La nuit du bûcher

Ce roman, écrit en 1974 à Salerne en Italie, retrace l’expérience romaine d’un carme catholique espagnol recherchant à comparer les méthodes de la péninsule et les italiennes quant à la gestion des péchés et de leurs auteurs.

A travers, un voyage spirituel qui ébranlera certains aspects des convictions et de la foi en l’Eglise chrétienne du XVIe siècle de l’ecclésiastique, nous sommes plongés doucement dans les méandres de la préparation et de l’éxécution de la justice romaine de l’époque. Une époque empreinte d’hypocrisie, de vanité, de corruption et de faux-semblants régie par la Sainte Eglise Catholique, reconnue alors comme la seule et unique détentrice de la véritable foi. L’inquisition est particulièrement virulente et imbue d’elle-même dans ce récit, toutefois authentique. Si bien qu’elle fera vaciller les certitudes de ce témoin privilégié. Le Campo dei Fiori, si tristement ironique, est un théâtre historique des exécutions notoirement cruelles qui s’y produirent. Les hérétiques sont surtout les non catholiques et, en particulier, les protestants. Cette histoire regorge des détails, tellement que l’on peut ressentir le désarroi et la douleur au fil des pages. Nous sommes au coude-à-coude avec le protagoniste principal, nous vivons son incrédulité naissante et sa prise de conscience. Une ouverture sur la réalité des choses. La révélation pour ce moine de la véritable nature de l’humain qu’il reconnaît comme fourbe et lâche.

L’auteur a un style simple, qui ne sombre jamais dans la tourbe d’une complaisance inutile quant aux descriptions et aux faits. Un plaisir de lecture, une aisance dans la plume sont des atouts indiscutables pour la compréhension et l’imprégnation de ce témoignage de l’histoire chrétienne. Il n’est pas nouveau que le fanatisme ou tout simplement la religion révèle la nature profonde de l’homme. Il n’est pas étonnant non plus de voir surgir les traits de caractères destructeurs qui ternissent et gangrènent une philosophie de vie qui aurait pu bien tourner…sans l’humain. Que ce soit en politique ou en religion, le totalitarisme de fait, d’idée et d’action n’est pas un bon programme. Un roman qui ouvre la porte d’une réflexion plus large pour tous ceux et celles qui sont encore aveuglés par les systèmes d’asservissement de l‘esprit quel que soit le moyen. A lire à cerveau ouvert.

La nuit du bûcher
Auteur : Sandor Marai
Editeur : Albin Michel

www.albin-michel.fr

La nuit du bûcher
3.5Note Finale

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