Je n’ai pas trouvé de rapport entre l’illustration de couverture et le roman, à peine une possible évocation du travail artistique de monsieur Ernest Pignon-Ernest. Comme d’habitude, je suis entré directement dans ce récit sans m’intéresser aux informations précises que donnent les premières pages. Et je n’ai pas compris tout de suite à quelle époque se déroulait l’action… Ceux qui connaissent, suivent le commissaire, savent que cela se situe au temps du fascisme italien et les autres redécouvriront l’ambiance de l’Amarcord de Federico Fellini et là avec la canicule qui engourdit la ville des bouffées de Luchino Visconti (Mort à Venise) se sont glissées dans ma lecture. Les amateurs de « policier » ne seront guère surpris par la découverte du criminel, ce n’est pas elle qui importe. Ce qui compte et rend le livre, comme les personnages, passionnant, c’est leur humanité. L’auteur ne critique pas le régime de l’époque, il se contente de donner quelques idées des conséquences de sa politique – c’est vérifiable. Ainsi l’adjoint de Ricciardi, Maione, mal payé, a beaucoup de mal à faire vivre sa famille et croit que son épouse le trompe pour améliorer l’ordinaire. Ricciardi dont la « servante » Rosa est très malade n’arrive pas à faire les demandes « amoureuses » qu’il devrait et laisse partir celle qu’il aime et ne comble pas celle qui l’aime. Le crime ? Un crime passionnel…

On appréciera que l’enquête soit entrecoupée de séquences qui semblent n’avoir rien en commun avec elle – celles du couple qui regarde partir les migrants vers les USA me semblent particulièrement réussies – et constituent un puzzle dans l’image.

Un réel plaisir de lecture.

L’enfer du commissaire Ricciardi
Auteur : Maurizio de Giovanni
Editeur : Rivages

www.payot-rivages.net

L'enfer du commissaire Ricciardi
5.0Note Finale

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