Les armées

Les armées

C’est une branche d’oranger qui illustre à merveille la couverture de ce court roman. Mais il s’agit aussi d’un roman d’une rare densité dont la lecture s’impose.

Attention, c’est un roman qui mérite d’être lu en prenant son temps, pas en flânant non, mais en savourant la progression lente mais inéluctable.

Un petit mot sur le titre, traduction littérale du titre original. Le pluriel est justifié par les affrontements qui opposent des hommes armés, dont certains en uniforme, dans le village de San José mais dont on ne sait pour ou contre qui ils combattent. Alors cet oranger est plus intrigant. Il est dans le jardin d’Ismael Pasos, un instituteur à la retraite, tout comme son épouse Otilia. C’est souvent qu’il monte cueillir des oranges parce qu’il peut, de son échelle, voir sa voisine nue se dorer au soleil ou apercevoir et imaginer la petite bonne et sa petite culotte blanche. Otilia reproche à Ismael d’être un voyeur. Et, dans la mesure où ceux qui sont restés au village sont d’anciens élèves, il connaît tout le monde, les hommes et les femmes. A San José, des gens disparaissent, enlevés par une faction ou une autre ou de leur plein gré. Et Ismael se met à chercher Otilia au milieu du village que fuient ses habitants et des bandes armées tout en se souvenant, en ne se rappelant plus. Déchéance de l’homme et de l’humanité sous l’œil indifférent de la nature qui, elle, poursuit son cycle.

Et l’auteur parvient à nous faire accepter cette lente décrépitude grâce à un humour insidieux tout en délicatesse. Un livre précieux digne d’être offert aux gens que l’on aime bien…

Bonne lecture.

Les armées
Auteur : Evelio Rosero
Editeur : Métailié

www.editions-metailie.com

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