Stadia, le futur du gaming? La console en cloud gaming de Google 100% numérique débarque enfin chez-nous. Google nous a permis de tester son système quelques jours avant la sortie officielle. Qualités, défauts, expériences ressenties et problèmes rencontrés. Voici ce à quoi il faut s’attendre sur Stadia de Google.

Le pari de Google avec Stadia est de s’affranchir des consoles physiques et proposer une console ou plutôt une plateforme dématérialisée pour du cloud gaming, du streaming de jeux-vidéos à distance.

On joue devant son écran à un jeu comme sur une console traditionnelle, mais en réalité le jeu tourne à des kilomètres sur un serveur Google et est retransmis hyper rapidement via internet sur l’écran. Sur Stadia, on joue à de gros jeux AAA, comme Assassin’s Creed ou Cyberpunk 2077, comme sur PS4 et Xbox One, avec un portable, un petit ordinateur pas puissant ou un dongle Chromecast. La puissance du streaming débarque en Suisse et Stadia ouvre la voie.

Un concept qui fait rêver

Sur le papier Stadia est une offre alléchante dû à sa simplicité d’utilisation. Avec un compte Google (Gmail), on accède à une bibliothèque de jeux-vidéo disponibles instantanément. Pas de d’installation, pas de place sur un disque dur, pas de mise à jour pénible ou pas de panne hardware. Après l’acquisition d’un jeu, on peut le lancer directement sans attendre. Niveau confort, c’est top. On joue et c’est tout. On change de jeu en 2 secondes.

Tout est online, ce qui signifie qu’on peut jouer de n’importe où sur pratiquement n’importe quoi dès lors que la connexion internet et Stadia le permettent. Tout, partout et tout de suite, c’est ça le rêve de Stadia.

Les rêves c’est bien joli, mais les contraintes réelles existent. La plateforme Stadia aussi prometteuse qu’elle soit, n’est pas parfaite encore.

Comment fonctionne Stadia

L’idée est assez simple à comprendre, mais la technique pour la mettre en place l’est beaucoup moins. Les jeux-vidéos sur Stadia fonctionnent sur des machines virtuelles sur des arrays de serveurs Google. Le joueur devant son navigateur web, son téléphone ou sa télévision via Chromecast reçoit le flux d’images en continue de son jeu via internet. Il envoie les inputs (les commandes) de son côté et Google Stadia les traite instantanément pour faire évoluer le jeu. Cela permet de jouer sans avoir à se soucier de la puissance de sa machine puisque tout le traitement est fait à distance.

Toute la question est de savoir si le système est assez bon pour être réactif le plus rapidement possible et éviter une latence qui serait préjudiciable au confort de jeu tout en gardant une qualité graphique impeccable. En gros, il faut que ça réponde du tac au tac et que l’image soit nette et pas compressée comme cela peut l’être sur Youtube ou Twitch.

Alors Stadia ça marche ou pas?

Avec ce concept plutôt novateur, on est en droit de se demander si ça marche correctement. Peut-on avoir une expérience identique ou proche d’une console de salon qui fait tourner ses jeux elle-même en local. La connexion internet est-elle assez rapide pour offrir un confort de jeu acceptable. Et la réponse est oui dans les grandes lignes. Tout n’est pas parfait, mais en gros, la base fonctionne bien, même très bien. On peut jouer de façon récréative sans problème.

En ce qui concerne la latence, c’est bluffant. Il y en a très peu, on ne la sent pas. Je dis très peu, car, évidemment, il y en a toujours un peu comme pour tout. Mais elle ne se ressent pas. On a l’impression que c’est instantané. J’ai testé plusieurs types de jeux et le confort de gameplay est là. Ça fonctionne parfaitement. Il n’y a pas de retard pénalisant dans la visée des FPS et quand on tire, ça tire. Dans les jeux de plateformes quand on presse le bouton pour sauter, ça saute, on ne tombe pas dans le trou.

Après, pour l’e-sport ce n’est sans doute pas adapté non plus. Mais pour jouer à un Tomb Raider (2018) ou un Destiny 2, c’est assez réactif pour ne pas être pénaliser. En compétitif, c’est acceptable pour 95% des gens qui en feront de manière récréative pour s’amuser. Même jouer à PUBG fonctionne plutôt bien. Ou plutôt, tout aussi mal que sur les autres plateformes, sauf le PC. C’est aussi laid qu’ailleurs, et il y a moyen de faire Top 1.

