
La couverture devrait plaire même si, en lisant la quatrième de couverture, on peut penser qu’elle n’a rien à voir avec l’ouvrage. Nous sommes dans un de ces romans intelligents qui tout en figeant des situations rendent compte d’une époque, d’un état d’esprit, qui vont bien au-delà du simple récit.
Nous sommes en 1929, au Canada, à bord du train le plus rapide du Nord de l’Amérique. Dans la section wagons-lits où travaillent les porteurs noirs chargés des services à la clientèle de riches blancs. Et nous suivons surtout les faits, gestes et pensées de R.T. Baxter qui a pour ambition d’ouvrir un cabinet dentaire. Il lui faut d’abord trouver une dizaine de dollars pour s’inscrire à l’école et il compte sur les pourboires. Mais il doit aussi ne pas obtenir de point de dé-mérite, ceux qui traduisent un mécontentement du client. L’auteure dresse deux galeries de portraits. Celle des voyageurs par le regard de Baxter qui leur donne des surnoms, celle des autres porteurs et de leur chef avec leurs manies et leurs tics. Baxter commente ce qu’il vit et voit avec des références familiales, des souvenirs, des désirs. Puis il trouve une carte postale pliée en quatre qui montre deux hommes se caressant… Les mœurs punissent de prison les relations homosexuelles. Baxter garde la carte sur lui. Il apprivoise une petite fille dont la mère vient de mourir et lui parle science-fiction… Elle lui chipe la carte et sa grand-mère la trouve. Le train est immobilisé par un glissement de terrain et c’est avec retard qu’il arrive à bon port.
Je vous laisse découvrir la chute. Attention ! Ce livre peut laisser des envies de réflexions et d’analyses.
Citation qui est déjà une citation (voir page 289) : « Baxter, le cœur ne sera jamais contrôlable tant qu’il ne sera pas incassable. ».
Bonne lecture.
Le porteur du train de nuit
Auteure : Suzette Mayr
Editeur : Philippe Rey
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