Pour goûter comme il se doit la fort belle illustration de couverture signée Aurélien Police, regardez-la en dépliant le rabat… Si vous aimez la science-fiction, vous vous êtes sans doute précipité et le livre patiente sur votre Pal (Pile à Lire) mais, si vous connaissez quelqu’un qui se refuse à lire les ‘élucubrations’ qui vous passionnent, offrez-lui ce recueil. Il ne m’étonnerait pas qu’il/elle révise son jugement. En tout cas je crois que certains textes resteront longtemps dans la mémoire des lecteurs. C’est le genre de littérature doucement insidieuse qui se lit avec facilité, sans surprise mais qui laisse une trace. Vous savez cette histoire surprenante et plaisante à raconter mais dont on a oublié le titre et parfois le nom de l’auteur qui s’obstine à rester sur le bout de la langue. C’est de la littérature pour magazine, imaginez une nouvelle dans chaque supplément du Monde du samedi. C’est vous dire que j’ai pensé à Dorothy Parker et Francis Scott Fitzgerald. Des écrivains à ‘petite musique’. Comme pour conforter mon point de vue, la plupart des nouvelles reprises ici le sont de magazines et revues ne participant pas du genre science-fiction. Un argument supplémentaire pour inciter à le lire ?. Et la touche science-fictive se glisse sans dire son nom… ou se cache.

J’ai carotté bien sûr, mais l’exercice s’est avéré difficile pour décider des deux textes dont je voulais parler. Même si La boîte à mots du cousin Len qui ouvre le recueil est pour moi indéniable. J’aimerais la voir illustrée cette nouvelle dans laquelle le cousin Len utilise une boîte qui corrige ce qu’il écrit pour le rendre très lisible et plaisant. Un tel objet même s’il faut le vider de temps à autre serait sans doute fort utile à certains… Mon autre choix date de 1951 et me semble rendre parfaitement compte de ce que l’on appelait ‘American way of life’. Le texte s’intitule Des voisins originaux et on pourrait le situer dans n’importe quelle banlieue pavillonnaire de ville moyenne. Al et Nell Lewis ont de nouveaux voisins, Ted et Ann, un couple jeune comme eux avec lequel ils deviendront amis. Chez Ted et Ann tout est neuf mais l’amateur de SF sera certainement le premier à percevoir une étrangeté dans le fait qu’ils ne savent pas l’ordre des présidents des USA… Ted est inventeur et écrivain… Il lit pour Al une de ses histoires. Et puis ils s’en vont ailleurs. Les textes sont courts et il me semble que l’on peut leur trouver aussi un côté Marcel Aymé… Surtout ne lisez pas en glouton, savourez lentement comme une boîte de chocolat.

Bonne lecture.

Nouvelles d’antan 1948/1965
Auteur : Jack Finney
Editeur : Le Bélial’

www.belial.fr

Nouvelles d'antan 1948/1965
5.0Note Finale

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