
Il est, selon moi, toujours intimidant de chroniquer un titre qui ouvre une nouvelle collection. Je veux dire par là que l’on n’a pas ‘le droit’ de casser l’entreprise… Surtout si l’œuvre trouve ensuite ses lecteurs. Il s’agit, comme son nom l’indique en renvoyant au fleuve des Enfers, d’une collection d’Horreur. J’imagine votre recul devant le sang et les viscères, rassurez-vous ! C’est ici beaucoup plus subtil et bien plus horrifiant.
Imaginez une petite région d’Amérique du Sud sous la domination d’un tyran tortionnaire qui a fait massacrer et torturer la population… Imaginez un poète renommé et qui semble sans âge, rescapé de ce pays qui rencontre une jeune enseignante elle aussi rescapée. Lui a commencé à traduire un texte écrit en latin qui traite de tortures, elle prendra le relais de la traduction lorsqu’il décidera de retourner dans leur pays.
Il est par endroits bien question de violences faites au corps, mais ce n’est pas l’essentiel. Ce qui compte c’est la violence faite à l’humain – corps et âme – et sa façon de résister. Et bien sûr on notera l’importance de l’écoulement du temps et de ses trois composantes : l’oubli, le présent, l’avenir. Attention ! Le roman est difficile à lâcher, comme si l’auteur cherchait à nous maintenir en conscience…
Un bon cadeau pour ado…
Bonne lecture.
La mer se rêve en ciel
Auteur : John Hornor Jacobs
Editeur : Fleuve
Collection : Styx
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