Comme pratiquement chaque début d’année, Ryu Ga Gotoku Studio (RGG) et SEGA ouvrent le bal vidéoludique sous le signe des bastons en costard trois pièces avec une nouvelle incursion dans l’univers Yakuza (Like A Dragon). Pour 2025, c’est un 2-en-1. Le studio frappe fort avec une sortie en deux volets : l’attendu Yakuza Kiwami 3, remake de Yakuza 3, et l’épisode inédit Dark Ties. Le tout réuni dans une même proposition qui devrait ravir les fans de longue date ainsi que les nouveaux. Yakuza Kiwami 3 Dark Ties est disponible sur PS5, Xbox Series, PC & Switch 2.

Pour rappel, les “Kiwami” sont les remakes des épisodes originaux de la saga Yakuza, désormais aussi connue en Occident sous le nom Like a Dragon. Après les refontes des deux premiers volets, Kiwami 3 poursuit logiquement le chantier. L’épisode est entièrement reconstruit sous le Dragon Engine, le moteur maison du studio, avec à la clé une résolution revue à la hausse, des textures HD et un framerate bien plus stable en 60fps. Visuellement, le gap est réel. C’est plus propre, plus fluide, clairement calibré pour les standards actuels. Mais les Kiwami ne se contentent pas d’un simple coup de polish. Contrairement aux remasters, ils ajoutent des localisations supplémentaires, dont les très appréciés menus, interfaces et sous-titres en français. Il y a de nouvelles activités annexes et quelques quêtes inédites. Le tout s’accompagne d’une réécriture partielle visant à proposer une expérience plus concentrée et plus rythmée. Évidemment, qui dit recentrage dit aussi concessions. Certaines coupes et ajustements ont été fait, parfois discutable, et pourront faire tiquer les puristes.
Yakuza Kiwami 3 est avant tout un jeu d’action-aventure / beat ’em up en monde semi-ouvert. Les combats y font légions. On se bat continuellement contre des groupes de criminels. Ça casse des bouches à tout bout de champ. C’est un jeu de bagarre. Il est rare qu’un conflit ne se règle pas à grands coups de poing. Les combats sont directs, brutaux et physiques, avec un impact lourd et volontairement exagérés. Kiryu frappe, esquive, projette ses adversaires contre les murs, les fracasse avec des vélos, des scooters, des barres de fer, des poubelles ou des tables de restaurant, tout ce qui lui tombe sous la main. Au fil de la progression, de nouvelles capacités se débloquent ainsi que des attaques spéciales qui transforment les combats en spectacles ahurissants.

Mais le gameplay ne se résume pas qu’aux combats. Comme toujours dans les jeux RGG studio, le jeu joue sur les contrastes de situations constants et surprenants. L’intrigue principale se déploie comme une grande série dramatique, dense en trahisons, sens de l’honneur, révélations, plots twists et en dilemmes moraux. C’est très premier degré. Par contre, en dehors de cette trame, le jeu change de ton radicalement avec un doux mélange de légèreté et de grotesque, beaucoup plus rigolo. Une tranche de vie à la japonaise. Les villes débordent d’activités : karaoké, jeux d’arcade, jeux GameGear, golf, pêche, clubs d’hôtesses et quêtes secondaires souvent aussi touchantes qu’absurdes. Ces histoires annexes révèlent une autre facette du Japon qui peut être à la fois très traditionnel et sérieux tout en étant parfois complétement fou et extravagant dans tous les sens du terme. Cette dichotomie rend les jeux Yakuza attachant et savoureux, même si après quelques épisodes on se rend compte que c’est toujours un peu la même chose.

Bonne nouvelle pour les nouveaux venus comme pour les vétérans un peu rouillés : Yakuza Kiwami 3 propose, dès les premières minutes, un récapitulatif complet des événements de Kiwami 1 et 2. Présentés sous la forme de deux longues cinématiques soignées, ces résumés permettent d’aborder l’histoire du troisième chapitre en toute sérénité sans sentir larguer.
Côté scénario, Kiwami 3 enchaîne directement après Kiwami 2. Kazuma Kiryu a tourné le dos au clan Tojo et à la fureur de Kamurocho. Direction Okinawa, la petite île paradisiaque du sud du pays. Il y gère désormais un orphelinat, bien décidé à offrir aux enfants la stabilité et l’éducation qu’il n’a jamais vraiment eue. Une retraite bien occupée loin du tumulte des yakuzas… du moins en apparence.
Car le calme ne dure jamais longtemps. Lorsque Kiryu apprend que le nouveau chef du clan Tojo, Daijo, a été victime d’une tentative d’assassinat, le passé le rattrape brutalement. Et comme toujours dans la série, impossible de rester simple spectateur quand l’honneur et les anciens liens sont en jeu. Affaires mafieuses et politiques se mêlent et s’entremêlent pour un plot qui évolue continuellement, avec de nouveaux enjeux, des plots twist, attendus mais surprenants, et de nouveaux personnages hauts en couleurs.

