Le nouveau Paper Mario est disponible sur Switch. C’est un nouvel épisode original et pas un portage de Color Splash sur Wii U. La nouvelle aventure du plombier en papier explore l’art de l’origami. Très mignon et accessible, c’est le compagnon idéal de cet été sur Nintendo Switch.


Un concept qui évolue à chaque itération

Chaque Paper Mario a son thème. Le dernier, Color Splash, c’était la peinture de couleur. Dans Origami King, c’est…suspense…l’origami! C’est donc bien le pliage japonais en papier, qui est à l’honneur. Paper Mario est un jeu d’aventure rempli d’énigmes avec un système de combat tour par tour qui change d’un jeu à l’autre. Peut-on le considérer comme un rpg? Oui et non. Il y a des points communs, mais les mécaniques ne vont pas assez loin pour en être un totalement. Par contre, c’est une bonne porte d’entrée pour les plus jeunes et se faire une petite idée du genre. Les Paper Mario changent souvent de formule, surtout celle des combats, pour surprendre et faire évoluer son gameplay. Mais les grandes forces des Paper Mario sont l’humour, le scénario et visiter tranquillement ses environnements magnifiques du royaume champignon. Découvrir les gens qui les peuplent et profiter de ses dialogues hilarants. Une bonne tranche de rigolade sans prise de tête pour petits et grands.

Un scénario différent, mais pareil

Bien qu’un peu différent, l’histoire de cet origami king reste très fidèle à la série des Mario. Mario et Luigi se rendent au château de Peach. Ils sont invités pour le festival d’origami. Ils arrivent à Toadville. Tout est prêt, mais il n’y pas un Toad dans les parages. On ne s’inquiète pas pour autant. Ils doivent tous dormir et ça commence peut-être que demain le festival. Allons voir la princesse, sans se méfier.

Au château, la princesse a un air différent et son discours est des plus étranges. Plutôt radical. Mon dieu! Elle a été transformée en origami. Mario se fait capturer et emprisonner pour être transformé à son tour. Il parvient à s’évader avec l’aide d’Olivia un genre de fée en origami. Son frère Olly, un puissant magicien à devenir roi, veut donner du relief au monde et changer tous les êtres de papier en origami. Il s’empare du château et s’enfuit avec sur le sommet d’une montagne. Protégé par 5 serpentins de couleur, Mario devra les retirer un à un pour accéder au château et libérer la princesse…

Une aventure folle pleine de surprises

Le voyage de Mario et Olivia commencent dans les étranges bois Brouhaha et un camping à la montagne. Avec la musique, cette partie du jeu rappelle un peu la Suisse. Puis ils visiteront les jolies prairies afin de monter sur le mont Belvédère. Pour finalement découvrir qu’il lui faut acquérir de nouveaux pouvoirs disponibles dans le temple de la terre. Leurs aventures les mèneront dans la forêt automnale du mont évermeil, en pleine mer et d’autres endroits vraiment inattendus et magnifiques à découvrir.

Voila un peu la formule. On découvre de nouvelles zones à parcourir avec quelques petites énigmes, histoire de bien prendre son temps et trouver un accès au serpentin et aux donjons. Une fois le premier donjon réussi et le pouvoir en poche, place au 2ème donjon du serpentin. C’est donc à chaque fois deux bosses à battre et deux palais avec des énigmes en plus des zones à traverser. Il a 5 serpentins et chaque zone et plutôt longue à faire. Surtout si on cherche à trouver tous les Toads et les mini-trésors en plus de reboucher tous les trous avec les confettis. Il y en a pour 30 à 40 heures de jeu.

Tout au long du jeu, on rencontre beaucoup de personnages qui ont souvent un comportement, disons, surprenant. Tout est sur le ton de la rigolade et les personnages le sont aussi. Les situations qui se produisent sont souvent complétement folles. Ça sort de nulle part. Genre une discothèque dans un tombeau égyptien. Seulement Nintendo arrive à faire ça et que ça passe crème. C’est idiot, rien avoir, mais c’est tellement bon et c’est plein de petits moments comme ça dans le jeu.

