Nature morte aux miettes de pain

Nature morte aux miettes de pain

Je pense que ce roman aurait mérité une illustration de couverture plus subtile, plus en accord avec son contenu. On peut craindre que le manque de force de l’image n’incite pas le lecteur potentiel à s’offrir ce livre. Entre nous il aurait tort de ne pas s’y intéresser.

C’est l’histoire d’une photographe qui, après avoir été adulée pour une photo au titre éponyme, se retrouve ruinée, assez dépréciée et contrainte de se réfugier à la campagne, loin de New York. C’est une femme particulière qui semble assez « détachée » de la réalité. Et, comme pour mieux nous le faire sentir, l’auteure parle d’elle à la troisième personne. C’est ainsi qu’on peut lire : « Rebecca avait l’habitude d’imputer ses pensées les plus originales à quelqu’un d’autre. » Au fur et à mesure de sa progressive intégration au monde rural qui l’environne elle recommence à prendre des photos notamment de « croix plantées accompagnées d’objets » elle en refera une expo avec succès… Dans le même temps elle se lie d’amitié avec l’homme bricoleur-à-tout-faire du coin… et se met à appréhender le réel autrement et surtout à prendre conscience d’elle-même. Et pourtant elle a encore des moments où « Ça la gênait de vivre dans une maison sans savoir comment tout marchait. Dans un appartement le gardien était là pour ça. »

Vous avez compris : une femme passe, je dirais, d’un état de « zombie » – fabriquée par une société – à une femme vivante et consciente d’elle-même. Cela devrait plaire aux lectrices mais je ne saurais trop recommander aux hommes de lire cette histoire de mue…

Bonne lecture.

Nature morte aux miettes de pain
Auteure : Anna Quindlen
Editeur : Belfond

www.belfond.fr

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