De retour à Tokyo, Kiryu Kazuma va en découdre avec de nouvelles factions qui veulent prendre le contrôle de Kamurocho. La tête du clan Tojo est affaibli et certains y voient une opportunité en or d’en prendre les rênes. Il va découvrir que les enjeux à Okinawa sont étroitement liés avec la pègre tokyoïte et certains membres du gouvernement. Il va chercher de l’aide avec Goro Majima, le chien fou, éternel adversaire et partenaire de Kiryu. Mais aussi l’ancien inspecteur de police Date. Au final, le scénario est plutôt pas mal. Dans la même veine que les Yakuza. Beaucoup dise que c’est le moins bon, mais ça va. J’ai bien aimé. Ce n’est pas le meilleur, mais c’est tout à fait ce à quoi on peut s’attendre d’un Yakuza. Tous les éléments sont réunis.

La saga Yakuza / Like a Dragon s’est imposée au fil des années comme une référence du récit criminel japonais, mêlant intrigue mafieuse dense et immersion quasi documentaire dans la vie urbaine nippone. Fidèle à cette tradition, Kiwami 3 recrée avec grand soin l’atmosphère du quartier chaud de Tokyo. Boutiques, restaurants, karaokés, les fameux konbinis, bars ou salles d’arcades : tout y est reproduit avec une précision remarquable, jusqu’aux produits de marques réelles que l’on peut acheter en jeu. Même l’ambiance sonore, captée avec une grande fidélité, contribue à renforcer cette impression de déambuler dans un Tokyo vivant et authentique. Sauf au niveau de la sécurité bien sûr. Kamarucho est beaucoup plus dangereux que le vrai Kabukicho. Et Kiwami 3 ne recrée pas complètement Karamucho de la tête aux pieds, il reprend ce qui a déjà été fait dans les jeux précédent et l’adapte. Okinawa, par contre, c’est du tout neuf. La ville de Ryukyu et l’orphelinat sont tout nouveau. On est dans le sud au soleil avec les palmiers et les plages paradisiaques. Ça fait un plus vacances et tranche littéralement avec les décors très urbains en bétons habillés de néons multicolores de Kamurocho. Ce n’est pas très grand, mais il y a de quoi faire, comme du golf et chasser les papillons.
Lorsqu’on connaît la série, on sait exactement, mais alors exactement, à quoi s’attendre. Les jeux Yakuza reposent sur une formule bien établie : un gameplay très familier, le quartier emblématique de Kamurocho, une structure de quêtes reconnaissable entre mille et une galerie de personnages qui évolue très peu sans jamais renier ses codes. La recette bouge peu, même si chaque épisode apporte sa touche d’innovation. Dans le cas de Yakuza 3, la nouveauté majeure réside dans l’introduction d’un tout nouvel environnement : Ryukyu, à Okinawa, une région balnéaire située à l’extrême sud du pays. Un changement de décor qui apporte un souffle différent sans rompre avec l’ADN de la franchise.

