
J’ai failli vous priver de cette chronique. Pourquoi ? Parce que malgré l’intérêt de l’illustration de couverture (voir p. 442/443) ‘Le mot de l’éditeur’ (non paginé) m’a un peu choqué. Il y est dit que dans le droit fil de la publication originale en anglais l’auteur se refusant à des notes de bas de pages, explicatrices quant aux situations ou aux mots aborigènes du texte, l’éditeur soutenait sa démarche. J’ai pensé que les lecteurs australiens n’avaient sans doute pas besoin des notes d’explications, mais nous, lecteurs francophones, pour qui l’Australie est aux antipodes, que savons-nous de ces deux mondes qui se découvrent ici ? Alors j’ai lu et je vous conseille de faire de même. Laissez-vous porter, c’est dense et humain, vous aurez bien le temps plus tard d’analyser ce que vous avez lu. Surtout lisez sans porter de regard critique, vous n’avez pas les mêmes critères que Bobby. Ne dépréciez pas une attitude pragmatique qui peut sembler naïve. Il me semble qu’elle met en évidence le lien entre l’homme et la nature et parle d’équilibre.
Pour ce qui est des mots de la langue maternelle de l’auteur, ils sont en grande concentration à la fin de l’histoire et sans doute en écho à un des grands moments de ‘Sur la route’ de Jack Kerouac, je les faits ‘porteurs’ d’âme, notes d’une mélodie humaine (le passage de Kerouac est celui où dans une boite de jazz il s’exalte devant le solo d’un joueur de saxophone dont il prétend qu’il a La note). Le rapprochement que je viens d’effectuer peut vous sembler hasardeux mais rappelez-vous l’importance de la musique chez Wim Wenders ou chez Murakami. Et peut-être avez-vous dans votre discothèque un de ces vinyles édités par Le chant du monde où l’on entend le chant de certaines baleines. S’il vous reste un peu de temps, lisez-donc les aventures de Frank Broussaille chez Dupuis.
Bonnes lectures.
Bobby et le chant des baleines
Auteur : Kim Scott
Editeur : Synchronique Éditions
Collection : Ciels Australs
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