Le plus célèbre assassin chauve de la planète reprend du service. L’agent 47 revient pour terminer le travail inachevé de l’excellent reboot, Hitman, sorti en 2016. Observation, discrétion, dissimulation et précision sont les mots d’ordre pour mener à terme la mission dans Hitman 2. Faites parler l’assassin silencieux qui sommeille en-vous.


IO Interactive (IOI ou IO) est un studio qui vient retrouver son Independence. Longtemps avec Square Enix, IOI s’est associé avec Warner Games pour distribuer son nouveau Hitman 2. Terminé la formule de contenu épisodique, Hitman 2 revient sur un modèle plus classique avec un jeu complet dès le départ et qui s’étoffera avec le temps via de nouveaux contrats, mais aussi grâce à son season pass. Dans Hitman 2 on visite, l’Inde, Miami, les banlieues américaines, la Colombie et d’autres endroits mystérieux. 6 missions attendent l’agent 47 qui va voir du pays pour nettoyer les hommes de l’ombre aux quatre coins de la planète.

Hitman 2 commence par une petite mission dans une maison au bord de la plage une nuit de claire de lune. 47 (vous) doit si introduire et rechercher des renseignements sur les tueurs de l’ombre. La mission est très simple et fait office de tutoriel, non pas guidé par la main, mais assez triviale pour nous apprendre les rudiments basiques de gameplay de la série Hitman. Comment interagir avec les objets et les pnj. La première chose qui frappe dans ce Hitman 2, c’est la gestion des lumières et des reflets. La villa est ornée de belles et grandes baies vitrées qui reflètent tout dans ses moindres détails. Graphiquement, il n’y a rien de ouf, c’est même un peu vieillot, surtout les personnages et les animations. Cependant, grâce à la maitrise d’IO de la lumière sur son moteur graphique Glacier, le rendu global est de toute beauté pour un jeu qui a l’air d’avoir déjà 5 ans ou plus. La deuxième bonne surprise, c’est la qualité des effets sonores. La qualité du parquet qui craque sous nos pas et ceux de l’ennemi est fantastique. Juste à l’oreille, on sait où ça se passe. Par contre, le jeu est en anglais sous-titré français. Pas de vf intégrale, dommage.

Après la mission à la villa de la plage, le jeu nous conseille de faire le prologue du premier Hitman (2016). Cette mission tutoriel et facultative reprend toutes les bases du jeu, comme le changement de déguisement, la dissimulation des corps, l’utilisation des objets, les opportunités, etc. Un peu étrange de proposer le prologue, qui se passe au tout début de Hitman, alors que l’on vient de faire la première mission de Hitman 2. On peut aussi passer directement au cœur du sujet et attaquer les missions histoires. Il y en a 6 au total si on ne compte pas les missions prologue du premier. Il n’est pas obligatoire de réussir les missions pour passer aux suivantes. Le jeu déconseille uniquement de les faire dans le désordre afin de comprendre le scénario.

Hitman 2 propose aussi de rejouer aux missions de Hitman 1 (2016) via le legacy pack. Ce pack permet d’intégrer le contenu du premier dans le deux. Alors, première chose, il faut avoir acheté Hitman en version complète. Sinon, on a accès uniquement à la mission d’entrainement, le prologue. On peut aussi acheter le legacy pack pour une vingtaine de balles. Les missions sont identiques, par contre, les maps ont été mise à jour. Globalement c’est très proche à quelques détails près. L’aspect général a un peu changé, avec une gestion des lumières un peu différente et un rendu un peu moins coloré, mais mieux illuminé. Les reflets sont mieux gérés, mais les maps n’étant pas prévu pour, ce n’est que rarement mis en valeur. C’est vraiment cool d’avoir la possibilité d’avoir les deux jeux réunis en un seul pour le faire au complet sans changer de jeu.

