Connu et réputé pour son multijoueur populaire sur Switch, la franchise Splatoon fait ses premiers pas sur Switch 2 avec une proposition pour le moins surprenante : une aventure exclusivement solo (avec de la coop à 4 disponible). Pas de PvP, pas de matchs en ligne : Nintendo change complètement la formule avec Splatoon Raiders. Plus proche du looter-shooter orienté action que du Splatoon traditionnel, ce spin-off est une étonnante bonne surprise qu’on n’avait peut-être pas vue venir.


En regardant un peu l’historique de la série, on réalise que Splatoon fête ses onze ans en 2026. Après trois épisodes principalement centrés sur le multijoueur, avec des campagnes solos toujours très sympathiques mais clairement secondaires, Raiders prend donc une direction différente. Et autant le dire immédiatement : ce n’est pas Splatoon 4. Le multijoueur PvP de la série reste pour l’instant du côté de Splatoon 3.

Raiders ressemble davantage à une extension ambitieuse de l’univers qu’à une suite classique. Le jeu reprend notamment certaines idées de Salmon Run, avec ses vagues d’ennemis et son orientation très action, mais développe cette formule pour en faire une véritable aventure PvE avec progression, loot, équipement et amélioration du personnage.

Et c’est justement là que Raiders devient intéressant.

Une nouvelle aventure dans l’univers de Splatoon

L’aventure nous plonge au cœur de l’univers de Splatoon, loin de la ville de Cité-Clabousse. Pasquale, Angie, Raimi et le Mécano, le personnage que l’on incarne, partent en hélicoptère pour une chasse au trésor. Après un mystérieux incident, nos héros se retrouvent pris dans une tempête. L’hélicoptère est détruit et s’échoue sur une plateforme flottante dans l’océan au milieu des îles inconnues de Spirhalite. Pris au piège par un brouillard empêchant tout secours d’arriver.

Le plan est simple : trouver un moyen de repartir et dissiper l’épais brouillard provoqué par la tempête. Pour y parvenir, il faut explorer ces territoires inconnus, récupérer des pièces et des trésors, affronter de nouvelles menaces salmonoïdes et découvrir les secrets derrière cet étrange phénomène qui bouleverse le monde.

Le Mécano est le personnage « principal » que l’on incarne. C’est un Inkling personnalisable volontairement neutre, dont on peut modifier la coupe de cheveux, les vêtements et différents éléments de l’apparence. Il n’a pas réellement de personnalité propre, ce qui permet surtout au joueur de se projeter dans le personnage. En revanche, cela signifie aussi qu’il est nettement moins mémorable que les trois membres des Tridenfer qui l’accompagnent.

Littéralement jeté depuis la plateforme vers les différentes îles avec le Buddy Bot, un robot scaphandre permettant à Pasquale, Angie ou Raimi de nous accompagner, le Mécano atterrit en terrain hostile, rempli de Salmonoïdes. Le principe est alors simple : atteindre le trésor au bout du raid, éliminer les ennemis sur son passage et récupérer suffisamment de ressources pour devenir plus puissant.

Et c’est là que Splatoon Raiders change complètement de dimension.

Splatoon façon looter-shooter

Raiders est un looter-shooter orienté action et entièrement PvE. Le principe est de partir en raid, seul ou avec des amis en coop, sur les nombreuses îles de Spirhalite, d’y affronter des hordes de Salmonoïdes, de récupérer du butin et de revenir à la base pour améliorer son équipement.

Splatoon Raiders reste un jeu à la troisième personne. L’encre est évidemment au cœur du gameplay. Elle sert à attaquer, à se défendre, mais aussi à se déplacer rapidement et à atteindre certaines plateformes. En forme de calamar, on peut nager dans sa propre encre, recharger son réservoir et grimper sur certaines surfaces.

La formule reste la même et fonctionne parce que Splatoon ne perd jamais complètement son identité malgré ce changement de genre. On retrouve immédiatement les sensations de la série : peindre le terrain, plonger dans l’encre, ressortir pour attaquer et jongler constamment entre déplacement et combat.

Les îles sont remplies d’ennemis variés, petits et moyens, souvent en grand nombre, mais également de mini-boss et de rencontres plus importantes. L’ensemble rappelle fortement Salmon Run, mais avec une structure beaucoup plus développée et surtout une vraie progression individuelle.

Le jeu repose finalement sur une boucle très classique mais efficace : raid, combat, trésor, amélioration, raid plus difficile, combat plus intense, meilleur loot, meilleur équipement, et on recommence.

Cette boucle fonctionne particulièrement bien grâce au système d’équipement en évolution constante.

