La couverture ne vous dira pas grand-chose du contenu de ce gros roman, elle est d’aujourd’hui et semble pourtant confite dans l’esthétique vieillotte des années 50… Le prologue de l’histoire se situe en 1926, mais tout commence en 1880. Le lieu de l’action ? Les Cévennes. Les acteurs ? Je simplifierai la réponse en résumant : des gens. Mais des gens que la naissance et l’éducation n’ont pas placés aux mêmes niveaux dans la société.

Une famille « riche », les Roustan des Fontanilles, propriétaire d’une filature règne sur un coin de pays. Et les enfants qui ne font pas toujours attention aux origines sociales de leurs camarades de jeux se retrouvent souvent en opposition aux décisions des parents quant à ceux et celles qu’ils doivent fréquenter… Mais « ces » origines – sociales, étrangères – qui génèrent les positions sociales en retour n’empêchent pas l’amour… Et chez les riches on n’a pas toujours les comportements exemplaires que la religion et la pauvreté imposent. Vous suivez ? Vous devez avoir deviné que les espérances d’Auguste-César (un prénom doublement impérial) Roustan des Fontanilles quant à sa succession à la tête de son entreprise ne vont pas se mettre en place tranquillement.

Cette « petite » histoire des gens emporte le lecteur sur près de 640 pages et la vie de ces gens subit les maladies des vers à soie, les grèves pour un meilleur salaire, de meilleures conditions de travail et donc de santé, les progrès de l’éducation et des transports. Nous ne sommes pas vraiment dans un roman historique mais on découvre que l’auteure ne se contente pas de « dire », elle était tuberculeuse, elle parle de ce que l’on faisait à l’époque pour tâcher de guérir ceux souffraient de cette maladie…

Au fil de la lecture on peut se poser la question de savoir si le monde d’Auguste-César est bien différent du nôtre. Sur le plan technique et technologique l’écart doit être important, mais sur le plan humain je ne pense pas : nous aimons, nous détestons avec la même intensité. Ce qui distingue le plus ces deux mondes c’est le nombre de ceux qui les habitent. Nous sommes beaucoup plus nombreux…

Bonne lecture… Attention ! C’est attachant.

De soie et de cendres
Auteure : Mireille Pluchard
Editeur : Presses de la cité
Collection : Terres de France

www.pressesdelacite.com

De soie et de cendres
4.0Note Finale

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