IO Interactive propose un savoir-faire dans le level design qui sublime son gameplay. Le nombre de possibilités pour réussir les missions est énorme. C’est une des grosses forces des Hitman et ce Hitman 2 ne déroge pas à la règle. On peut faire et refaire des dizaines de fois la même mission et découvrir encore des scénarios, des cibles, des endroits inexplorés et des opportunités. C’est hallucinant. En plus certains scénarios peuvent être fantastiques avec des assassinats très étonnants et marrants. On peut aussi se la jouer moins créatif et simplement étrangler ou tirer au silencieux ses cibles, mais ce serait passer à côté de l’excellent travail de IO Interactive. Cela étant dit, même en mode pseudo-bourrin, il faut se la jouer un peu discret. Il faut changer de costume pour pas trop se faire repérer, cacher les corps pour éviter les alarmes et les suspicions.

Si on joue le jeu de façon constructive et discrète, L’IA est à un niveau plus ou moins satisfaisant. Elle nous laisse pas mal de temps avant de nous détecter. Elle nous cherche avec plus ou moins d’exactitude. En gros, elle est un peu lente et un peu nœud-nœud, mais ce n’est pas grave, car cela nous donne un peu plus de liberté de mouvement, sinon le jeu serait juste beaucoup trop difficile et peu plaisant à jouer. Après, les faire un poil plus malin et humain à l’avenir ça serait cool pour l’immersion. Le vrai souci avec l’IA, c’est lorsque l’on est détecté. Là, par magie, tous les gardes savent précisément notre position et ça nous attaque sans réfléchir les uns après les autres, même s’il y a une montagne de cadavre qui s’entasse. On y va, pas de souci. C’est un peu dommage. En plus que l’action dans ce jeu n’est pas des plus plaisantes. La visée est flottante, c’est lent et pénible. On est loin des ténors TPS. Tant mieux d’ailleurs, le jeu n’est pas trop prévu pour jouer comme ça. On peut si on veut, dans une certaine limite, mais c’est plus que bof. Mieux vaut ne pas se faire détecter et si c’est le cas, tout de suite effacer les traces et faire profile bas.

Les maps et les missions sont très bien construite. A chaque fois, il y a énormément d’endroits différents à découvrir et visiter et souvent sur plusieurs niveaux. Il y a beaucoup de pnj et d’objets à trouver et à utiliser afin d’arriver à ses fins. En début de mission, on a droit à un petit briefing pour nous indiquer les grandes lignes de nos cibles à éliminer ainsi que des environs. Après, c’est à nous de faire la suite. On visite, on regarde où on peut avoir accès à la cible. On repère les routines. On cherche les déguisements pour avancer dans les zones inaccessibles. On cache, évidement, les corps, on prend des objets pour ouvrir les portes, tuer discrètement ou encore piéger d’autres objets. On peut aussi être aidé par le jeu qui propose des intrigues et des opportunités. Les intrigues sont des scénarii possibles afin de mieux découvrir l’histoire et atteindre sa cible de manière originale. Les intrigues ne ruinent pas le jeu. Elles donnent uniquement des opportunités à 47 sans pour autant tout indiquer. C’est un coup de pouce sans trop mâcher le travail. Genre, on nous donne un point d’intérêt, mais on ne nous indique pas comment y accéder. Souvent il faut faire plusieurs étapes, comme trouver les bons costumes et les bons outils pour mener à bien l’intrigue. Et ça, c’est au joueur de se débrouiller pour y arriver. Ça permet aussi de redonner beaucoup d’intérêt à rejouer les missions plusieurs fois et de réussir les multiples objectifs et améliorer son niveau et son stuff.

Une fois une mission terminée, il est possible de la refaire avec des conditions différentes. On peut changer son équipement. Prendre une mallette et y dissimuler un sniper. On peut avoir directement des crochets pour déverrouiller les portes, etc. On peut aussi choisir de commencer la mission depuis un autre endroit. Demander de cacher une arme à certains endroits. Les choix sont multiples. Et c’est vraiment une grande force du jeu.