En plus de la trame principale, Kiryu va devoir s’occuper de l’orphelinat à Okinawa. Il devra aider les enfants dans les tâches ménagères. Cuisine, devoirs, jardinage pour récupérer des légumes, nourrir les bêtes pour le lait et les œufs, on peut même faire de la couture et attraper des papillons. On fait du business avec les producteurs locaux. Ce sont tous des mini-jeux plus ou moins intéressants. Il y a des questionnaires à faire pour les devoirs traitant différentes matières comme math, culture générale, anglais, etc. On fait la cuisine ou on pêche dans l’océan à la nage ou au harpon. C’est sympa à faire même si le gameplay n’est pas toujours très palpitant, il met en avant des valeurs précieuses sur les responsabilités, l’éducations, les devoirs parentaux, le partage, le dévouement envers les enfants. Il faut aussi parfois gérer les soucis de certains enfants par de petites quêtes pas toujours très palpitantes. Ce n’est pas ce qui s’est fait de mieux dans les jeux Yakuza cet orphelinat, mais ça va. Les darons apprécieront sans doute plus.
Dark ties est la nouvelle campagne inédite en parallèle du jeu principal. Les deux sont vraiment distincts. On choisit quel jeu on souhaite faire dans le menu principal. On nous avertit àjuste titre d’avoir préalablement terminé Kiwami 3 avant de se lancer dans Dark Ties car il y a du spoil. Dark Ties nous fait découvrir le personnage de Yoshitaka Mine en profondeur. D’où il vient et sa vision pour clan Tojo. C’est un homme loyal, dur et drastique. Il calcule avec froideur ses décisions et manipule sans égard pour le bien de l’organisation. Mais cela tranche avec le côté beaucoup plus humaniste de Kiryu qui vont devoir s’affronter pour le choix de la direction du clan. Comme le dos d’une médaille, Dark Ties présente la dualité entre Kiryu et Yoshitaka d’un point de vue différent. C’est l’occasion aussi de proposer un gameplay différent avec des combats plus agressifs. Cette campagne ajoutée est évidemment plus courte que Yakuza Kiwami 3. On peut tabler sur 5 à 6 heures de gameplay. C’est un joli addon qui offre plus de l’expérience Yakuza avec un nouveau personnage jouable et un gameplay qui diffère de Kiryu. C’est cool.

Comme dit précédemment, Kiwami 3 est un remake de Yakuza 3 et pas un portage remastered (qui existe déjà). Et donc, le contenu est différent de l’original. Si le scénario reste assez fidèle dans les grandes lignes, il y a des changements importants qui ne plairont peut-être pas aux puristes. C’est une nouvelle vision, direction et un nouveau cap que prend la série Yakuza / Like a Dragon. Certaines quêtes secondaires, les fameuses sub-stories, ont parfois été complétement supprimées. Il y en reste une quarantaine tout de même. Par contre, par rapport aux 119 de l’original, c’est drastique. Avant de crier au scandale, il faut savoir que beaucoup n’étaient pas intéressantes. C’était fastidieux et parfois uniquement pour le public japonais. Et ça permet de rendre le jeu plus rythmé, plus conçu et surtout, moins long à si perdre pendant des heures pas toujours palpitantes. Ce qui arrive quand même, il ne faut pas s’inquiéter, et c’est ça qui est beau. Là, on focalise sur l’essentiel et ce n’est pas plus mal. Les nouveaux venus sur ce 3ème épisode n’ayant pas fait l’original seront très satisfaits du contenu et de l’histoire. Ils ne se sentiront pas lésé. Mais c’est dommage quand même.

