Le nouveau remake made in Capcom est là. Après l’excellentissime Resident Evil 2 sorti l’an dernier, c’est logiquement au tour de Resident Evil 3 de montrer le bout de son nez. Un peu plus orienté action, RE3 nous offre une bonne dose d’horreur et de montés d’adrénaline dans cette aventure compacte nous confrontant au redoutable Nemesis.


L’an dernier Capcom avait fait sensation avec Resident Evil 2 puis Devil May Cry 5. Sur cette bonne lancée, l’éditeur japonais nous fait l’honneur de sortir Resident Evil 3 dans une version remake à la RE2. Vue TPS, RE Engine encore amélioré, action sur-vitaminé, et son célèbre Nemesis, RE3 s’annonce sous les meilleurs auspices. Que pourrait-il venir tâcher ce beau tableau ?

Le gameplay de RE3 est beaucoup plus orienté action que RE2. Les bases sont très semblables. On sait tout de suite où on met les pieds. Par contre, pas le temps de prendre le pouls ni la température, l’aventure commence direct. Il y a toujours de l’exploration et quelques rares petits puzzles simples à résoudre, mais il y a aussi beaucoup moins de temps morts et d’aller-retours et tout va beaucoup plus vite. C’est aussi une des raisons pourquoi le jeu est plutôt court. On obtient les nouvelles armes et les accessoires assez rapidement, si on ouvre bien les yeux. On obtient très vite le shotgun. On rencontre des coffres fermés par un cadena. On obtient les crochets aussi assez rapidement. Etc. Le rythme est beaucoup plus soutenu et on va rapidement à l’essentiel de ce RE3, l’action et l’horreur.

Resident Evil 3 se déroule un peu avant les événements de RE2 et se termine un peu après. Si l’histoire est en quelques sortes en parallèle avec celle de RE2, elle reste originale et indépendante. Elle ne nécessite pas d’avoir joué à RE2 pour la suivre, il a quelques compléments à RE2 comme qui sont certains personnages et comment en sont-ils arrivé là. C’est plutôt pas mal.

La S.T.A.R.S de cet épisode est Jill Valentine, une experte dans l’art du combat. Dès le début, Jill est pourchassée par l’autre star de RE3 : le Nemesis. Elle tente de lui échapper en arpentant les rues de Raccoon City infestées de zombies. Elle tombe sur Carlos un membre de l’U.B.C.S., une branche d’Umbrella corp. Ils se réfugient dans le métro de la ville. Jill propose son aide. Sa première tâche sera de rallumer le système électrique du métro. Seule, elle devra explorer le centre-ville de Raccoon City. Traverser les rues, les appartements et les bistrots et magasins afin de trouver l’objet qui lui permettra d’avancer dans l’aventure. Le tout, rempli de zombies prêts à lui sauter dessus. Et il y a le Nemesis qui vient et revient toujours et encore sans relâche.

Le Nemesis de RE3 est un peu comme Mr.X de RE2, mais encore plus énervé. C’est une immense baraque à frites effrayante qui va vous faire sursauter et vraiment vous faire peur. Au moins, les premières fois. On s’habitue après. Il n’a qu’une seule idée en tête : tuer les agents du S.T.A.R.S. Il va traquer Jill durant tout le jeu. Pire que Mr.X qui ne faisait que nous courir après en marchant lentement, le Nemesis, court, saute, lance des tentacules pour nous attraper de loin et peut même se munir d’armes à feu de tout genre. Véritable calamité qui ne veut pas crever, le Nemesis est l’élément central de RE3 qui lui donne toute son originalité. La première fois qu’on tombe nez à nez contre le molosse, ça fait flipper. Il est immense il nous bloque le passage et on ne sait pas trop quoi faire. Je l’attaque. Je ne l’attaque pas et j’essaye de passer en douce entre ses jambes. Alors évidement il ne faut pas se faire spoiler sur internet avant, l’effet sera grandement diminué. Mais même si on s’y attend souvent, lorsqu’il arrive c’est toujours avec force et éclat et la tension se fait sentir.

RE3 nous met aussi dans la peau de Carlos. Alors c’est un peu le second rôle qui apporte un peu de gameplay différent. Plus porté sur les mitraillettes, Carlos canarde à tout va. Il explore des zones différentes avec de nouveaux ennemis et qui donnent un autre aspect de l’histoire. Mais fondamentalement, les parties avec Carlos sont juste avec encore plus d’action et sans Nemesis. Avec Carlos on retourne, par exemple au commissariat de Raccoon City. On visite aussi un hôpital ravager par l’épidémie. Attention Carlos fait partie de la même campagne que Jill. Ce n’est pas comme dans RE2 où il y avait 2 campagnes en parallèles. Là, c’est une campagne et c’est tout. On switch de personnage en fonction du chapitre.