Afin de garder ses joueurs sur leur jeu et de les faire revenir occasionnellement, IOI poursuit son système de cibles ou contrats éphémères. L’idée est simple et séduisante. Périodiquement, de nouveaux contrats apparaitront. Il s’agit de scenarios originaux dans les environnements déjà visité dans le mode histoire. Durant quelques jours, les joueurs pourront tenter d’éliminer un VIP dans un contrat scénarisé. Même si les maps sont les mêmes, les développeurs réussissent à varier les plaisirs en focalisant l’action sur d’autres parties de la carte et en changeant un peu les routines des pnj.

Dans les faits, il y a malheureusement beaucoup de contraintes un peu, voire très agaçante. Premièrement, les contrats des cibles éphémères ne donnent droit qu’à un seul et unique essai pour éliminer la cible. Pas de deuxième essai, ni sauvegarde. Si on rate, c’est fini. Il faudra attendre un nouveau contrat pour retenter sa chance avec une nouvelle cible. Et en espérant que les contrats reviennent après un certain temps. Sinon ce serait un peu bête.

Le premier contrat est celui du revenant. C’est Sean Bean qui campe le rôle de Mark Faba, dit le revenant, car il meurt tout le temps mais revient toujours. Si la mission est intéressante et bien écrite, le fait de n’avoir qu’une seule chance de tuer la cible gâche un peu l’expérience. Au lieu de tester les différentes opportunités, on se contente d’approcher la cible et la tuer le plus rapidement possible sans chercher à faire les choses proprement et de manière originale. Généralement tout se joue avec la mort au rat ou un jeter de pièce qui attire la cible dans les toilettes pour finir par la noyer au fond de la toilette et puis planquer le corps dans l’armoire. Bon ensuite il faut réussir sa sortie comme d’habitude, mais si on pouvait prendre son temps et recommencer, on prendrait plus de risques.

Je peux comprendre l’idée de créer des événements temporaires pour faire revenir les joueurs. L’intérêt est là, il n’y a pas de doute. Par contre, développer pendant des semaines une mission avec un grand acteur comme Sean Bean qui a fait la promo du jeu dans les salons et qui a sans doute coûté une blinde pour une seule mission de 30 minutes et que si on rate, c’est fichu… c’est du gâchis. Bon, le personnage s’appelle le revenant. Va-t-il peut-être revenir dans un autre contrat? Autre souci, si ce n’est pas le cas, ce premier contrat est disponible pendant une semaine à la fin novembre. Donc ceux qui achètent le jeu pour noël n’auront pas accès à ce contrat. En espérant, qu’avec le temps tous les contrats soient disponibles sans restriction. Mais je doute.

Hitman 2 est un jeu connecté. Il n’est pas obligatoire d’être online pour jouer mais les fonctionnalités offline se limitent à la campagne. Online, Hitman 2 offre les contrats de la communauté Hitman. Les joueurs peuvent créer leurs propres missions avec des cibles à éliminer et les proposer aux autres joueurs du monde entier. Très bonne idée pour offrir du challenge et du contenu dans le jeu. Bon, les contrats joueurs sont souvent moins intéressants que les contrats du développeur, mais c’est pas mal quand même. Il y a aussi le mode sniper assassin qui se dote d’une version solo et coop. Toujours sympa. Sniper assassin est un mode dans lequel 47 doit assassiner plusieurs cibles à l’aide son fidèle fusil sniper comme son nom l’indique. Il faut repérer les routines des cibles, éliminer les gardes et tenter de rester le plus discret possible afin de ne pas ameuter la foule nombreuse. Très bon seul et en coop, il faut coordonner les frappes. Par contre, à la manette, les commandes crispent les mains. Il est difficile de tenir la gâchette droite à moitié enfoncé pour être précis et, en même temps, ajuster la visée avec le stick droit. Faut prendre le coup.