Le jeu est rempli d’énigmes. Que ce soit dans les zones d’exploration ou les donjons. Souvent les devinettes sont évidentes et simples à résoudre. Mais, il y en aura quelques-unes qui donneront du fil à retordre pour y arriver. Les plus jeunes auront sûrement besoin d’un peu d’aide extérieur pour relier les indices. Olivia aide aussi si besoin, mais je ne suis pas sûr que ça suffise pour tout. Les énigmes sont diverses et variées. Souvent bien pensées et super bien intégrées.

Des décors à la hauteur

On visite beaucoup d’endroits dans le jeu et chaque fois c’est surprenant de voir les nouveaux environnements. Souvent très coloré et original, les décors en papier carton sont magnifique. Très porté sur les montagnes on se croirait à s’y méprendre en Suisse dans les alpes, avec la musique en plus.

Les thèmes japonais sont aussi à l’honneur avec un parc Shogunland et une magnifique forêt automnale.

La direction artistique est encore une fois très réussie et tellement originale. Après la surprise n’est plus vraiment au rendez-vous. On commence à avoir l’habitude de ce genre de graphismes avec les nombreux jeux Nintendo. On ne s’en lasse pas pour autant. C’est hyper mignon et coloré comme on aime pour cet univers.

L’humour des dialogues

Un point fort de la série est l’humour dans les dialogues et les situations cocasses. Cet Origami King reste fidèle à la tradition avec des dialogues remplis de jeux de mot, de verlan et de blagues. C’est énormément second degré. Comme le thème est l’origami, les jeux de mot sont sur le papier plié. Genre les esprits deviennent des esplis. On sent aussi le caractère des personnages au travers de leurs façon de s’exprimer. L’écriture est plus pour un public d’adultes et de jeunes adultes pour en profiter pleinement. Les enfants ne seront pas perdus, mais ne comprendront sans doute pas toutes les subtilités de la langue française.

On découvre aussi des endroits cachés où les sbires de Mario sont au bar à débattre sur qui sont les meilleurs ennemis de Mario. Il y a aussi beaucoup de chansons et de danses dans le jeu.

Si la qualité des dialogues et de la VF est indéniable, la quantité de petits textes partout tout le temps devient rapidement pénible. Il y a toujours une excuse pour stopper le gameplay pour un micro dialogue à lire ou une nième information. On trouve un Toad, un dialogue. Olivia n’arrête jamais, un peu comme Navi dans Zelda. C’est pénible. Même si ce n’est que pour dire merci, il y a toujours un texte et ça coupe. En plus, les dialogues ne sont ni skippable ni en écriture rapide. Pour les speed-runner ça va être une perte du temps. Après c’est très bavard, mais c’est la nature même du jeu et c’est souvent très drôle et plaisant à lire. N’empêche, c’est parfois un peu long pour rien.

Luigi est aussi dans l’aventure. Il n’est pas jouable, mais on le croise assez souvent et toujours pour la même raison qui n’a pas de sens. Bon, le jeu n’a pas de sens en même temps, donc ça colle. Bref, il s’est donné la mission de retrouver les clés du château de Peach. Donc, tout au long de l’aventure on va retrouver Luigi qui aura trouvé des clés qui ne sont pas les bonnes évidemment, mais ce sont celles que l’on cherche depuis des heures… et cela à chaque fois. 1x, 2x, c’est rigolo. Après ça commence à saouler. C’est un running gag qu’il auraient dû écourter ou faire évoluer.

Un gameplay simpliste agréable

Dans Origami King on passe la plupart de son temps à explorer des zones. Sur le chemin de Mario, il y a beaucoup de trous. Ce sont les méfaits des sbires d’Olly. Mario peut les réparer avec des confettis qui récupère un peu partout. Dans Color Splash, c’était avec la peinture. Là, ce sont des confettis. Ce qui est mieux dans Origami King, c’est qu’il n’y a pas plusieurs types de confettis comme c’était le cas dans Color Splash. En plus, les confettis ne sont pas utilisés pour les combats. On en a donc toujours assez.

Mario explore les zones les unes après l’autres. C’est assez linéaire, mais il faut un peu chercher quand même. Il faut chercher un indice ou un objet pour continuer. C’est plutôt simple et sympa. Le jeu n’est vraiment pas très dur pour autant. Ce qui n’empêche pas de tourner parfois un peu en rond. Quelques énigmes sont un peu plus tordues et vous feront chercher pendant un petit moment. Mais Olivia est là pour aider. Il y a toujours une solution pour ne pas laisser le joueur en plan et l’aiguiller dans la bonne direction.

