Il s’agit d’un recueil de nouvelles dont on commencera par admirer l’illustration de couverture – signée Philippe Caza – et dont on peut se passer de lire la préface sauf si l’on est fan d’Alain Damasio. Un recueil en deux parties, la deuxième étant reléguée en ‘Appendice’, la première touchant à la science-fiction. Si vous me suivez, vous avez sans doute remarqué que je ne vous épargne aucune des parutions de Catherine Dufour. Peut-être trouvez-vous la chose excessive, alors lisez au moins un de ses titres et dites-moi que j’ai tort. Réglons le sort de cet Appendice… Deux textes : l’un qui raconte avec force commentaires pas toujours bienveillants la vie d’Alfred de Musset (les chants désespérés sont les chants les plus beaux, écoutez Nougaro) et donne envie d’en relire… l’autre qui raconte une Sérieuse Kill All par elle-même, comme si elle vous faisait un tuto… et en même temps un catalogue de produits… C’est prêt à vous exploser au visage mais il y a deux touches pour désamorcer… Pour le reste, bien qu’écrits entre 2008 et 2019, on notera d’abord une grande unité de ton et la permanence des touches d’humour qui souvent rehaussent la cruauté du récit et de la situation sous prétexte de les désamorcer. Deux textes ont particulièrement retenu mon attention. Celui qui donne son titre au recueil et qui m’a rappelé un autre écrivain de science-fiction trop tôt disparu, je veux parler d’Ayerdhal (et de son Rainbow Warriors, Au diable Vauvert…). Dans cette Arithmétique de la misère un tendanceur découvre le monde derrière le monde et propose une solution… Le deuxième au titre plus baudelairien Un temps chaud et lourd comme une paire de seins traite subtilement de la vie d’une policière de Seattle qui passe par presque tous les services. J’insiste sur « subtilement » car il me semble qu’une des qualités littéraires de Catherine Dufour est de savoir jusqu’où elle peut être excessive, jusqu’où elle peut en faire des tonnes pour mettre en branle nos batteries de neurones et nous forcer à penser… sans bien sûr nous imposer son point de vue qui est bien caché au creux d’une petite phrase d’apparence anodine.

Bonne lecture, lente pour savourer.

L’arithmétique terrible de la misère
Auteure : Catherine Dufour
Editeur : Le Bélial’

www.belial.fr

L'arithmétique terrible de la misère
5.0Note Finale

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