Merci, tout d’abord de regarder avec attention l’aquarelle en couverture et de noter que la mise en couleur du crayonné laisse apparaître la trame du papier et cela, il me semble, accentue le relief. Ensuite je prierai ceux qui me lisent depuis longtemps de ne pas s’étonner de me voir dans cette chronique changer d’avis sur un certain point…

L’action se situe dans le Nordeste au Brésil en 1937, c’est-à-dire sous la dictature de Getulio Vargas, où s’affrontent les forces de l’ordre et les cangaceiros. La troupe de ceux qui portent le chapeau en demi-lune – voir couverture – se divise, un chef s’éloigne pendant que l’autre attend celui qui doit apporter armes, munitions et vivres. Mais le livreur découvre la richesse, le trésor de celui qui le règle et va le dénoncer aux militaires. Le livreur a une belle épouse que le chef des soldats convoite… Vous en savez assez… d’autant plus que vous avez imaginé la fin.

Le dessin est inégal et cela peut parfois gêner qu’un visage se modifie sans raison d’une case à l’autre. Comme si certaines cases venaient s’intercaler pour équilibrer plus que pour raconter avec parfois de mauvais ‘raccords’ comme au cinéma. Mais cela ne casse pas l’ambiance, ne nuit pas au récit. Nous sommes dans la torpeur, la lenteur est de mise comme en écho à la violence des hommes et du territoire. Nous sommes dans du tragique antique sans chœur et sans divinité. Le destin frappe en aveugle, en égoïste, pour le plaisir de frapper. Et ceux qui succombent n’ont personne à maudire…

C’est d’une rare noirceur.

Bonne lecture, un peu lente pour éviter de faire se lever la poussière, mais d’une seule traite.

Sertão
Dessins et scénario : Vianello
Editeur : Mosquito

www.editionsmosquito.com

Sertão
5.0Note Finale

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