer de nuage. Bien entendu, de plus grandes aventures l’attendent, mais je préfère vous laisser les voir de vos propres yeux que de vous spoiler le plaisir de la découverte. Ce que je peux vous en dire par contre, c’est que le jeu n’est pas avare en rebondissement et ceci dès le début, le tout avec un humour tout japonais. Autre particularité du monde de Xenoblade Chronicles, les combattants les plus aguerris sont appelés les Pilotes et sont accompagnés de leur lame, qui sont personnifiés soit par des humanoïdes, soit des animaux, mais qui vous accompagneront ou que vous allez et qui auront leur propre conscience.

Un monde intéressant pour une Switch qui halète

Techniquement, on voit que quelques compromis ont dû être faits entre la vision du développeur et ce que la Switch a dans le ventre. En mode docké, le monde est magnifique, mais malheureusement, certaines baisses de framerate sont à déplorer. Ceci sans compter les objets qui chargent parfois à quelques dizaines de mètres du héros lorsque vous entrez dans un nouvel environnement. Cependant, en mode nomade, la baisse de résolution en 720p permet de sauver les framerates (qui deviennent alors stables), mais le monde s’en trouve un peu moins beau. Autre petit défaut, mais je chipote : quand on ouvre des coffres ou que l’on bat des ennemis, ils explosent en laissant des objets autour d’eux. Rien de bien grave a priori, mais comme le monde se passe à dos de monstres géants, il y a donc pleins de falaises desquelles, je vous le donne dans le mille, les objets tombe parfois. Tout ceci sans compter que vous avez un temps limité afin de ramasser les objets. Là, de nouveau, pas de soucis 90% du temps, mais quand c’est durant un combat et que la lisibilité durant les combats est déjà limitée, c’est assez gênant. Par contre, il faut saluer le travail des designers qui ont créé un monde magnifique avec des panoramas qui valent vraiment le coup d’œil. Encore mieux que le design du monde, la musique est vraiment incroyable avec des arrangements qui vont rester dans votre tête. Le tout est composé sur base de musique classique, voire symphonique avec des envolées lyriques fortes appréciables.

Des combats complexes et intéressants

Outre la musique, le 2ème gros point fort du jeu est son gameplay durant les phases de combat. Comptez une dizaine d’heures avant que le jeu vous explique entièrement comment fonctionne le système de combats. Assez rapidement et en essayant d’être le plus clair possible : tous les protagonistes du jeu (qui seront jusqu’à 3 dans votre équipe) attaquent automatiquement les cibles que vous visez. Il vous sera bien entendu possible d’agir durant les combats en utilisant soit des Arts, soit votre attaque spéciale. Les Arts (qui ne sont rien que des compétences) peuvent être déclenchés une fois qu’assez d’attaques automatiques ont atteint leur but. Ces derniers vous permettent de faire plus de dégâts, certaines fois uniquement si vous êtes placés sur le côté de l’ennemi ou derrière lui. Chaque Arts que vous utilisez remplit une autre jauge qui vous permettra d’utiliser une attaque spéciale. Cette dernière pourra être suivie par les attaques spéciales de vos autres persos afin de terminer sur une attaque très puissante qui aura 2 effets. De un,  vous allez bloquer une compétence de l’ennemi et de 2 (malheureusement), vous allez créer un orbe élémentaire qui protégera l’ennemi de l’élément en question. Seul moyen de s’en débarrasser, utiliser un super combo durant laquelle tous vos personnages vont utiliser leur attaque spéciale les uns après les autres. Sachez que si un de vos personnages n’a plus de lames à utiliser ou si vous n’avez pas détruit un orbe avec une attaque de son élément contraire, le super combo s’arrêtera là. Si cela paraît simple au premier abord, sachez que ce n’est évidemment pas le cas car la jauge de super attaque sert aussi à ressusciter vos personnages tombés à terre et que cette dernière se remplit très lentement. Il faudra donc faire des choix. Autre souci, et de taille, la lisibilité est assez compliquée durant les combats. Si les jauges sont bien disposées et claire, il n’est pas toujours facile d’utiliser les Arts avec un bon timing, l’écran relativement petit de la Switch se remplissant très rapidement. Bien entendu tout cela vous est expliqué durant des tutoriels s’étendant environ sur la 1ère dizaine d’heure de jeu. Par contre, et ceci est bien dommage, vous n’avez aucun moyen de retourner voir ce qui vous est expliqué, car une fois affiché dans le jeu, le tutoriel ne pourra plus être regardé. Soyez donc bien attentif aux enseignements du software.