Des armes et des gadgets qui changent réellement le gameplay

On retrouve les grandes familles d’armes de la série : pistolets, rouleaux, snipers, sulfateuses, parapluies, sauts et autres armes emblématiques de Splatoon. Mais Raiders ajoute une véritable dimension de progression à cet arsenal.

On récupère régulièrement de nouvelles armes, des matériaux et différents objets qui permettent de fabriquer et d’améliorer son équipement. Plus on progresse, plus on débloque des possibilités et plus le Mécano devient puissant.

Les réservoirs d’encre jouent également un rôle important. Trois modèles sont disponibles, chacun étant davantage orienté vers la vitesse, la puissance ou un style plus tactique. Leur intérêt ne se limite pas à leurs caractéristiques de base : ils déterminent également les gadgets que l’on peut leur installer.

Au début, on dispose d’un seul emplacement, puis de deux et enfin de trois. Les gadgets peuvent ensuite être améliorés avec différents composants : vitesse de rechargement, augmentation de la zone d’effet, dégâts supplémentaires, réduction des dégâts reçus, coups supplémentaires, durée augmentée, attaque verticale, etc.

Il existe des dizaines de possibilités et de combinaisons, mais chacune possède un coût. Il faut donc composer son équipement sans dépasser la capacité maximale de son réservoir.

C’est ici que le système de progression devient vraiment intéressant. On ne cherche plus simplement à obtenir « une meilleure arme » : on cherche à construire un équipement cohérent avec sa façon de jouer.

En cas de danger imminent, on peut également déclencher l’attaque spéciale du héros qui nous accompagne. Ces attaques sont particulièrement puissantes et peuvent parfois retourner complètement une situation mal engagée.

Le niveau de cette attaque évolue également en fonction du lien développé avec les différents personnages. Cela donne une raison supplémentaire de s’intéresser aux relations avec Pasquale, Angie et Raimi au-delà de leur simple rôle dans l’histoire.

Une progression qui pousse au farming

Le niveau du Mécano détermine directement les activités que l’on peut raisonnablement tenter. Il reste toujours possible d’affronter des niveaux légèrement supérieurs à son niveau actuel, mais les écarts deviennent rapidement difficiles à compenser.

Lorsque les ennemis commencent à devenir des sacs à pv et à absorber trop de dégâts, il faut retourner dans les zones précédentes. C’est le farming qui s’impose. Récupérer de meilleures armes, accumuler des points de compétence et améliorer différents attributs : points de vie, puissance de l’arme principale, puissance des gadgets ou encore augmenter la limite de composants disponibles.

Ce système apporte une vraie sensation de progression. Un niveau qui semblait impossible quelques heures plus tôt peut devenir beaucoup plus abordable après quelques améliorations et une arme plus adaptée.

Pour les amateurs de progression et de builds, c’est plutôt satisfaisant. Pour les joueurs qui souhaitent simplement avancer dans la campagne sans refaire plusieurs fois les mêmes activités, cela peut en revanche devenir un peu plus laborieux. Jouer en mode tourisme règle le problème.

Des activités nombreuses, mais une formule parfois répétitive

La campagne propose de nombreux niveaux et des environnements suffisamment variés pour maintenir l’intérêt. Chaque île possède sa propre identité, même si la structure générale des missions reste assez proche.

On trouve d’abord les raids, qui constituent les missions classiques et servent notamment à récupérer des trésors. Plus longues et intéressantes les raids sont plus immersifs et mieux construits que les autres activités.

Viennent ensuite les repaires, des missions rapides et chronométrées dans lesquelles il faut être efficace pour récupérer les gemmes de Spirhalite. Leur durée réduite apporte un rythme différent aux sessions de jeu et permet également de tester son équipement. Bien bourrin et toujours différent avec des configurations d’environnements et d’ennemis originaux.

Les sites de dégustation sont probablement parmi les activités les plus intéressantes. Ils remplissent deux fonctions. Premièrement, les réussir permet de gagner un point de compétence supplémentaire. Deuxièmement, ils servent de petits tutoriels permettant de tester les différentes armes et les gadgets dans des situations particulières.

Ces épreuves sont très variées, souvent courtes, originales et bien pensées. Ce sont des petits défis qui rappellent un peu les shrines de Breath of the Wild. Pour les débloquer, il faut d’abord trouver des boussoles dans les raids consacrés aux trésors, puis les déchiffrer afin de localiser précisément les sites.

On trouve également les raids à éclats de Spirhalite. Ces cristaux servent de monnaie et permettent notamment de libérer des zones occupées par les Salmonoïdes. C’est l’activité idéale pour récupérer rapidement des ressources, améliorer ses réservoirs, augmenter les liens avec les trois héros ou simplement accumuler de nouvelles armes.

Ces zones ont également l’avantage de se réactiver avec le temps. Les ennemis y sont nombreux mais généralement faciles à éliminer, ce qui en fait des endroits particulièrement efficaces pour farmer.

