Alger sans moi

Regardez bien l’illustration de couverture et sa perspective gauchie… Maintenant entrez dans le livre. Nous sommes en Algérie vers la fin de « la guerre » – je mets des guillemets parce qu’il a fallu un certain temps aux Français pour reconnaître officiellement que ces troubles et ces événements en étaient une. Le Docteur David Levy a, comme on dit, mis sa femme Lucie et son fils Michael dans l’avion qui les conduit en France, à Nice. Il se retrouve seul à empaqueter, emballer ce qu’il veut emporter : une partie de son histoire de famille. On notera à ce propos bon nombre de notes de bas de page dont certaines renvoient à Alger mais la plupart traduisent des expressions d’origine juive, elles ont le grave défaut de casser le rythme de lecture, pourquoi ne pas les avoir regroupées in fine ? En faisant ses paquets et une prière, David croque et avale une mouche et les choses vont se gâter.

Alger, un Docteur… cela ne vous rappelle rien ? Vraiment ? Albert Camus : La peste. La mouche avalée et le rapport de David à son Dieu modifient la réalité du Docteur et l’on peut d’une certaine façon se retrouver dans un autre roman d’Albert Camus. Oui ! c’est cela, l’Étranger (le lynchage de Karim Daoud).

Ce roman me pose au moins deux questions. La première est celle du « héros » – ici négatif – juif, à qui s’adresse-t-il… ? La deuxième est : Pourquoi ce roman aujourd’hui ? Il me semble que la meilleure façon de trouver ou d’approcher une ou des réponses est de lire le livre.

Alors, bonne lecture.

Alger sans moi
Auteur : Jean-Louis Yaïch
Editeur : Maurice Nadeau

www.maurice-nadeau.net

Alger sans moi
3.0Note Finale

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