Des à-coups sont parfois à signaler. La stabilité de la connexion internet est primordiale. Des chutes de bande-passante peuvent occasionner de micro freezes à l’écran voire une déconnexion avec le jeu. C’est plutôt rare, mais ça arrive. On peut relancer le jeu directement et reprendre au même endroit en quelques secondes. La résolution peut aussi changer si la connexion devient mauvaise. Stadia privilégie la qualité du flux continu plutôt que la qualité visuelle.

Et les graphismes dans tout ça?

Pour la qualité graphique, il va falloir séparer deux choses: le rendu visuel ressenti et le rendu du streaming. J’ai testé Stadia sur plusieurs types d’écrans et la résolution 1080p suffit largement pour les petits écrans de smartphone et les petits laptops genre Chromebook, Surface ou MacBook. C’est très joli, le rendu est propre et fluide. Avec une manette connectée, c’est top pour jouer un peu n’importe où en déplacement ou à la maison dans son lit. Avec Stadia, il n’y a plus besoin d’avoir une machine de guerre pour faire tourner les derniers jeux. Une bonne connexion internet suffit.

Après sur un grand écran 4K, le 1080p devient un peu limite. L’image est moins nette, c’est un peu plus fade et le résultat n’est pas toujours au top. Ça dépend aussi du type de jeu et du type de graphisme. Certains sont joli en 1080p, d’autres pas du tout. Si c’est pour jouer sur une TV 4K dans le salon, mieux vaut quand même opter pour un Chromecast Ultra avec abonnement Stadia Pro qui permet de jouer en résolution 4K. Mais attention, tous les jeux ne tournent pas obligatoirement en 4K.

Sur ordinateur via le navigateur web, Stadia fonctionne parfaitement sur un ordi. Il peut y avoir tout de même quelques soucis avec la 4K sur les ordinateurs moins récents. En effet, l’encodage utilisé pour Stadia en 4K est le h.264 et le VP9. Le codec VP9 doit être supporté par la carte graphique pour profiter de la 4K, sinon c’est du 1080 maximum, normalement. Il y a parfois moyen de forcer avec l’extension Stadia Extension sur Chrome, mais ça ne fonctionne pas toujours. Donc oui, il n’y a pas besoin d’un ordinateur de guerre pour faire tourner Stadia en 4K, mais il faut un ordinateur pas trop vieux non plus…et un abonnement Stadia Pro. Pour savoir si votre carte graphique support le VP9, il suffit de taper chrome://gpu dans la barre du navigateur et chercher video decoding et voir si VP9 est là.

Sur Stadia, il faut s’attendre pour le moment à des performances équivalentes à ce que l’on retrouve sur PS4 pro et Xbox One X, en gros. Même chargement, même type de graphismes, etc. Cela dépendra aussi beaucoup de la connexion et de la résolution des jeux. Il peut y avoir aussi une image un peu plus fade et moins nette de temps à autre. De minuscules macroblocs sont aussi possible, mais je n’ai pas vu personnellement, même en cherchant. Ils proviennent d’habitude de la compression et au codec, Mais Stadia à l’air de faire du bon travail à ce niveau-là. Pour dire que c’est du streaming et que cela ne peut aller quand s’améliorant, c’est déjà impressionnant.

La stabilité de la 4K sur Stadia

J’ai rencontré pas mal de problèmes à avoir mes jeux en 4K sur Stadia sur navigateur web. Alors il faut déjà savoir que tous les jeux sur Stadia ne tournent pas en 4K. Pour vérifier la résolution et le framerate d’un jeu pour Stadia, je vous conseille de vous rendre sur Stadiagamedb.com. Il est donc normal d’avoir des jeux en 1080p maximum. Par contre, des jeux estampillés clairement 4K qui tourne en 1080, c’est plus dérangeant. Par exemple Mortal Kombat 11 devrait être en 4K60, mais je n’arrive pas à monter plus haut que 1080p. Assassin’s Creed Valhalla lui tourne sans problème en 4K sur la même machine. Tomb Raider (2018) se lance en 4K, comme Assassin, mais Shadow of the Tomb Raider est bloqué en 1080p. Ce que j’ai pu observer grâce à Stadia extension, c’est que les jeux qui devraient monter en 4K, mais qui ne le font pas, sont streamés généralement avec le codec h.264 et non pas VP9 (nécessaire pour la 4K selon la faq). Le problème ne sera que temporaire je l’espère. C’est peut-être parce qu’on est en preview et tout n’est pas encore à 100%. Ça vient peut-être, et même sans doute, de chez-moi, mais dans tous les cas, c’est assez agaçant de ne pas avoir la qualité optimale et chercher des solutions alors que cela devrait marcher sans avoir à bidouiller. Surtout lorsque que ça marche pour certains titres mais pas pour d’autres. Cette instabilité et variation de qualité d’image pour la 4K est pour ma part ma plus grosse déception sur Stadia. Cela ne me donne pas trop envie de continuer mon abonnement pro après ma période d’essai gratuit si je ne profite pas pleinement de la 4K. L’abonnement gratuit en 1080p suffira.