Enfin, les ruines servent de points de passage importants dans la progression de la carte. Elles sont composées de trois sous-sols à traverser avec un mini-boss à la fin. Chaque étage est limité dans le temps et c’est souvent cette contrainte qui constitue la véritable difficulté. Les ennemis ne sont pas nécessairement le problème : il faut surtout être suffisamment rapide et disposer d’un équipement adapté et assez puissant.

On trouve aussi une borne d’arcade avec des petits jeux 2D tout en pixels.

Et puis viennent les temples, qui abritent les plus gros boss du jeu.

Des boss qui passent à la vitesse supérieure

Les affrontements contre les boss sont clairement parmi les meilleurs moments de Raiders. Ils sont gigantesques, disposent souvent de plusieurs phases et proposent différentes attaques qui obligent à surveiller sa position, sa vie et ses réserves d’encre. Ils sont longs à battre. Pas forcément difficile, mais suffisamment long pour donner l’impression de challenge et d’épreuve importante.

Le jeu demande ici davantage que de simplement tirer sur tout ce qui bouge. Il faut comprendre les attaques du boss, trouver les ouvertures et gérer ses ressources d’encre.

Il n’y en a malheureusement pas assez dans le jeu.

Une campagne généreuse

Splatoon Raiders ne manque clairement pas de contenu. Entre les raids, les sites de dégustation, les zones d’éclats, les ruines et les boss, la campagne propose plus de cinquante niveaux. La plupart peuvent en plus être rejouées dans des niveaux de difficulté supérieurs.

À cela s’ajoute le Buffet sans fond, qui propose 100 étages de défis et réserve quelques surprises aux joueurs souhaitant prolonger l’expérience.

La campagne principale demande environ quinze heures pour être parcourue, ce qui constitue déjà une durée très correcte pour un jeu de ce type. Et surtout, le contenu disponible après la campagne permet de tripler la durée de vie et de continuer à améliorer son équipement et à relever des défis plus difficiles.

C’est probablement l’une des bonnes surprises du jeu : Raiders n’est pas simplement une petite aventure solo destinée à faire patienter avant le prochain épisode multijoueur. Nintendo a réellement construit une boucle de progression capable de tenir sur la durée et un jeu à part entière.

Une difficulté accessible mais modulable

Trois modes de difficulté sont proposés : Tourisme, Aventure et Survie.Les noms sont plutôt bien choisis et correspondent assez bien à l’expérience proposée.

Le mode Tourisme est particulièrement accessible et conviendra aux joueurs qui veulent avant tout découvrir l’aventure sans trop se soucier de l’optimisation. Aventure propose une difficulté plus équilibrée, avec quelques passages qui demanderont de renforcer son équipement avant de poursuivre. Enfin, le mode Survie s’adresse davantage aux joueurs à la recherche d’un véritable challenge. Les ennemis sont plus exigeants et la progression oblige davantage à optimiser son équipement et à farmer.

Cette approche fonctionne bien parce qu’elle évite d’imposer une seule manière de jouer. Les joueurs qui veulent simplement profiter de l’univers peuvent avancer tranquillement, tandis que ceux qui apprécient la recherche du meilleur équipement disposent d’un terrain de jeu beaucoup plus exigeant.

Un Multi coopératif

S’il n’y a pas de mode multiplayer PvP, Spaltoon Raiders offre tout de même la possibilité de jouer à plusieurs à la campagne.

Bonne nouvelle Raiders donne la possibilité de jouer jusqu’à 4 joueurs dans l’entièreté du jeu. Disponible en mode local ou online, Splatoon Raiders est tellement plus fun à plusieurs. Alors uniquement avec des amis, pas de randoms. Bon certaines missions ne sont pas vraiment prévues pour les jouer à plusieurs comme les sites de dégustation, mais ça fonctionne quand même. Pour les raids, c’est juste excellent. Comme si le jeu était fait pour la coop. C’est très fun. La progression est aussi partagée avec tous les joueurs de la session en plus. Pas besoin de refaire ce que l’on a fait chez un copain ensuite de son côté.

Il existe aussi un système d’entre-aide pour le jeu. En effet les joueurs en difficultés peuvent demander de l’aide à la communauté de joueurs qui peuvent rejoindre votre partie et aider. C’est plutôt une bonne idée. Les helpers peuvent se mettre dans une liste d’attente. Lorsqu’un match se fait, il est connecté et fait la missions avec le joueur en difficulté. C’est super malin. Maintenant, il faut avoir de la chance de trouver un bon samaritain à l’affut et disponible. Pour le moment, c’est très pratique et ça fonctionne bien. Mais, avec le temps, c’est le genre de service qui se fera sans doute de plus en plus rare.

