Le Prince de Hombourg

Le Prince de Hombourg

La photo de Jeanne Moreau et Gérard Philipe qui illustre la couverture remonte à 1952 et la représentation de cette pièce dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes marque la naissance du Festival d’Avignon et un énorme succès pour G. Philipe*. Cette année c’est un italien qui la met en scène et on a pu en voir « la Générale » filmée dans la Cour d’Honneur par la télévision. Cette édition de la pièce est accompagnée d’un dossier et d’une longue préface de Michel Corvin (professeur honoraire à l’Université de Paris III). La traduction de l’allemand est de Pierre Deshusses et Irène Kuhn.

La pièce est en soi étrange. Le personnage créé par Kleist est qualifié de somnambule. Je pense qu’on pourrait aussi bien le dire « borderline », en limite, sur le fil du rasoir entre rêve et réalité. Le prince aime Natali, la nièce de l’Électeur qui est le chef des armées. Le Prince rêve et contrevient aux ordres donnés mais il remporte la victoire sur les Suédois. Il passe en cour martiale et est condamné à mort. Mais Natali intervient. Vous lirez la suite ou vous la verrez en représentation.

Kleist voulait que sa pièce soit « patriotique », or son héros qui semble étranger, absent au monde est plus amoureux que patriote. Et dans un sens c’est aussi du pouvoir que traite cette pièce. Un pouvoir tributaire, aussi, de ceux sur lesquels il s’exerce.

Le dossier comporte une sous-section intitulée réception et mise en scène qui renvoie à Jean Vilar et une bibliographie. Le tout est passionnant et devrait inciter les enseignants d’allemand, de français et de théâtre à collaborer.

Bon spectacle.

* Si ma mémoire est bonne les archives de la Maison Jean Vilar à Avignon disposent d’un enregistrement de Gérard Philipe dans le rôle.

Le Prince de Hombourg
Auteur : Heinrich von Kleist (1777-1811)
Editeur : Folio

www.folio-lesite.fr

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