Stadia sur smartphones et tablettes

Stadia est jouable sur téléphone Android et iOS. Avoir des jeux de qualité console de salon sur son téléphone est plutôt saisissant.

Via l’app Stadia, on accède en 2 secondes à toute notre librairie Stadia. Ça fonction super bien en wifi, mais ça fonctionne aussi avec la 4G et la future 5G. Mieux vaut avoir une bonne couverture réseau pour jouer avec la 4G par contre. Et attention à votre plan de donné, car Stadia est vite gourmand en bande passante: jusqu’à 20Go/h en 4K, 12.6Go/h en 1080 et 4.5Go/h en 720p.

Sur téléphone, on peut connecter une manette Stadia ou une manette Dual Shock 4 ou des manette Xbox One ou 360. Pour dépanner en cas d’oubli ou pour certain jeu, Stadia a aussi une interface tactile sur l’écran. Il y a toutes les fonctions et ça marche très bien. Mais ce n’est pas ce qu’il a de plus confortable. Certains joueurs sont habitués. Pour faire une démo à quelqu’un c’est top.

Sur Chromecast il faut un controller Stadia. Sur PC, un controller ou le combo clavier/souris fonctionne très bien.

Stadia et ses fonctionnalités

Stadia permet de jouer en ligne sans abonnement supplémentaire. On peut aussi avoir une liste d’ami et créer des party chats avec eux. On peut aussi faire des captures d’écran (illimité) et des captures vidéo de 30 secondes (500max). Les options de confidentialités sont simples et complètes. On sait exactement ce que l’on partage ou pas. Par contre, le choix de la langue de la plateforme est lié à la langue du compte Gmail. Si votre compte est en anglais, votre Stadia le sera aussi. Pour changer la langue il faut changer la langue de son compte. C’est un peu embêtant sur certains jeux qu’on aimerait faire dans une langue différente. Après, beaucoup de jeux proposent le changement de langue dans son menu d’options.

Un modèle gratuit et un payant

Stadia est une plateforme qui propose un service gratuit qui permet de jouer aux titres de sa bibliothèque de jeux jusqu’à 1080p / 60fps avec un son stéréo. Il suffit d’avoir une adresse Gmail. Les jeux achetés sont ajoutés à la bibliothèque et jouable instantanément. Simple, gratuit et accessible partout sur navigateur Chrome, Android et iOS, la version gratuite est top pour jouer sur petit écran genre smartphones et petits laptops.

La seconde option (payante) est Stadia Pro à 11CHF par mois. Pour les joueurs plus exigeants qui veulent jouer sur grand écran avec une qualité d’image optimale jusqu’en 4K / 60fps avec HDR. En plus du 4K, Stadia Pro propose une sélection d’une trentaine de jeux renouvelables disponibles « gratuitement » à ajouter à sa bibliothèque. Les jeux sont conservés le temps de l’abonnement à Stadia Pro. Evidemment, les jeux achetés sont toujours disponibles après l’arrêt de l’abonnement Pro et utilisable dans la version gratuite de Stadia jusqu’en 1080p. Encore un point important de Stadia Pro, ce sont les prix promotionnels exclusif aux abonnés sur le store. Stadia Pro offre aussi des Free Play Days qui donnent l’occasion de tester des jeux gratuitement durant quelques jours. Voilà ce qu’offre la version payante de Stadia. L’abonnement à Stadia Pro est de 11CHF/mois en Suisse.