Les voix, tout comme les musiques, sont excellentes, que ce soit en anglais ou en japonais (en DLC gratuit depuis le jour de la sortie). Le jeu d’acteur fait part aux accents anglais, en passant entre le gallois, l’anglais ou l’écossais. Si les voix ne sont pas trop mauvaises durant les cinématiques et les explorations, on ne peut pas dire la même chose durant les combats… Que ce soit les ennemis ou vos équipiers, les combats sont gangrénés sans cesse par l’intervention des personnes y prenant part, que ce soit en lançant des Arts, en infligeant ou recevant une altération d’état. Heureusement, vous pourrez désactiver les voix dans les combats dans le menu d’options, chose que je ne pourrai que vous recommander de faire pour votre santé mentale.

Malheureusement, la finition n’est pas parfaite

Le jeu est parsemé de défauts, qui même s’ils ne sont pas choquants, entache le plaisir de jeu de manière plus ou moins forte. Si le jeu propose un bon JRPG à l’ancienne, il en a aussi les défauts. L’humour est parfois limite sous la ceinture, sans que cela soit fait finement (plutôt avec des gros sabots en fait). Ceci sans compter le physique parfois extrêmement avantageux de vos compagnons d’armes ainsi que les cadrages choisis qui vous feront parfois honte malgré vous, surtout que cela n’apport strictement rien au jeu.

Mais cela n’est rien à côté du micromanagement constant auquel il faut prendre part afin de pouvoir avancer correctement et sans trop de problème dans le jeu. Entre les différents sociogrammes dans lequel il vous faudra avancer case par case pour vos personnages et vos lames (les cases étant débloquées après avoir rempli certains critères bien précis (tuer x ennemis de ce type, utiliser tel objet tant de fois, etc…)), la partie upgrade des Arts de vos personnages, upgrade des lames, tout ceci sans compter des objets que vous pourrez mettre dans votre sacoche afin de donner des statistiques particulières à vos personnages. Rajoutez encore une couche de création de lames (qui s’associe uniquement à un seul personnage) et vous comprendrez vite que le jeu vous oblige à passer beaucoup trop de temps dans ses menus, ce qui en devient presque frustrant.

Et pour finir, il vous est possible de vous téléporter à n’importe quel endroit visité à n’importe quel moment. Et je dis bien, quand vous le désirez, même si cela ne fait aucun sens dans l’histoire (genre si vous êtes sensé être enfermé). Si cette mécanique est bien utile afin de leveller vos personnages s’ils ne sont pas assez haut, vous conviendrez qu’au niveau cohérence de l’univers, on repassera.

En résumé, le jeu propose une expérience JRPG à l’ancienne vous occupant par son univers énormissime, qui même s’il est loin d’être parfait, reste totalement intéressant par son gameplay bien peaufiné et une bande-son mémorable. A conseiller à tous les amoureux de RPG nippon pour autant qu’ils soient un temps soit peu ouvert à la nouveauté et aux combats en temps réel à la sauce MMO.

Les plus :

  • Un monde énorme et intéressant à visiter
  • Une bande-son et un doublage d’excellente facture.
  • Un système de combat complexe

Les moins :

  • Une Switch qui a parfois de la peine à suivre.
  • Un humour qui parfois rate complètement sa cible
  • Un micromanagement nécessaire et franchement pas agréable.
  • Pas de tutoriel dans les menus afin de retourner voir des concepts peut-être mal compris

 

 

Editeur : Nintendo
Développeur : Monolith soft
Date de sortie : 01.12.2017

Plateforme : Nintendo Switch

Xenoblade Chronicles 2
4.0Note Finale

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