
Avec un sous-titre : Essai sur la solitude et une couverture qui me laisse perplexe… heureusement vous pouvez revoir l’image en entier dans le cahier de quatre pages de reproductions des œuvres évoquées inséré entre les pages 64 et 65.
Entre une introduction générale à propos de la solitude et une conclusion, il est question de trois peintres : Tiepolo, Seurat et Kiefer. Chacun des trois ‘représentant’ un type de solitude.
Tiepolo peintre du sacré (18ème siècle) à la différence de ses contemporains introduit la solitude dans un de ses tableaux (seuls deux artistes l’ont précédé dans la même démarche au 15ème siècle et début 16ème). L’effet est surprenant, comme un intrus survenant dans la scène. Un témoin solitaire qui voit plus qu’il n’est vu par les acteurs et qui ‘représente’ en effet de miroir. Nous renvoyant à notre solitude.
Seurat est un solitaire bourgeois qui montre la solitude petite bourgeoise des gens de son temps dans lequel le baron Haussmann modifie les quartiers de Paris. Étrangement c’est la démonstration de la solitude-Seurat qui me semble la plus convaincante du recueil. Ces personnages figés en petits points comme des grains de sable qui regardent au loin ce qu’on ne voit pas ont un petit côté femme de Loth et ressemblent à ceux qui courent en masse les marathons urbains.
Kiefer avec sa solitude tragique et ses audaces-outrances m’a renvoyé à la solitude du seul contre tous qui voit le monde comme nous ne savons plus le voir et se fait porte-drapeau, héraut de ce que nous oublions ou voulons oublier et, là, force est de constater que cette attitude peut isoler…
Un petit livre édifiant et subtil propre à réveiller notre façon de voir…
Bonne lecture.
Sois un monde à toi-même
Auteur : Dominique Fernandez
Editeur : Philippe Rey
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