Gandhara

On se permettra de regretter la médiocrité de l’illustration de couverture que ne mérite nullement l’intensité du roman… C’est vrai qu’il ne faut pas se fier aux apparences, mais il y a des apparences qui peuvent attirer sans être trompeuses. Donc merci de faire comme si vous n’aviez rien vu. De toute façon vous connaissez déjà l’auteur, il m’étonnerait que je ne vous en ait pas déjà parlé. Vous êtes allé directement à la quatrième de couverture où vous avez eu un peu de mal à lire le prénom du personnage principal et vous avez été séduit par la présentation.

Et vous êtes entré dans le roman. Attention, avez-vous pensé à emporter avec vous votre sens de l’humour ? Si oui continuez, si non retournez le chercher… Vous en aurez doublement besoin. Parce que le récitant et détective privé Daniel Kissing ponctue ce qui lui arrive de pointes d’humour, parce que c’est une façon de vous impliquer dans ce qui se passe. Une façon de camoufler comme pour beaucoup de privés qu’ils sont mal dans leur peau, à l’étroit dans le monde. Et que sous le brillant des photos/clichés qui parlent de leur vie, de leur métier, il fait plus noir qu’on ne le croit. Kissing qui vient de retrouver grâce à un vieil ami de son père décédé la fille d’une amie est embauché par un richissime collectionneur pour retrouver une statue très rare qui n’est jamais arrivée chez lui alors qu’elle aurait dû. Et voilà un héros désabusé embarqué dans une dangereuse chasse au trésor…

Si vous êtes lecteur fidèle de Richard Canal vous retrouverez dans Gandhara un de ses thèmes particuliers : le rapport à l’art… L’art rédempteur de ceux qui le créent et de ceux qui savent se l’approprier par la contemplation, l’écoute, le regard… Je vous offre une citation qui en renvoyant indirectement à un cinéaste (Wim Wenders) peut corroborer ce que je viens d’écrire : « N’en déplaise à nos amis aborigènes, nous ne pouvons pas passer notre existence au temps du rêve dans notre civilisation. Nous devons nous faire une raison, nous sommes de ce temps et de ce lieu. »

En quatrième de couverture il est dit que « l’ombre de Joseph Conrad plane sur Gandhara », c’est vrai, mais je me permettrai d’ajouter une autre ombre. Celle de Robert Louis Stevenson. C’est vous qui devrez me dire si je me trompe…

Bonne lecture.

PS : Vous avez remarqué ? Pour l’humour je n’ai pas fait référence au proverbe habituel.

Gandhara
Auteur : Richard Canal
Editeur : Séma
Collection : Séma’cabre

www.sema-diffusion.com

Gandhara
5.0Note Finale

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.