Une bataille juridique !


Ithaca est la plus grande société de chasseurs d’épaves au monde. Ils ont à leur disposition des moyens colossaux qui dépassent les rêves les plus fous et opèrent à des profondeurs incroyables. La société est dirigée par Frank Stern, un ancien courtier à la fois archéologue et aventurier. Un vrai personnage de roman, c’est un homme intelligent et très malin qui a trouvé ou spolié, selon les points de vue, de vrais trésors sur des dizaines de sites un peu partout dans le monde. Depuis quelques années il cherchait à réaliser un gros coup et il y est récemment parvenu. Deux ans auparavant, Ithaca a demandé un permis d’exploration pour le détroit de Gibraltar sur un site où aurait coulé un navire anglais, l’Essex. Etant donné, la mauvaise réputation de la société, l’Andalousie s’y est opposée mais le ministère des affaires étrangères espagnol le leur a finalement accordé à la seule condition qu’ils informent l’état de leurs moindres faits et gestes, une promesse qu’il n’ont jamais tenue. La rumeur prétend qu’ils auraient été à deux doigts de localiser un autre navire, la Merced (appelée également Cygne noir), une caravelle espagnole qui aurait coulé au XVIIIème siècle dans les eaux profondes de la région et qui aurait eu dans ses cales, un immense trésor dont la valeur est estimée à 500 millions de dollars…

Un trésor, des pirates, les dessous d’une enquête au sommet. Le Trésor du Cygne Noir est un récit d’aventure doublé d’une approche réaliste. Le tout infusé de l’héritage de Hergé ou Pratt.

La bataille juridique entre deux pays est lancée (l’Espagne et les Etats-Unis). C’est l’intérêt de cette bande-dessinée qui se base sur des faits réels. Paco Roca a mis en place à partir du récit original de l’écrivain diplomate Guillermo Corral van Damme, une intrigue passionnante qui réussit à tenir le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page. Paco Roca est né en Espagne où il réside actuellement. Il fait partie de la nouvelle génération d’auteurs qui au travers de romans graphiques intimistes, flirte avec les thèmes de société et s’insère avec talent dans la bande-dessinée européenne moderne. Il publie régulièrement dans la célèbre revue hispanique El Vibora. En 2005, il a signé un récit sur la fuite d’un soldat lors des derniers jours de la guerre civile en Espagne (le Phare, Six pieds sous terre) puis un ouvrage remarqué sur une vie fantasmée de Salvator Dali (Le jeu lugubre, paru aux éditions la Cupula). En 2007, il a publié Rides, Paco Roca y aborde avec beaucoup de subtilité le sujet de la maladie d’Alzheimer. Cet album traduit en dix langues qui s’est vendu à 30’000 exemplaires, a reçu le prix National de la Bande Dessinée au Festival de Barcelone en 2008, le Prix du Meilleur Roman Graphique à Lucca en Italie et le Prix de l’Excellence au Japon. En 2009, l’auteur a également publié Le Che, une icône révolutionnaire et les Rues de Sable. On lui doit aussi l’Hiver du Dessinateur (2012), Nueve (2014), la Maison (2016) et Crossroad (2018). Guillermo Corral van Damme qui est au centre de cette affaire, est né en 1971 à Portugalete (Pays Basque). Il a grandi entre la Suisse, l’Espagne et la Belgique avant de devenir diplomate en 1997. Il a occupé différents postes de responsable culturel en Turquie, Tanzanie et à Bruxelles avant d’être nommé directeur général des Médias et des Industries Culturelles puis conseiller culturel au sein des Ambassades espagnoles de Washington et de La Havane. Auteur d’un recueil de nouvelles, Mientras cresce el bosque (paru aux éditions La Pereza en 2015), il a aussi utilisé sa plume au service de quelques magazines littéraires et artistiques comme Granta, Sibila ou Librrujula. Ce diplomate est aussi photographe et a exposé son travail à plusieurs reprises. Avec Le Trésor du Cygne noir, il signe sa première bande-dessinée, une fiction inspirée de faits dont il a été le témoin direct. Cette nouvelle bande-dessinée, richement illustrée, est très bien commentée, peut-être même trop. Le voyage et la bataille juridique sont captivants. Librement adapté de la trépidante histoire de La Merced, cette bande-dessinée de 216 pages nous transpose au sein de la politique intérieure d’un état avec son lot de discussions houleuses et accords secrets. La BD contient le détail de l’affaire et présente de façon minutieuse, les différents intervenants. De nombreuses références historiques sont disséminés dans le scénario. Les textes parfois complexes, sont de qualité et le thème de l’archéologie est bien abordé dans l’histoire.

Paco Roca & Guillermo Corral
Adapté du roman de Guillermo Corral van Damme

Édition Delcourt / Mirages

http://www.editions-delcourt.fr

Le Trésor du Cygne noir
3.5Note Finale
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