Prenez le temps de retirer le bandeau qui orne la couverture bleue de ce livre et placez-le déplié à plat devant vous. Vous devriez apprécier la façon dont le tableau, célèbre, d’Edward Hopper est mis en valeur. Il s’agit du premier roman d’un écrivain né en 1991. Le narrateur y raconte une traversée des USA entre la fin des années 40 et le début des années 60. Sa maison familiale a brûlé, peut-être par sa faute, et le voilà orphelin et coupable qui s’embarque dans une quête de soi et de liberté. Entre poésie et musique il va découvrir les luttes sociales, les mutations de cette Amérique qui vante l’American way of life, celle qui n’apparaît pas ou presque dans les chansons de Woody Guthrie (celui qui avait inscrit sur sa guitare ‘Cette machine tue les fascistes’) mais s’y révèle par contraste. Les deux noms* qui vous sont venus à l’esprit en lisant ce qui précède sont sans doute ceux auprès desquels l’auteur a trouvé l’inspiration. Le choix des musiques à écouter en lisant est facile mais n’oubliez ni Colette Magny ni David McNeil.

Conseils de lecture : trouvez le temps de lire d’une traite, et laissez-vous porter par le texte sans vous effrayer de quelques phrases aux tournures tordues, de répétitions d’insistance ou d’un style elliptique. Vous verrez progressivement s’établir un portrait intéressant de l’Amérique. Et surtout ne vous étonnez pas de ce qu’un jeune écrivain parle de ce qu’il n’a pas vécu. On ne parle jamais aussi bien de soi ou de ce que l’on a vécu que lorsqu’on imagine, extrapole à partir de ce que l’on sait, voire de ce que l’on croit. Enfin dernier point : glissez ce roman sur le passage d’un ou d’une ado, qui lit… Il m’étonnerait que vous n’ayez pas de retour.

Bonne lecture.

* Rimbaud, Kerouac, Dylan, Ginsberg, Baldwin; liste non exhaustive.

L’ardeur
Auteur : Antoine Girault
Editeur : Rivages

www.payot-rivages.net

L'ardeur
4.0Note Finale

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