Le nu orientalisant, de Delacroix à Picasso

Un sous-titre où certains entendront peut-être l’écho de la voix de Patricia Kaas : La sultane chante le blues. Et une curiosité, un tableau à connotation saphique de Gustave Courbet, en couverture. Et à l’intérieur les excuses de l’auteure pour l’absence d’illustration couleur et le conseil d’utiliser un moteur de recherche pour accéder aux toiles dont elle parle.

Madame Juilliard a obtenu le Prix de l’Ambassade de France pour la meilleure thèse soutenue aux États-Unis en 1994, on ne s’étonnera donc pas de la trouver cultivée et connaissant son sujet. Son sujet c’est la femme allongée en attente du seigneur et maître ou du client… Vous savez comme moi que le regard des autres influe beaucoup sur notre comportement. L’image de la femme est donc tributaire de la société qui la regarde. Quand il s’agit du regard des peintres, on mettra en évidence les peintres qui innovent et ceux qui « copient ». Le novateur apporte comme l’on dit un œil neuf, ce qu’il montre est différent de ce qu’on regardait avant lui… Pensez à l’Olympia de Manet mais aussi au Déjeuner sur l’herbe… Pensez à Matisse et aux Demoiselles d’Avignon. Les courtisanes de Toulouse-Lautrec sont plus habillées mais certaines ont les mêmes poses alanguies.

Le livre de madame Juilliard est intéressant pour au moins une chose : c’est un livre qui fait la synthèse entre tous les livres cités en bibliographie. C’est ce que j’appelle du livre intelligent et utile. En nous proposant des confrontations, des mises en perspectives, il nous force à nous poser des questions, à regarder autrement…

Bonne lecture.

Le nu orientalisant, de Delacroix à Picasso
Auteure : Colette Juilliard
Editeur : Harmattan

www.editions-harmattan.fr

Le nu orientalisant, de Delacroix à Picasso
4.0Note Finale

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.