
On notera tout de suite que faisant lointaine suite à L’immeuble d’en face concocté en son temps par J.-P. Andrevon et Ph. Cousin, l’urbanisme et la démographie pourraient lui adjoindre un autre à côté et un de derrière, ce qui ferait un beau carré.
C’est le genre de recueil et de nouvelles que j’affectionne. Celui qui réveille vos papilles gustatives littéraires en glissant des allusions plus ou moins voilées à ce que vous aimez ou détestez qui vous illuminent d’un sourire discret ou vous laissent de marbre car vous avez oublié Boris Vian ou Douglas Adams, par exemples. Imaginez un concierge (Yves Letort) s’étant approprié les combles pour ses expériences personnelles et y remisant un alpiniste perdu (Le mur du 4ème gauche de Pierre Charmoz), une grande partie de la Grande Armée en déroute à la Bérézina (Il neigeait – 4ème droite – Philippe Cousin). Au 3ème gauche : La chambre des feuilles où écrit Léo Kennel ; à droite : Monsieur Edmond – Appartement 6 – de Jules Pétrichor. Au deuxième gauche un écrivain un peu dissident de passage Au bout des terres de Roland Goeller, à droite Un vulgaire voisin présenté par Benjamin Desmares. Au premier gauche : Qu’est-ce qu’on rigole ! de Didier Pemerle où tout est rationné… Enfin à droite : un individu trop serviable (A votre service ! de Jean-Pierre Andrevon). On laissera le rez-de-chaussée au concierge qui est bien sûr omnipotent et profite des escaliers pour se raconter.
L’ensemble est de haute tenue. Mais j’avoue un grand faible pour quatre textes : Il neigeait et son côté slapstick dans lequel Boris Vian parle d’amour, Au bout des terres et son petit côté Marcel Aymé, traversée de Paris, Un vulgaire voisin pour son/l’amour des chats, Qu’est-ce qu’on rigole ! pour les trouvailles de son système D.
Idéal pour les transports en commun et la grisaille urbaine.
Bonne lecture.
L’immeuble d’à côté
Recueil composé par Yves Letort
Editeur : Flatland
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