Lorsque l’on m’a dit que j’allais pouvoir tester un jeu avec un petit renard – du moins je crois que s’en est un – tout polygonal évoluant dans un monde monochromatique et esthétisé à l’extrême, vous pensez bien que j’ai bondi sur l’occasion ! La vidéo de présentation m’avait d’ailleurs passablement intriguée et c’est donc les deux pouces devant que je me suis lancé dans l’aventure de notre petite bestiole chantante et sautillante pendant une demi-douzaine d’heures colorée et forestière.


Tout commence dans une clairière où nous sommes lâchés avec notre petit ami à quatre pattes afin de poursuivre un cerf à travers des sous-bois modélisé à la serpe. Un rendu ayant un charme certains et faisant mouche dès le départ ! Petit coup d’œil au menu des commandes histoire de comprendre que nos actions sur le personnage se limiteront à lancer des trucs et à bondir… Autant dire que je n’en attendais pas vraiment plus d’un renard ( ? par convention on va dire que s’en est un) Après quelques minutes d’errements dus à l’absence complète d’information sur nos objectifs actuels et futurs, je finis par rattraper le charmant cervidés et le jeu de m’indiquer qu’il suffit de presser la touche de tranche pour syntoniser avec lui, cette mécanique s’avérera d’ailleurs être le nerf du jeu. En effet, pousser la chansonnette avec un compagnon à poil ou à plume nous permettra de l’apprivoiser pendant un instant et donc de pouvoir utiliser ses capacités.

Après avoir ragé une bonne minute sur le degré de minutie requis pour trouver le bon niveau de pression, j’ai finalement su m’accorder avec mon ami cornu ce qui m’a permis de pouvoir sauter sur son dos afin de passer un obstacle à l’apparence insurmontable l’instant d’auparavant ! Classique mais efficace me direz-vous.

C’est un peu plus tard que le jeu commencera à s’ouvrir et à dévoiler ses ambitions, le sous-bois laisse alors sa place à une balade rupestre le long d’une rivière sinuant presque gracieusement (souvenez-vous le style très angulaire) dans une ravine nous amenant dans une des premières zones un peu plus ouverte du jeu et surtout devant nos premiers antagonistes : les silencieux. Créature anthropomorphe capable d’un seul regard d’enfermer nos amis de la forêt – mais également nous-même si nous n’y prenons pas garde – dans une prison organique qui signifiera pour nous un retour au checkpoint jamais très éloigné, et pour nos intrépides copains, un avenir bien plus incertain.

N’étant pas plus musclé qu’un renard qui chante, la solution qui s’offrira à vous sera donc la discrétion ! Éviter les ennemis fera donc partie de notre quotidien dans le monde de FE, sauf en de rares occasions ou nous pourrons utiliser la faune locale pour se débarrasser des ennemis présent à coup de framboise utilisée en appât.

J’en étais donc à mon premier hub et premier objectif, à savoir récupérer quatre œufs gardés par les silencieux afin de les ramener vers leur patibulaire propriétaire. Un petit détour par la carte afin de se rendre compte que la position de ceux-ci est indiquée, et quelques dizaines de minutes d’escalade et de détours plus tard, j’entonnais un karaoké monocorde avec mon tout nouveau copain, histoire de récupérer une nouvelle capacité qui me permettra de poursuivre mon chemin.

Et donc quelques heures plus tard et autant de mécaniques de jeu supplémentaires je terminais l’histoire du petit renard et je commençais alors à me poser la question suivante : mais qu’est-ce que c’était que tout ça ?

Commençons par les choses plutôt réussies du titre, comme les graphismes plutôt atypiques et colorés, dont la teinte varie en fonction de l’environnement traversé. Autant dire que si vous êtes allergiques aux couleurs chaudes et vives vous aller passer un mauvais quart d’heure, a contrario, les « violetophiles » serons aux anges.

