Je me permettrai de trouver l’illustration de couverture bien mièvre. J’ai aussi longtemps réfléchi au titre français choisi. Il n’est pas faux, mais il me semble qu’il y manque ce qui fait le charme du titre anglais : What I Talk About When I Talk About Running – je vous laisse traduire. C’est vrai, il parle de lui comme s’il s’observait, comme si son parcours de ‘coureur’ s’étirait dans un paysage qui serait lui. Il se regarde être, il dit ce qu’il fait. Il énonce le nombre de pages, l’achat des ramettes de papier comme les distances parcourues. Il parle des personnes croisées, retrouvées comme des rapports avec ses éditeurs. Il aborde les difficultés à écrire comme celles de certains parcours… Mais il traite peu de ce qu’il écrit. S’il se souvient de l’instant précis où il décida d’écrire un roman et résume l’accord avec son épouse, il ne dit rien du contenu de l’œuvre. Comme si la décision d’écrire ou de courir était plus importante que la course ou l’écriture, et se glorifie de parvenir à faire ce qu’il a décidé. Comme si courir et écrire n’étaient qu’une question de volonté. Est-ce que l’auteur se limite à cette volonté, cette endurance, ce désir de vaincre l’obstacle que l’on s’est choisi ? Quant à savoir ce qu’il écrit quand il n’est pas coureur de fond, le mieux est sans doute de le lire. Comme s’il y avait deux hommes bien dissociés dans leurs actions : le coureur de fond et l’écrivain. Il me semble en tout cas que ce petit livre devrait inciter ses lecteurs à lire d’autres œuvres du coureur de fond. 

Bonnes lectures.

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond
Auteur : Haruki Murakami
Editeur : Belfond

www.belfond.fr

Autoportrait de l'auteur en coureur de fond
4.0Note Finale

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