Avec en sous-titre ‘et autres écrits féministes’. Le portrait féminin de trois quarts qui illustre la couverture me semble rendre parfaitement compte du court texte qui donne son titre au recueil. Et cela me gêne un peu, comme si l’adéquation texte-image gommait légèrement la force du texte. La luminosité, la lucidité, la finesse de ce texte qui décrit la vie d’une femme ayant vécu jusqu’aux années 70 transcendent ce vécu et prouvent si besoin était qu’il est possible – au moins par l’écriture – d’échapper à ‘cette’ condition-femme. On peut penser que la lecture aide à prendre conscience de ce que la/les sociétés nous imposent.

Ce qui fait aussi la force de ce recueil c’est son insidieuse ‘douceur’. L’autrice n’est aucunement virulente ou agressive, elle montre, présente, questionne et nous laisse tirer nos conclusions ; ainsi avec « Monsieur, que pensez-vous du vote des femmes ? » ou « Écriture féminine et écriture masculine » en exacerbant certains clivages elle dénonce sans attaquer, sans mordre.

Et donc se pose une question : les combats féministes pour échapper aux violences qui leur sont faites sont d’autant plus nécessaires face aux atteintes au droit à l’IVG et à la culture du viol… mais quel combat mener ? Je me permettrai de penser qu’aucune action n’est négligeable mais que c’est surtout du côté de l’ouverture d’esprit qu’il faut lutter en finesse (du côté des petites filles ou des mamans et grands-mamans ?). 

Citation : « Et il nous semble percevoir l’incessant, le long, le sourd bruissement de nos divers tâcheronnats, et surtout, immémorial, le chant secret de notre énergie à vivre dont les vibrations enveloppent la terre entière d’un réseau léger, bienfaisant, de chaude communion féminine et humaine. ».

Bonne lecture.

Feu couvert
Auteure : Alice Rivaz
Editeur : Zoé
Collection : Poche

www.editionszoe.ch

Feu couvert
5.0Note Finale

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