La dernière frontière

La dernière frontière

Voilà une nouvelle traduction qui va sans doute réjouir ceux pour qui la phrase célèbre attribuée au Général Custer – « le seul bon Indien est un Indien mort » – est une preuve supplémentaire de la cruauté et de la barbarie des Blancs. On notera au passage – ce qui ne devrait pas étonner – qu’Howard Fast est l’auteur du « Spartacus » qui inspira à Stanley Kubrick le film du même nom avec Kirk Douglas dans le rôle de l’esclave. Et on rappellera que si la première édition de ce livre date de 1941 c’est en 1964 seulement que sort le film « Les Cheyennes » de John Ford qui s’inspire fortement de ce que raconte Howard Fast.

Il s’agit du baroud d’honneur d’une poignée d’Indiens Cheyennes qui, relégués, cantonnés en réserves dans l’Oklahoma, décident de finir leur vie au pied des Black Hills, là où ils ont toujours vécu. On le sait, les Blancs ont spolié les Indiens de leurs terres et surtout n’ont pas respecté les traités signés. Le prétexte ? Ces gens-là ne sont pas chrétiens ! Le livre d’Howard Fast relève plus à mon sens de l’enquête journalistique romancée que du romanesque pur. Comment « rendre justice » à ces Indiens tout en conservant une impartialité certaine ? Lisez, vous comprendrez. Lassés de subir la chaleur et d’être affamés en Oklahoma par les mauvaises décisions du commissaire local aux affaires indiennes, les Cheyennes partent en août pour tenter de rejoindre leur terre et leur terrain de chasse. Et bien sûr, les militaires n’ont qu’un désir, en finir avec ces Indiens… et prennent des initiatives. La peur et l’incompréhension sont aussi de puissants moteurs pour massacrer ce qui ne nous ressemble pas.

Je ne vous livrerai qu’une citation. Elle pourra paraître partiale à certains, mais je leur demanderai d’observer le comportement des militaires dans nombre de conflits de colonisation reconnus historiquement, ils pourront constater que le choix des militaires engagés relève souvent des « politiques »… (il est question d’un interprète entre Indiens et Blancs) « Son propre vocabulaire en anglais était d’ailleurs si restreint qu’il eût été incapable de donner une traduction fidèle, même s’il avait compris tout ce qu’exprimaient les Indiens. Il rencontrait peu de contradicteurs; les militaires ne connaissaient pas la langue du peuple qu’ils opprimaient, semblables en cela à toutes les troupes d’occupation du monde entier. »

Bonne lecture.

La dernière frontière
Auteur : Howard Fast
Editeur : Gallmeister

www.gallmeister.fr

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