La nouveauté de ce Origami King, c’est d’utiliser les pouvoirs d’Olivia. Sur des dalles à forme de main ou d’espli (les pouvoirs), Olivia va pouvoir aider Mario à effectuer des tâches plutôt surprenantes. Le premier pouvoir est celui des bras multi-pliés. Ils permettent à Mario d’accrocher ses mains à distance à des parois pour les déchirer et les frapper pour révéler ce qui se cache en dessous.

Les autres pourvoir viennent des esplis des donjons. Il y a la terre, l’eau et le feu. Chacun de ses pouvoir aura ses domaines de prédilection durant l’aventure ou en combat.

Une autre composante du jeu est de trouver et libérer les Toads. Ils sont cachés un peu partout et ce n’est vraiment pas toujours facile de les trouver. Les cachettes sont souvent originales et il faut avoir l’œil. Parfois, il y en a un juste sous nos yeux. Il est transformé en papillon (en origami bien sûr) et vole autour des fleurs. Un coup de marteau et bim le Toad est libre. Il y a un détecteur pour ce facilité la tâche. L’utilité de sauver les Toads est d’avoir, si besoin, d’une aide durant les combats grâce à leur soutien.

Un nouveau système de combat

Les combat dans Origami King est différent des autres jeux Paper Mario comme la coutume le veut. Cette fois, les combats se font en arène circulaire composée de plusieurs cercles et de secteurs. Il y a deux phases par tour. Oui, c’est du tour par tour. Mario est au centre et les ennemis se répartissent autour de lui.

La première phase se consacre aux déplacements. Un système de rotations et de coulisses permet de déplacer les ennemis sur les différentes cases pour les placer à l’avantage de Mario. Il faut aller vite car on a que quelques secondes pour agir et en peu de coup. Il faut les mettre en ligne ou en carré. C’est à chaque fois un petit puzzle à résoudre en deux ou trois coups. La résolution du ‘puzzle’ donne un bonus d’attaque de 1.5x à Mario et facilitera la victoire. Mais, si on n’y arrive pas, ce qui arrive de temps en temps. Le combat sera juste un peu plus long et laborieux.

La deuxième phase est l’attaque. Là, les ennemis sont figés et il faut les frapper. Les attaques sont classiques. Les bottes pour leurs sauter dessus en ligne. Et le marteau pour en taper quatre en carré. Il faut toujours appuyer sur A au bon moment pour avoir un bonus de dommage. Avec le temps on obtient des bottes et des marteaux plus forts ou spécifiques contre certains ennemis. Par contre ceux-là s’usent et disparaissent après plusieurs utilisations. Il faut en racheter de temps en temps. On a aussi des objets tel que les fleurs de feu pour brûler ses ennemis ou les queues de tanuki pour les renverser.

Si l’idée de départ n’est pas mauvaise, au contraire. C’est plutôt original. Mais, malheureusement, les combats deviennent rapidement faciles, répétitifs à mort et lassant. Ils font un peu réfléchir, c’est déjà ça. Par contre, ils deviennent un frein à la progression. Ils sont nombreux, longs, pas hyper dynamiques et les paternes sont souvent les mêmes et pas bien compliqués. Ça devient rapidement super facile et sans réel challenge.  C’est une perte de temps qu’on essaye d’éviter au maximum. En plus, on ne gagne rien. Enfin si, on gagne des pièces qui permettent d’acheter des bonus et des armes pour faciliter encore plus le jeu qui n’est vraiment pas difficile.

Les bonus ou accessoires achetables et totalement optionnels donnent d’avantages de temps pour agir, subir moins de dégâts, avoir plus de vie ou un 1-up au cas-où. Très pratiques pour les joueurs en difficulté ou qui ne veulent moins être stressé pas le temps. Cependant un joueur un peu expérimenté ne devrait pas trop en avoir besoin. On a assez de PV normalement et le temps pour les déplacements est souvent court, mais même sans le bonus 1.5x, on vient à bout des ennemis sans trop de problème et ce même en utilisant que les bottes et le marteau de base. Ça prend juste un peu plus de temps. Je n’ai jamais eu besoin d’utiliser les accessoires de tout le jeu. Seulement des champignons de vie. Alors eux oui, il en faut, surtout pour les bosses et dans les zones 5 et 6. Mais sinon, ça va.

