A la recherche du temps perdu, volume 5

A la recherche du temps perdu, volume 5

Ne niez pas, je vous ai entendus râler : « Comment, encore du Proust ! Ce type qui fait des phrases longues comme des jours sans pain… ». C’est sans doute quelqu’un qui ne l’a jamais lu qui est à l’origine de cet argument pour justifier un refus de lire. Je ne veux pas dire que les phrases de Proust sont courtes. Je veux dire, et ces quatre CD en sont la preuve, qu’il est facile à lire.

Je suppose que vous savez que, comme Louis Jouvet, Marcel Proust souffrait d’asthme et l’on peut penser que ses phrases pouvaient subir cette maladie. Si vous écoutez Daniel Mesguich, vous constaterez que son débit, son rythme ne souffrent ni d’une longueur/lenteur excessive, ni d’être intempestivement hachés. Ce que l’on entend là c’est le sens, ce que Proust veux dire.

Dans ce volume 5 sont réunis La prisonnière et La fugitive. Le choix et le découpage des passages lus est assuré par Paul Desalmand comme pour les quatre volumes précédents.

Pour ce qui me concerne – pardon d’encore parler de moi – j’ai abordé Proust sans savoir qu’il était homosexuel et j’avoue que le savoir n’a absolument pas modifié mon opinion sur son œuvre. Si par exemple vous remplacez Albertine par Albert et la prisonnière par le prisonnier, les sentiments, les réflexions sur la jalousie ne changent pas. ‘est là je crois une des grandes forces de Proust. Une autre se trouve à mon humble avis dans l’art avec lequel il trace les portraits des personnes.

Madame Verdurin est devenue comme Bouvard, Pécuchet ou Zazie un personnage « commun ». Écoutez-la par la voix de Daniel Mesguich vous mesurerez tout ce qu’elle a de commun.

On ne saurait trop recommander un usage « scolaire » de ce genre de production, surtout si vous devez traiter rapidement Proust.

Bonne écoute.

A la recherche du temps perdu, volume 5
Lu par Daniel Mesguich
Editeur : Frémeaux & Associés

www.fremeaux.com

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