
Avec un sur-titre annonçant une série : Les fleurs du crime de Monsieur Baudelaire et une superbe illustration de couverture. J’espère qu’elle a retenu ceux que le nom de Baudelaire bien connu comme poète aurait pu faire fuir. J’aimais bien René et Georgette Magritte (voir chroniques) et regrette que Madame Monfils ait dû les abandonner. Comme je sais que Baudelaire et les Belges ne se sont pas compris et que je connais mal Charles, je m’inquiétais de ce que Nadine qui est Belge s’empare de ce ‘personnage’. C’est une réussite. Nadine reste elle-même avec son humour, Baudelaire est toujours là avec ses rimes que l’on comprend enfin parce que citées dans l’action et non extraites d’un recueil.
Deux corps de femmes sans tête – des prostituées – sont découverts non loin de là où vit Charles et Jeanne Duval, la maîtresse dont le poète est amoureux, reçoit une des têtes. Charles recevra une des langues arrachées.
Quand vous comprendrez la raison de ces assassinats, vous saurez que Nadine est toujours dans notre actualité et que son usage de Baudelaire est très respectueux et subtil. Elle restitue le poète et son temps à coup de chapitres brefs et denses. Elle crée une atmosphère digne des textes de Charles. Surtout n’allez pas lui chercher noise de ce qu’elle cite du vivant du personnage des œuvres posthumes de l’auteur, elle vous le précise assez : il s’agit d’une œuvre de fiction et non d’une biographie. Profitez-en pour relire Les fleurs du mal, au hasard, comme chante un autre Belge.
Bonne lecture d’une traite et sans vous offusquer d’un vocabulaire parfois bien vulgaire, c’est la rue…
La femme sans tête
Auteure : Nadine Monfils
Editeur : Seuil
Collection : Verso
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