Hitman 2 est un jeu brillant et intelligent mais qui reste malheureusement un jeu un peu de niche. Ça ne peut pas plaire à tout le monde. Le gameplay est très particulier. Plutôt lent et rigide, Hitman est un jeu de recherche, de planification, de stratège et d’imagination plutôt qu’un jeu d’action pur et dur. L’action est peut-être une solution pour arriver à ses fins, mais c’est rarement la meilleure. Dans Hitman, on se promène, on observe, on cherche un objet, un costume ou une faille qui nous permet de s’approcher discrètement et en toute confiance vers la cible. IO Interactive excelle dans le domaine de l’assassinat. Les opportunités sont nombres et souvent très créatives. Malheureusement, on passera souvent à côté de ces scénarii originaux pour un assassina plus classique dans les toilettes du coin la tête au fond de la cuvette. C’est pourquoi il faut suivre les intrigues et les opportunités que propose le jeu et qui offrent une énorme rejouabilité au titre. Le jeu est un peu court en ligne droite, mais tout dépend de la manière de jouer. En jouant discret et propre, on peut facilement faire plus de deux heures par mission, si ce n’est plus, en rechargeant lorsque l’on fait des erreurs. Ça peut donc aller d’une douzaine d’heures à plus d’une vingtaine d’heures voire beaucoup plus avec les différents scénarii, les nombreux contrats et les cibles éphémères qui viennent pimenter l’expérience. On sent tout de même que IOI avait un budget un peu restreint et un peu un manque d’idées nouvelles. Six nouvelles missions, dont une très courte, c’est un peu juste, même si elles sont de très bonnes qualités. Heureusement IOI a laissé tomber le format épisodique avec un jeu complet dès le départ. Ensuite, pour limiter les coûts sans doute, les cinématiques sont souvent statiques. Elles sont très belles, mais il ne s’y passe pas grand-chose. Techniquement, IOI n’a pas beaucoup fait évoluer la série. C’est loin d’être laid, mais il faut avouer que le moteur de Hitman, le Glacier engine, vieillit de plus en plus. Si la gestion des reflets et de la lumière est maitrisée de bout en bout et donne un magnifique cachet au jeu, le reste de la modélisation et des animations est digne d’un jeu de plus d’y il y a plusieurs années. Ce sont toujours les mêmes animations et les mêmes ragdolls depuis des années. Tout est très carré. Et pour finir, le gameplay est très similaire au premier et pêche à amener de vraies nouvelles choses sur la table, en tout cas dans l’état. C’est hyper classique sans prise de risque. C’est très bon, mais il n’y a rien de vraiment neuf non plus. Hitman 2 reste excellent dans son domaine et les amateurs du genre apprécieront cet épisode, il n’y a pas de doute. IO a fait un très bon travail. Pour les autres, la question est de savoir si un jeu vous mettant dans la peau d’un tueur à gages discret avec un gameplay plutôt lent et exigeant est votre tasse de thé. Si c’est le cas, foncez. Sinon chauve qui peut.

Les plus :

  • Un level design au top
  • Enormément de rejouabilité
  • Joli globalement
  • La gestion de la lumière, des reflets et du son dans le jeu
  • Beaucoup de contenu (Contrats, sniper assassin, cibles éphémères et bientôt de la coop)
  • Les contrats de la communauté
  • Un jeu complet dès le départ
  • Intégration du Hitman (2016) via le legacy pack
  • Sean Bean en guest star

Les moins:

  • Un seul et unique essai pour les contrats éphémères
  • Les cinématiques statiques
  • L’histoire ?
  • L’IA encore perfectible
  • Techniquement, ça vieillit
  • Une ou deux missions supplémentaires, ça aurait été bien

 

 


Éditeur : Warner Games
Développeur : IO Interactive
Date de sortie : 13 novembre 2018
Plateforme : PS4, Xbox One et PC

Genre : infiltration

Hitman 2
4.0Note Finale

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