Bien que datant de 1877, l’illustration de couverture illustre à merveille le contenu au point je crois que l’on peut imaginer que l’auteur s’en est inspiré. Et elle n’est pas redondante.

Il s’agit de la vie d’un ‘Meursault’. Rappelez-vous le type imaginé par Albert Camus, étranger à tout. Maurice vivote et regarde le monde de derrière le bureau où il travaille en relation épistolaire avec un certain Hamid. Il apprécie le/la violoncelliste qu’il écoute jouer. Et il est présenté se racontant, parlant de ses amis, de sa timidité qui nait de et accentue son sentiment d’insignifiance. Et l’on se rend compte au fil de la lecture que tout est insignifiant. Ce qui peut transformer cette absence de ‘valeur’ en revendication, faire naître une violence (voir page 80). Conseil de lecture : quand vous en serez à la page 145, posez le livre, interrompez votre lecture un certain temps et reprenez lentement. Vous êtes dans un passage érotique qui semble plus inspiré par Lucian Freud que par Balthus. J’ai cherché pour ma part à quels auteurs je pouvais rattacher ce ‘Maurice’, alors je vous propose (par ordre alphabétique) Beckett, Ionesco et Obaldia, Tardieu. Ces maîtres d’un absurde réaliste dont on reconnaît la justesse et que l’on finit par oublier.

Citation : « Maurice n’a jamais vraiment appris à penser. Il est resté idiot et vit dans l’angoisse perpétuelle d’être démasqué et considéré comme ce qu’il est et ce qu’il aura été au bout du compte : une poule picorant des grains de savoir, la poule dans ses bras. ».

Bonne lecture.

Maurice à la poule
Auteur : Matthias Zschokke
Editeur : Zoé
Collection : Poche

www.editionszoe.ch

Maurice à la poule
5.0Note Finale

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