
D’abord noter le ‘des’ qui remplace le ‘de’ habituel… Ensuite ramener sur le devant le rabat de couverture et noter qu’il s’agit de la même personne que celle en couverture. Enfin se souvenir peut-être d’avoir lu les deux premiers Claudine de Madame Colette.
Il s’agit de trois/quatre ans de la vie d’une jeune fille racontés par celle qu’elle est devenue. Nous sommes dans un temps où la morale interdit aux garçons et aux filles de fréquenter les mêmes lieux d’éducation, sauf circonstances particulières. La mère de Noëlle est infirmière, le père est enseignant. Elle a bénéficié d’une éducation en confiance et proche de la nature. Elle se retrouve contrainte à être pensionnaire. Et à découvrir l’injustice, les humiliations inutiles, les surveillantes ‘gratuitement’ méchantes, les professeurs plus imbus d’eux-mêmes que porteurs de savoirs qui jouent déjà les harceleurs. Et la camaraderie, l’amitié, le désir, la tendresse, la sororité. C’est à mon sens très réaliste, limite au bord d’une certaine provocation et l’on se dit qu’il faut l’offrir aux jeunes filles. Je pencherai plutôt pour ma part pour l’offrir aux mères qui se désolent du comportement de leur fille – on appréciera ici la connivence entre Noëlle et sa mère, et la finesse de cette dernière. Pourquoi aux mères ? Parce qu’elles ont oublié leur propre comportement … leur propre rébellion contre ce qui leur semblait le comble de l’injustice. Je sais bien que les choses ont changé mais les comportements des prédateurs, le désir sont restés, ils se sont adaptés…
Citation : « J’étais heureuse pour elle, oui, mais également malade d’envie. Un garçon… Dans un cinéma… L’obscurité… Les mains qui se cherchent… Les genoux qui se frôlent… Peut-être un baiser égaré dans cou… J’en tremblais de convoitise. ».
Bonne lecture lente.
À l’école des filles
Auteure : Noëlle Châtelet
Editeur : Robert Laffont
Collection : Pavillons
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