On visite beaucoup d’endroits dans RE3, mais on y a fait rarement long. Tout va très vite et on passe à la suite. Il y a très peu de temps morts. Comme si les développeurs étaient pressés. Ce qui apparemment a été le cas, car ils n’ont pas eu le temps d’inclure certaines phases complètes du jeu, ce qui est vraiment dommage quand on le sait et qu’on attend ces passages-là. Pour ceux qui ne le savent c’est déjà moins grave, mais ça aurait rallonger la durée du jeu. Le jeu n’est déjà pas très difficile. Il nous fait croire que c’est le cas, mais en fait c’est plutôt simple. On a suffisamment de munition, de vie et de check-points pour y arriver. En normal, c’est tout à fait gérable. Pour un vrai challenge le mode hard est bien plus copieux. Les zombies sont des bons sacs à PV. Je déconseille le mode facile en première run, sauf si vraiment on a de la peine avec ce genre de jeu, car c’est vraiment easy et le jeu sera très court.

D’ailleurs parlons-en un peu de cette fameuse durée. Le jeu est court, c’est vrai. Tout s’enchaine rapidement et la fin arrive trop vite. Mais il faut faire attention. A la fin du jeu, on nous affiche en grand le temps de la partie. C’est le temps effectif de gameplay, pas le temps total passé sur le jeu. Donc, oui, le jeu affiche souvent environ 5h-7h en normal pour un premier run, mais en petit en-haut à droite, il y a le temps réel de jeu qui lui tourne plutôt aux alentours des 9-10 heures en prenant son temps à tout prendre et tout chercher. Ce n’est pas incroyable, mais c’est déjà plus réaliste. En ligne droite ce sera plutôt 7h30, mais ce serait dommage de rusher un jeu de la sorte. La deuxième est beaucoup plus rapide. On sait où on doit aller, ce que l’on doit faire et les ennemis à abattre ou à éviter. Même le Nemesis on le gère beaucoup mieux la deuxième fois. Et c’est toute l’idée des Resident Evil. On le fait une première fois en mode découverte. Puis on recommence, encore et encore pour réussir les nombreux défis et maximiser ses runs. Comme le jeu est très scripté, carré et codifié, il n’y a pas de surprise. Tout est toujours pareil à 95%. On optimise de plus en plus.

Les zombies sont toujours aussi lents mais ils tangent et sont durs à viser surtout dans la précipitation. Leurs têtes vont de gauche à droite et le pistolet n’est pas très précis tant que le point n’est pas dans la mire. L’utilisation des bornes électriques ou des bidons rouges pour les faire exploser économisent des munitions. Ensuite, il ne faut oublier de les finir une fois à terre. Car ils se relève, rampent ou vous saute dessus au dernier moment si vous êtes trop près. Plusieurs balles dans la tête sont nécessaires pour en venir à bout. Et plus encore dans le corps et les jambes. Avec le shotgun, c’est beaucoup plus simple et rapide. Un bon coup et bim c’est fini. Certains ennemis seront plus sensibles à certaines munitions ou armes que d’autres. Et n’oubliez pas de donner un coup de couteau ou tirer une balle sur un cadavre, histoire d’être sûr qu’il ne se relève pas. Mais ça ne marche pas toujours, car certains cadavres sont inactivés jusqu’au lancement de leur script. Donc inutile de tirer dedans pour s’en débarrasser. Il se lèvera dans tous les cas quand le jeu l’a prévu.

Le jeu est très carré dans sa conception. Tout est calculé, millimétré pour un gameplay calibré. Le problème avec ça, c’est que l’action du personnage ne reflète pas toujours l’urgence des événements. Genre Jill qui se fait pour chasser par le Nemesis courra avec la même petite foulée que d’habitude. Elle prendra son temps d’animation pour recharger son arme. Et oui tous les jeux sont comme ça, mais dans RE3, c’est parfois flagrant et énervant. La gestion des commandes et des animations dans la précipitation résulte souvent à la catastrophe.