L’environnement sonore est également soigné, composé de douce mélopée, d’envolée lyrique et de moment de calme, la musique accompagne l’image de façon fantastique et est toujours mise au premier plan, un régal pour les oreilles ! Les chantonnements du renard sont eux aussi tellement soignés qu’ils finiront par vous donner envie de changer de sonnerie de téléphone !  Et, et … et c’est à peu près tout ce que j’arriverais à juger d’original dans le titre tant le titre lui-même est confus et malheureusement pas ou trop inspiré ! Des couleurs du récent Ori and the Blind forest, à la plateforme du moins récent Spyro ? Des élans musicaux de Journey aux traversées printanières de Flowers, difficile de trouver le titre novateur et audacieux et pas de point ont appuyé sur ma frustration au fur et à mesure que le titre m’emmenait vers sa conclusion.

Il y a d’abord la jouabilité du titre, qui se veut avant tout un plateformer 3D, mais qui hélas souffre souvent d’imprécision sur quelques saut pourtant critique (pensez gros cerfs – voilà, maintenant pensez encore plus gros) difficile d’être conquis lorsque l’on en est à notre 15ème tentative d’affilée sur un saut d’apparence facile, Fe n’est d’ailleurs pas difficile en soit si ce n’est sur certains passages qui ne le sont uniquement car le placement d’élément n’a pas été optimisé. Il en va de même pour la syntonie qui nécessite une fenêtre d’un demi-micron mètre pour que les deux lignes de champ s’harmonisent, j’exagère un poil, mais bien souvent j’aurais pesté contre un système qui n’apporte au final rien du tout à nécessité de la précision. Cela ne peut pas être imputé à la technique, le jeu étant stable à chaque instant.

Ensuite il y a la progression au sein de l’histoire qui manque d’éléments marquants, c’est vite vu je ne retiens qu’un moment vraiment sympa du jeu (pensez au gros cerf à nouveau !) le reste du temps aura été de me demander ce que je devais bien pouvoir faire – chercher un élément violet dans un environnement violet – chercher à m’orienter sur une carte sans indications ou presque. S’ajoute à cela une progression à la Metroidvania bien trop timide qui veut qu’un pouvoir nous permette de progresser… dans la zone suivante ! Pas de retour en arrière ou si peu pour un level design au final très classique et manquant clairement d’inventivité.

Par rapport aux pouvoirs acquis le long de votre aventure, vous aurez accès aux pouvoirs animaliers, les chants, permettant d’emprunter des fleurs trampoline ou ventilateur (!), et d’autre choses encore que je ne révélerais pas pour ne pas vous spoiler. Mais je ne vous ai pas parlé des objets à collectionner ! Et il y en a à la pelle, les principaux sont de petits cristaux qui vous permettront de débloquer de nouvelles capacités pour votre protagoniste à poil carré, sauf que seules les deux premières (la capacité de grimper aux arbres et de flotter dans les airs) sont vraiment indispensables, heureusement car la position des dits cristaux n’est pas indiquée. Ensuite, il y a les Murs d’histoire, au nombre de 152 et planquée dans les niveaux, ceux-ci sont censé vous dévoiler l’intrigue mais ressemble plus à des peintures rupestres qu’a un guide touristique, c’est joli, mais à part certains murs plus évocateurs, ne comptez pas dessus pour vous aiguiller plus sur l’état actuel de votre monde et votre destinée ! Finalement, il y a les masques de silencieux où vous prendrez la place d’un de ceux-ci, et encore une fois, tout aussi stylisées que puisse être ces phases, elle n’éclaire que d’orange l’histoire du jeu.

Fe est une aventure atypique, mais tellement convenue qu’il m’est difficile d’être trop sympathique avec lui, doté d’un visuel puissant et d’une ambiance sans failles, il est pourtant victime d’un level design paresseux, d’une histoire qui aurait mérité un filigrane littéraire et de mécaniques de jeu ne servant qu’une progression linéaire pas toujours très claire dans ses objectifs, pour nous emmener vers un final pas bien intéressant. Difficile donc de succomber pleinement aux charmes du titre malgré un enrobage vraiment très intéressant !

Les plus :

  • Directions Artistiques
  • Musiques
  • Le gros cerf

Les moins :

  • Manque de clarté de l’histoire
  • Level design paresseux
  • Imprécisions dans les commandes

 


Éditeur : Electronic Arts
Développeur : Zoink AB
Date de sortie : 16.02.2018

Plateforme : PS4, Xbox One, Switch & PC

 

 

 

 

Fe
3.0Note Finale

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