Le regard

Remarque préliminaire : il ne m’étonnerait pas que cette collection obtienne un prix pour la qualité des ouvrages qu’elle propose. Elle le mériterait.

Imaginez que des call-girls, croyant s’assurer une retraite convenable et tranquille, se fassent implanter dans un œil une caméra de manière à pouvoir filmer leur client-partenaire au moment des ébats. Nous sommes dans un monde où ces femmes font légalement leur publicité sur Internet. Imaginez un assez bel homme entre trente et quarante ans qui sait repérer les yeux caméra et récupérer les films enregistrés. Imaginez une ex-policière devenue détective privé et physiquement modifiée pour pallier les manques et les déficiences de son corps et qui reste branchée 23 heures sur 24 à son régulateur – un petit appareil qui régule les diverses hormones sécrétées par notre corps en fonction de nos émotions et de nos sentiments et nous évite ainsi des erreurs de jugement, plus ou moins fatales.

La caméra dans l’œil ce n’est pas nouveau et ce n’est plus de la science-fiction (voir La Mort en direct de Bertrand Tavernier ou le roman du même titre de D. G. Compton, J’ai Lu 1984). En revanche, le « régulateur » posé sur les gardiens de l’ordre, c’est une jolie trouvaille qui joue un grand rôle. Le tout est écrit subtilement comme si l’auteur branchait au bon moment son propre régulateur. Évitant ainsi tout pathos mais nous laissant nous avec notre révolte et nos sentiments. Et il donne à ses personnages une juste épaisseur qui les rend crédibles. L’auteur porte un regard critique sur la société américaine – méditez un peu la page 29 – mais aussi sur la société chinoise.

A lire sans faute et sans tarder…

Le regard
Auteur : Ken Liu
Editeur : Le Bélial’
Collection : Une Heure-Lumière

www.belial.fr

Le regard
5.0Note Finale

Une réponse

  1. Aldaran

    Bonjour,

    Je viens de relire cette page 29 et je n’y vois pas de regard critique sur la société américaine, plutôt une regard posé sur le fonctionnement d’un site internet et le comportement de ses utilisateurs.
    À lire sans faute néanmoins, je ne suis on ne peut plus d’accord.

    Amicalement.

    Répondre

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