Mais vraiment, Nintendo a trouvé une formule de multiplayer utile et vraiment fun. La coop est vraiment cool et le mode entre-aide est tellement bien pensé.

Une direction artistique toujours aussi efficace

Visuellement, Splatoon Raiders reste parfaitement cohérent avec l’identité de la série. Nintendo n’a pas cherché à réinventer le style graphique de Splatoon 1, 2 et 3 et c’est probablement une bonne chose.

On retrouve les Inklings, ces êtres mi-humains mi-calamars capables de se déplacer dans leur propre encre tout en restant vulnérables à celle de leurs adversaires.

La peinture reste donc omniprésente et continue de jouer un rôle essentiel dans le gameplay. Même avec sa nouvelle structure de looter-shooter, Raiders ne donne jamais l’impression d’avoir abandonné ce qui fait l’identité de Splatoon. C’est justement l’un des points forts du jeu : derrière cette nouvelle formule, on reconnaît immédiatement l’univers de la série.

On peut regretter un peu le ton souvent terne des environnements, mais il est là pour contraster avec les ennemis et la peinture vive du mécano qui recouvre les décors. C’est une question de lisibilité et qu’on est dans une tempête. Dans l’ensemble graphiquement c’est pas mal. C’est très ressemblant aux ancien Splatoon, mais en plus propre que sur Switch 1. Pour le reste, c’est un peu basique et vide, même si ça passe. Ça tourne très bien.    

Verdict

Splatoon Raiders est une expérience assez différente de ce que l’on pouvait attendre de la franchise. Et c’est précisément ce qui fait sa force.

Ce n’est pas encore Splatoon 4. Il n’y a pas de multijoueur compétitif et ceux qui attendaient le prochain grand épisode PvP devront donc continuer à jouer à Splatoon 3 pour le moment.

Mais pris pour ce qu’il est, Raiders fonctionne étonnamment bien et même très bien. Sa formule aventure uniquement (seul ou en coop) est addictive et plaisante à jouer de bout en bout.

Son mélange entre les mécaniques traditionnelles de Splatoon et une boucle de looter-shooter apporte une vraie fraîcheur à la franchise. Les combats sont efficaces. Il y a beaucoup d’actions. Les ennemis sont variés et demandent des approches différentes. Le système d’équipement est suffisamment riche pour donner envie d’expérimenter, la progression procure une vraie sensation de puissance et le contenu est suffisamment généreux pour occuper de nombreuses heures.

Tout n’est pas parfait. La structure de certaines activités finit par devenir répétitive et le farming nécessaire pour franchir certains paliers pourra rebuter les joueurs les moins intéressés par l’optimisation. Le Mécano, très neutre, manque également un peu de personnalité et l’histoire n’est pas folle dingue non plus. Mais ces défauts ne suffisent pas à gâcher l’expérience.

Splatoon Raiders est surtout une excellente surprise pour les joueurs qui recherchent une aventure solo ou en coop sur Switch 2. En prenant le risque de transformer sa formule et de laisser temporairement le multijoueur PvP de côté, Nintendo propose finalement un spin-off qui possède suffisamment d’idées propres pour ne pas donner l’impression d’être un simple produit dérivé. Raiders a la meilleure aventure en campagne de la série. De plus, le jeu est jouable en coopération jusqu’à 4 en local ou online pour profiter de l’aventure de manière seamless avec ses copains. Et un mode entre-aides permet d’aider ou de se faire aider. C’est génial. Ça rend le jeu hyper accessible.

Si vous cherchez une aventure généreuse, fun, accessible et bourrée de loot dans l’univers de Splatoon, Raiders mérite clairement votre attention.

Les plus:

  • Un gameplay super fun et addictif
  • Un mélange réussi entre Splatoon et looter-shooter
  • Une bonne variété d’activités
  • L’action souvent bien frénétique
  • En évolution constante du personnage
  • Un système d’équipement riche (gadgets, armes, composants) pour différent builds
  • Le mode coop seamless local et online jusqu’à 4 joueurs
  • Le mode entre-aide bien pensé
  • Une difficulté bien dosée
  • Un contenu généreux
  • Un end-game conséquent
  • Excellent potentiel de rejouabilité

 Les moins:

  • Pas de multiplayer PvP
  • Graphiquement joli mais un peu vide quand même
  • Une structure de missions parfois répétitive
  • Impressions souvent d’avoir un jeu de type plus arcade que d’aventure
  • Le jeu peut manquer de profondeur narrative


Éditeur: Nintendo
Développeur: Nintendo EPD
Plateformes: Nintendo Switch 2
Date de sortie: 23.07.2026
Genre:  Action / Looter-Shooter

Splatoon Raiders
4.5Note Finale

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