Matin Brun

Matin Brun

Peut-être êtes-vous de ceux qui ont déjà lu l’œuvre de Franck Pavloff ? Si c’est le cas, je vous demanderais de lire malgré tout cette chronique. Pour les autres, vous êtes pardonnés à la condition qu’après avoir lu, vous en offriez un certain nombre autour de vous. Voilà un livre qu’il devrait être obligatoire d’avoir lu. Là on vous propose en plus une étrange édition qui associe des peintures murales réalisées au pochoir sans lien direct avec l’histoire. Et pourtant l’association est une évidence. Et la lecture prend une autre dimension.

Vous connaissez l’histoire de ces deux amis dont l’un avait un chat noir et blanc et l’autre un chien d’une autre couleur que la couleur officielle et qui finissent par se laisser imposer une loi qui condamne ceux qui n’ont jamais avant possédé d’animaux conformes. Et pour savoir la couleur de votre ancien animal familier, il suffit d’interroger vos voisins, vos amis. Et les pochoirs de C215 vous regardent lire ou leurs yeux se perdent dans un lointain passé, un autre avenir. Leurs visages peuvent vous être familiers, même si vous ne les connaissez pas. Ce sont comme l’on dit des gens du commun, des vivants comme vous et moi. Ainsi le récit « Matin Brun » que l’on pouvait lire comme une simple fiction, et en oublier des chemises brunes de sinistre mémoire, se révèle mise en garde et demande de vigilance… Mettant en évidence le fait que si l’on ne fait rien on subit nécessairement ceux qui agissent et décident. Les visages de C215 sont denses et les rides de certains semblent des coulures de sang provoquées par les blessures de la vie. Je ne dirai pas qu’ils peuvent donner une petite mauvaise conscience à ceux qui ne veulent pas les regarder mais peut-être que certains viendront hanter votre mémoire.

A lire, à faire lire.

Matin Brun
Auteurs: Franck Pavloff & C215
Editeur : Albin Michel

www.albin-michel.fr

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