Un catalogue encore restreint

Le store ou magasin online de Stadia en est à ses débuts. Le design est plutôt sympa. Simple et efficace. Très sobre. Le catalogue est plutôt restreint pour l’instant et c’est un peu le talon d’Achille de la plateforme de Google. Il y a pas mal de jeux, mais si on compare à la concurrence, on est encore loin du compte. Il y a de très bon titres récents et vieux comme Assassin’s Creed Valhalla, Watch Dogs Legion, Immortals Fenyx Rising, Doom Eternal, Sekiro,  Red Dead Redempion 2, Star Wars Jedi Fallen Order, Marvel’s Avengers, etc. Mais aussi NBA 2k21, Windbound, Borderlands 3, Final Fantasy XV. Il y a des choix étranges comme les nouveaux Tomb Raider. Il y a le premier de 2018 et Shadow of the Tomb Raider, mais Rise of the Tomb Raider est aux abonnés absents. Enfin si, il est là maintenant, mais on ne peut pas l’acheter pour l’instant. GTA V n’est pas là non plus.

Google Stadia va évidemment étoffer son catalogue de jeux avec le temps. D’ailleurs, Cyberpunk 2077 est disponible day one sur Stadia. Certains jeux sont exclusifs ou en avant-première sur Stadia comme Orcs must die 3, Super Boberman R Online ou Serious Sam 4. La toute nouvelle exclu Submerged: hidden depth est disponible gratuitement sur Stadia Pro. C’est sympa et très joli, mais rien qui fasse trop tourner les têtes. Il manque encore une killer app.

Le store va devoir s’améliorer rapidement pour être plus attrayant. Si la sélection est bonne globalement, on en fait malheureusement trop vite le tour. Il y a beaucoup de choix, mais ce sont souvent des titres que l’on connait depuis longtemps et qu’on possède déjà sur une autre plateforme. Il faudra être plus agressif sur les nouvelles sorties et en proposer un maximum de day one pour être plus attractif. Avec les derniers jeux Ubisoft et Cyberpunk 2077, on sent que Stadia va dans la bonne direction. En ce qui concerne la politique des prix, on est sur des tarifs assez équivalent à la concurrence et guetter les bonnes affaires. Par exemple Borderlands 3 en version ultimate pour moins de 11CHF.

Une plateforme prometteuse qui a encore beaucoup de chemin à faire

Stadia est une plateforme qui doit encore faire ses preuves. Sur la technique, ce n’est pas trop mal, de ce côté-là ça marche même plutôt bien. Avec une connexion de 35Mbps, on a droit à une bonne expérience de jeu avec une latence minime qui n’est pas ressentie, ou vraiment très peu, dans le gameplay. C’est ce qui me faisait le plus peur et je suis rassuré, ça marche. Peut-être pas autant qu’une machine locale, mais ce n’est pas loin. C’est tout à fait acceptable. Par contre, la gestion de la 4K n’est, à mon avis, pas encore maitrisée. Des fois c’est en 4K, des fois pas. Ce n’est pas clair. Et d’être 100% dépendant de la qualité de la connexion internet peut jouer des tours. Par contre, l’utilisation de Stadia est simple et pratique. Les jeux se lancent instantanément. Pas de téléchargement, pas de mise à jour, pas de panne (sauf internet), pas de disque dur plein. Un click et on joue. Mais, il faut une connexion internet rapide évidemment. Pas d’internet: Pas de Stadia. Avec le cloud gaming, c’est le prix. La stabilité du système dépend de la qualité de la connexion internet et de sa vitesse. Avec Stadia, on joue sur différents supports pour pouvoir jouer partout et tout le temps. Sur ordinateur via le navigateur Chrome, sur télévision via un Chromecast (Ultra pour la 4K) ou sur smartphones et tablettes via l’app Stadia.

Stadia est flexible et pratique. On commence sur la TV, pour finir sur son téléphone de manière assez rapide et presque seemless. Ça c’est vraiment chouette d’avoir tout et partout sans prise de tête. Parfait pour les personnes qui ne veulent pas investir beaucoup d’argent dans un gros PC ou une console de jeux onéreuse, mais uniquement acheter et profiter de ses jeux simplement sans se poser de question. Je presse Play et je joue, c’est tout. Difficile de montrer une console 100% dématérialisé alors essayez-la sur Stadia.com, vous pourriez être surpris.

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