Afin de compléter l’expérience Resident Evil et ne pas laisser les joueurs sur leur faim, Capcom s’est dit que d’ajouter un stand alone multijoueurs serait de bon augure. Donc avec RE3, on obtient automatiquement Resident Evil Resistance qu’il faut télécharger séparément. Le concept est de confronter 4 joueurs en équipe contre 1 joueur maitre du jeu qui gère les zombies. C’est du 4v1. Les survivants humains devront s’échapper d’un complexe en échappant aux nombreux pièges et différents zombies posés par le mastermind. Chaque erreur pénalise de quelques secondes le temps pour s’échapper. On peut aussi gagner du temps en tuant des zombies, accomplissant les objectifs et certaines activités. Toujours sous pression avec le timer bien afficher qui descend bien vite si on traine trop. L’expérience est assez intense. C’est plutôt pas mal. Le mastermind se fait un malin plaisir à envoyer tout ce qu’il a en magasin, avec un système de points, pour freiner les survivants. Zombies, chiens zombies, lickers et même différents titans sans compter les pièges. Le mastermind peut aussi prendre possession des zombies et courir après les survivants. Bon l’action est malheureusement un peu brouillon et pas toujours bien lisible. De plus, le lag est souvent présent et les connexions instables avec l’hôte rendent l’expérience exécrable. Sinon c’est plutôt sympa, surtout entre potes avec une bonne communication, le jeu nous fait passer de bon moment bien sympa et bien gore. Faut que les connexions tiennent. Bonne nouvelle, du contenu supplémentaire sera ajouté avec le temps. Donc, pourquoi pas.

Que dire de Resident Evil 3 version 2020 pour le résumé. C’est un très bon jeu d’action horreur un peu trop court. Il est parsemé d’exploration avec très peu d’énigmes plutôt simplistes et des passages manquant par rapport à l’original. Dommage. Il est plutôt court, mais évite d’être inutilement long avec trop d’aller-retours inutiles pour rallonger artificiellement la durée de vie. Le rythme est très soutenu avec une ambiance de fou. On a le droit à une bonne dose de sursauts. C’est angoissant, souvent lugubre et dans le noir. La première partie est vraiment excellente. Dans le centre-ville c’est plaisant à mort. Ensuite le jeu est moins flamboyant. Efficace, mais plus classique, sans réelle surprise. Le Nemesis est terrifiant, mais globalement moins oppressant qu’un Mr.X de RE2. Est-ce que l’on passe un bon moment sur RE3? Oui, clairement. Même si c’est un peu court, le jeu est très bon. C’est dommage de rester un peu sur notre faim. Le gameplay reprend les bases et certains assets de RE2. Ça se sent et ça se voit et tant mieux, RE2 était excellent. Mais ça sent un peu la commande pour capitaliser et le jeu un peu trop rapidement livré. RE3 est plus orienté action. Pas le temps de traîner. Alors que RE2 était plus posé, plus lent qui misait plus sur son ambiance terrifiante, RE3 mise plus sur de l’action d’horreur. Resident Evil 3 aurait peut-être aussi mérité un budget et un temps de développement plus important pour ajouter les chapitres manquant de la version originale afin d’être plus complet et plus long. C’est son gros point noir. Pour le reste, c’est du tout bon. En plus la VF est plutôt bonne. La réalisation est au top. Le mode multi RE Resistance propose une expérience plutôt spéciale qui plaira peut-être à certain d’entre vous. Assez original et sympa si on adhère au concept et que la qualité du réseau suit. C’est un plus qu’on n’avait pas forcément demandé. Resident Evil 3 est un excellent jeu qui propose une expérience courte, mais intense. A vous de savoir si le prix plein est justifié ou si une bonne promotion serait plus adaptée.

Les plus :

  • L’action hyper plaisante
  • Des sursauts à foison
  • Un jeu sans temps mort
  • Vraiment très beau graphiquement
  • La mise en scène et la VF très propre
  • La tension dans les phases Nemesis
  • Les phases de boss et l’évolution du Nemesis
  • L’esquive très utile
  • RE Resistance un bonus sympa sans plus
  • Doser le jeu rapidement avec plaisir
  • Jill Valentine

Les moins :

  • Trop court quand même
  • Gestion du gameplay dans la précipitation
  • Nemesis devient rapidement moins effrayant
  • La caméra parfois trop proche de l’action
  • La gestion des portes
  • Les scripts inévitables
  • Le timing de l’esquive pas toujours très clair
  • Un poil trop facile en normal
  • Les chapitres originaux manquants
  • Le lag de RE Resistance

Éditeur: Capcom
Développeur: Capcom
Sortie: 3 avril 2020
Disponible sur Playstation 4, Xbox One & PC

Genre: Survival-Horror

Resident Evil 3
4.0Note Finale

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