Les combats de boss sont pas mal plus intéressants, car ils inversent le système. Cette fois, le boss est au centre et Mario à l’extérieur du cercle. Il doit remonter au centre en suivant des flèches tout en amassant des bonus pour frapper le boss. Ces combats demandent plus de préparation et de stratégie car les options sont plus nombreuses. Et c’est pas mal plus dynamique. Chaque boss a de nouvelles mécaniques pour mettre des crayons dans les roues de Mario et empêcher de l’atteindre. Il faut trouver le point faible. Souvent avec le nouveau pouvoir acquis. C’est assez bien vu pour le coup.

Un retour mitigé

Paper Mario The Origami King une semi-réussite. Le côté aventure est vraiment bien fait, c’est pas mal bien fait. Les situations sont souvent drôles et surprenantes. On se marre vraiment tellement c’est bête. Il y a même des moments émouvants, et ça marche, c’est fou. Et les dialogues sont tellement bien écrits. C’est fin, léger, drôle, avec de l’espli, des jeux de mot à foison, des références, et une bonne dose de second degré. Souvent, les petites histoires des sbires de Bowser sont les meilleures. Les environnements du royaume champignons sont aussi très bons. C’est original, coloré comme on a l’habitude avec Nintendo. C’est au niveau des attentes. Le style est réussi. L’exploration est pour le coup assez classique et efficace. Rien de bien compliqué, rien de bien pénible, mais quelques énigmes bien pensées qui feront travailler vos méninges. Sinon, il y a quelques longueurs et un dirigisme qui se ressent un peu trop. Le jeu rappelle souvent les Zelda, surtout Wind Waker et Ocarina of time. La structures avec les donjons et quelques zones avec des mécaniques et des thèmes qui sont clairement des références à ses jeux. Le souci, malheureusement, ce sont les combats lambdas. Ils sont répétitifs, trop faciles et rapidement sans intérêts. Même avec de nouveaux ennemis et des puzzles un peu plus complexes, la formule est toujours la même. Ils ont tenté quelque chose de nouveau et différent. C’est louable, mais ça ne peut pas toujours faire mouche. Par contre, les combats de boss sont plus intéressants en proposant des choses nouvelles à chaque fois. Ils sont assez nombreux et plaisants. Le jeu et surtout son gameplay conviendra mieux aux plus jeunes et aux ados qui non pas ou très peu d’expérience dans ce genre de jeu. Le niveau des dialogues est plus pour des ados et adultes, bien qu’à première lecture, il est assez enfantin. Il y en a pour tout le monde comme dans les Pixar. C’est juste dommage que le système de combat ne tienne pas la longueur. Car c’est super sympa globalement. Ça se joue bien. L’histoire est bonne. C’est long. C’est joli et tout mignon tout plein. C’est très drôle et bien écrit. Un jeu qui ne fera pas l’unanimité pour ses combats, mais pour le reste, il est bien sympa au final.

Les plus:

  • Toujours aussi drôle et bien écrit
  • Un royaume champignon toujours aussi plaisant à découvrir
  • De nouveaux environnements originaux et jolis
  • Varié et hyper coloré
  • Des scènes vraiment surprenantes et drôles
  • Quelques idées et design vraiment bien pensés
  • Les combats de bosses (mieux élaborés que les autres)
  • Un peu de réflexion dans les combats
  • Des bonus optionnels pour faciliter le jeu (si besoin)
  • Certains thèmes musicaux très bons
  • Les danses et les chansons dans le jeu
  • Pas mal de ‘mini-jeux’

Les moins:

  • Le système de combat trop répétitif et trop facile
  • Les dialogues non-skippables
  • Trop de petits dialogues inutiles toutes les 2 secondes
  • Le joueur en un peu trop pris par la main (Olivia)
  • Les quelques longueurs pénibles
  • Le running gag Luigi qui saoul à force


Editeur : Nintendo
Développeur : Intelligent System
Plateformes : Nintendo Switch
Date de sortie : 27.07.2020

Genre : Aventure

Paper Mario The Origami King
4.0Note Finale

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