Gandahar n°16, Christine Renard, Les œuvres oubliées

Une couverture d’une rare luminosité pour un numéro consacré à une des grandes dames de la science-fiction française. Si Nathalie Henneberg est régulièrement ou presque rééditée, il est loin d’en être de même pour Christine Renard qui le mériterait – être rééditée – tout autant.

Quatorze textes composent cet hommage agrémenté de témoignages de ses amis mais auxquels manque une bibliographie sérieuse. D’une part, il m’étonnerait que ceux qui liront pour la première fois Christine Renard dans ce Gandahar n°16 n’aient pas envie d’en lire plus et, d’autre part, il n’est pas certain que ceux qui l’apprécient déjà sachent tout de son œuvre.

Il me semble qu’elle est entrée en littérature au moment où l’on se posait des questions sur le fait que la femme pouvait écrire, sur le style des femmes qui écrivaient comme Sand ou Colette, écrivaient comme des hommes, comme si Virginia Woolf ou Simone de Beauvoir – pour ne citer qu’elles – étaient des ectoplasmes. La lecture des textes proposés ici devrait vous rassurer Christine Renard est une vraie voix, une auteure. Lisez « Le signe des Gémeaux » (premier texte publié professionnellement en février 1962), c’est subtil dans l’écriture comme dans le traitement de l’idée. Et puis passez à un texte de 1978 qui s’intitule « Le drame d’une mère porteuse » pour découvrir une certaine lucidité et ce que l’on peut considérer comme le Mal moderne : le rôle de l’argent. Ensuite, reprenez le cours normal de la lecture. Pendant cette lecture, repensez à l’obligation faite à Jean-Luc Godard par la censure de changer le « la » de son titre en « une » femme mariée… Je suis sûr que les « une » de Christine Renard vous donneront des idées de « la »…

Bonnes lectures.

Gandahar n°16, Christine Renard, Les œuvres oubliées
Editeur : Gandahar

www.gandahar.net

Gandahar n°16, Christine Renard, Les œuvres oubliées
4.0Note Finale

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