Yakuza Kiwami 3 revoit aussi son système de combat et le modernise à la manière de Kiwami 1 et 2. Un reproche ayant été fait au jeu original était le combat et surtout les bloques beaucoup trop présent rendant l’expérience difficile et pénible à la longue. Sur Kiwami 3 s’est corrigé pour une expérience plus satisfaisante, souple et fluide. Il y a beaucoup d’objets à ramasser pour briser les gardes. Kiryu a deux styles de combat: le Dragon style et le Ryukyu style. Le Dragon style, on connait, c’est classique Kiryu qui fracasse à grands coups de patates dans la tronche, bien bourrin. Et le style Ryukyu qui est un style plus traditionnel d’art martiaux. Avec des nunchakus, tonfa et tanto, le Ryukyu style est pensé pour briser la garde, contrer, utiliser des projections et exploiter les ouvertures. Perso, ce n’est pas mon style préféré et ce n’est pas le plus spectaculaire de la série, mais il donne une vraie sensation de combat réaliste et brutal. Un mode optionnel semi-automatique permet d’automatiser les combos sans avoir à les faire. Il suffit de presser le même bouton et Kiryu enchaine les coups spéciaux. Ça facilite un peu le jeu sans plus.
Comme les autres jeux Yakuza, Kiwami 3 est blindé de mini-jeux, activités en tout genre, collectibles, et sub-stories. En se baladant on tombe tout le temps sur quelque-chose à faire comme des gens à aider, des gangs à fracasser, des colis à livrer, des examens à passer, des clés à trouver, c’est gavé de contenu. Pas toujours exceptionnel, ni très étonnant pour les connaisseurs, mais divertissant dans l’ensemble. Pour les nouveaux venus les jeux Yakuza peuvent surprendre avec ses décalages de tons. On passe d’une situation hyper sérieuse et grave à une activité complètement à l’ouest dont seul les japonais ont le secret. Et que ça passe. Y a aucun souci de faire un karaoké direct après un enlèvement ou le décès d’un personnage. Hé c’est ça qui fait le charme des jeux Yakuza et Like a Dragon.
Un des jeux dans le jeu consiste à intégrer une milice urbaine voulant protéger les rues de Ryukyu. Il faut combattre le gang des Tokyo Nightmares. Il faut recruter de nouveaux membres dans les rues. Souvent ils sont agressés par le gang adverse. Ça finit comme toujours en baston général avec nos membres contre la bande ennemies. Ensuite il faut entrainer les recrues pour gagner en puissance et affronter des gangs plus fort. C’est pas mal. C’est très défoulant, mais pas incroyable non plus.
Avec Yakuza Kiwami 3: Dark Tide, la saga Kiwami continue sa cure de jouvence, et autant le dire tout de suite les fans l’attendaient au tournant. Cette nouvelle relecture de l’épisode 3 ne se contente pas d’un simple lifting. Le studio Ryu Ga Gotoku Studio opte pour une refonte en profondeur, plus moderne, plus accessible, et surtout plus efficace. Ici, pas question de trahir l’ADN de la série. Le cœur narratif et le gameplay restent intacts, mais tout ce qui rallongeait inutilement et alourdissait l’expérience passe à la trappe. Le résultat est une aventure plus resserrée, mieux rythmée, qui va droit au but. Fini les sub-stories inutiles qui popent toutes les deux minutes et tire en longueur. Ils ont gardé les plus importantes et il y en a suffisamment pour ne pas tomber dans l’excès. Le pacing gagne clairement en fluidité. Les améliorations sautent aux yeux, et aux mains. Ergonomie revue, traduction française, système de combat affiné et surtout une refonte graphique en HD 60fps (30 sur Switch 2) qui fait honneur aux rues de Kamurocho et d’Okinawa. Techniquement, ça respire enfin par rapport à l’original et même du remastered. Mais cette cure d’efficacité a un prix. En rognant sur le superflu, le jeu laisse aussi derrière lui quelques quêtes secondaires mémorables, désormais exclusives à la version originale ou à son remaster. Plus étonnant, des dialogues ont été simplement supprimés ou des scènes modifiées. Un choix éditorial assumé, qui divisera sans aucun doute les puristes. L’addon Dark Ties ajoute un bon 5-6 heures de gameplay exclusifs bien orienté action avec un protagoniste bien énervé qui aime en découdre. Plus condensé et plus punchy, Yakuza Kiwami 3: Dark Ties s’impose comme une version modernisée pensée pour le public actuel. Il coche pas mal toutes les cases d’un bon Yakuza, sans pour autant en ajouter de nouvelles. Comme souvent, on passe un agréable moment en compagnie de Kiryu.
Disponible sur PS5, Xbox Series, PC et Nintendo Switch 2.

Les plus:
- Toujours aussi punchy et plaisant
- Encore drôle, ridicule et parfois touchant
- Plus concentré et mieux rythmé que l’original
- Okinawa: une nouvelle zone à explorer plus estivale
- Un bon scénario classique Yakuza avec ses plots twists
- L’addon exclusif et inédit Dark Ties plutôt cool et assez long
- Très émotionnel, gros focus sur les responsabilités envers les enfants
- Beaucoup d’activités annexes en tout genre comme d’habitudes
- Certaines très bonnes sub-stories
- Graphiquement et techniquement mis à jour
- La traduction française enfin
- Le système de combat revu pour être plus agréable que l’original
- Jouer à des jeux GameGear
Les moins:
- Certaines activités et sub-stories de l’orphelinat
- Des coupes de contenu et ajustements par rapport à l’original
- Peine encore à surprendre
- Très prévisible et convenu
- Structure générale qui commence à dater et trop se répéter

Éditeur: Sega
Développeur: Yakuza Studio / Ryu Ga Gotoku Studio
Date de sortie: 12.02.2026
Plateformes: PS5, PS4, Xbox Series X|S, PC & Nintendo Switch 2
Genre : Aventure / Beat’em up scénarisé























































Laisser un commentaire