Nirvanah

J’avoue, j’aime assez le dessin qui orne la couverture. Et je pense qu’il donne une bonne idée du roman qu’il illustre.

Avant d’aller plus loin, un petit mot à propos de l’auteure. Elle a – à mes yeux – deux titres de gloire. Avoir obtenu le prix Interallié en 1967 pour Oui, l’espoir (les prix littéraires en ce temps-là étaient peut-être différents de ceux d’aujourd’hui) et avoir créé et dirigé le service culturel du journal Le Monde dans les années 1970/1980.

Revenons à notre livre. Attention, il peut s’agir pour certains lecteurs d’un livre difficile. Pourquoi ? Parce qu’il est exigeant. Parce qu’il est formidablement bien écrit et plus proche, côté style, de ce cher Gustave Flaubert que de nos « stylistes » contemporains. Yvonne Baby nous raconte la relation qui s’établit et perdure entre Nirvanah et sa grand-mère Clémence. Nirvanah a quinze ans ou, comme elle le dit elle-même, un âge qui peut bouger tout le temps en fonction des émotions et des apprentissages. De Clémence on saura qu’elle n’a pas connu cet âge insouciant entre enfance et adolescence parce que pour elle c’était le temps d’avant. Et lorsque Nirvanah demande « Avant quoi ? », nous savons déjà la réponse. C’est avant la guerre, bien sûr ! Vous avez compris qu’il ne saurait être uniquement question d’une opposition de générations, d’époques. Si j’ai bien lu, il s’agit plutôt d’un roman d’initiation. Chacune des deux femmes apporte quelque chose à l’autre, de manière subtile. Comme si le rappel intelligent du passé et une projection intelligente dans l’avenir permettaient de mieux vivre, d’aborder sereinement la vie.

Je ne saurai trop recommander d’offrir ce livre aux personnes que leur âge désespère, je suis sûr qu’elles y trouveront un réconfort certain et, au moins, un grand plaisir de lecture.

Bonne lecture.

Nirvanah
Auteure : Yvonne Baby
Editeur : Maurice Nadaud

www.maurice-nadeau.net

Nirvanah
5.0Note Finale

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