Trente jours

Une couverture à mon humble avis fort réussie, dynamique et qui doit tirer l’œil sans l’agresser. Et si j’ose dire un roman en conséquence.

Attention, il faut entrer doucement dans l’histoire racontée, comme on entre dans une eau un peu froide… Il faut se laisser porter, découvrir le personnage. Si vous avez lu la quatrième de couverture vous connaissez sa particularité. Rien d’exceptionnel sauf dans certains pays, certaines régions. Alphonse, c’est le personnage principal, est noir. Et il se trouve dans un village de Flandre occidentale… Il a abandonné son instrument – une contrebasse – et ses camarades jazzmen pour se faire peintre en bâtiment. Il vit avec sa femme Kat qui dit que sa couleur de peau est « soutane de l’ecclésiastique ». Mais Alphonse a une autre particularité – à mon avis tout aussi gênante – il provoque les aveux et recueille les confidences. Les gens se confient à lui et bien sûr sans qu’il demande quoi que ce soit. Je me suis posé la question de savoir comment « les gens » arrivaient à raconter leur vie, à montrer leurs failles. Je me suis trouvé un élément de réponse : parce qu’il est noir et donc quantité négligeable à leurs yeux. Ce qu’ils ne diraient pas à un compatriote ils peuvent le dire à quelqu’un qui n’est rien à leurs yeux… Et tant mieux s’il désamorce, règle les différends – en fait il agit comme ça parce qu’il reconnaît notre supériorité… Sa couleur de peau le rend humble… et donc apte à entendre « la confession » du blanc…

Ce roman a été primé et en ne considérant que son style, son écriture c’est déjà mérité. Si comme moi vous ajoutez ce que dit l’histoire, vous n’êtes plus étonné…

Lisez lentement pour ne pas arriver trop vite à la fin… et surtout ne trichez pas…

Trente jours
Auteure : Annelies Verbeke
Editeur : Fleuve

www.fleuve-editions.fr

Trente jours
4.5Note Finale

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