Et un sous-titre accrocheur qui renvoie à une notion que l’on croyait disparue « Les esclaves du monde moderne ». Le livre est illustré de photos de Patrick Robert. La photo en couverture montre un mineur (lampe sur le front) qui remonte à la surface un sac rempli de minerai.

Première remarque, même si Christophe Boltanski est ce qu’on appelle un grand-reporter, le livre que vous vous apprêtez à lire se dévore comme un roman. Et, deuxième remarque même s’il se lit comme un roman il s’agit bien d’une enquête journalistique. Avant de commencer à lire, éteignez vos appareils de communication et de réception d’information. Pourquoi ? Parce qu’ils contiennent de la cassitérite. Ce fameux minerai de sang extrait par les esclaves du monde moderne des mines du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo. Partant du principe que « Savoir c’est assumer » Christophe Boltanski cherche à démontrer que les grandes compagnies qui en fixant le prix des matières premières et en achetant ce minerai favorise l’esclavage d’un grand nombre d’individus. En suivant la trace du minerai de transaction en transaction à travers le labyrinthe du commerce international réglementé et organisé par un dédale de lois qui diluent les responsabilités. Ainsi ce que certains comme Jean Ziegler ont appelé le pillage du tiers monde est savamment organisé et même les politiques, malgré une certaine bonne volonté, n’y peuvent rien changer. Restent en haut de l’échelle ceux bénéficient du système et au bas de l’échelle ceux qui, armés de Kalachnikov, font pression sur les mineurs endettés qui travaillent pour 1,50 dollars par jour.

L’enquête est édifiante et aussi bien rédigée qu’est belle une photo de la misère par le grand photographe Sebastiao Salgado. Mais à moins de boycotter les outils que je vous ai plus haut demandé d’éteindre, nous sommes singulièrement impuissants à changer quoi que ce soit.

Informez-vous.

[Noé Gaillard]

www.folio-lesite.fr

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