C’est tous les jours pareil

Avec en couverture un dessin de l’auteur (dont on sait si on suit mes chroniques qu’il est dessinateur, critique et auteur compositeur interprète). Il s’agit d’un recueil de courts textes. Vous souvenez-vous de ce recueil des chroniques de Pierre Desproges où en couverture il tenait un poussin en main ? Image douce sauf qu’en regardant bien on voyait du sang goutter… C’était « Les chroniques de la haine ordinaire ». Je pense que ni Desproges ni Andrevon ne haïssent leurs contemporains, je crois plutôt que comme beaucoup d’entre nous ils détestent la bêtise et ce à quoi elle mène. La bêtise qui s’attache au dérisoire. Un dernier rapprochement : allez regarder chez votre libraire favori et voisin s’il peut vous vendre « Les nouvelles en trois lignes » de Félix Fénéon.

Andrevon nous raconte des journées de gens qui travaillent comme vous et moi, des gens ordinaires, simples. Des gens qui tiennent à leur métier non parce qu’ils l’aiment mais parce que s’ils le perdent ils auront du mal à en trouver un autre. Des gens qui font leur métier du mieux qu’ils peuvent en pestant contre leurs conditions de travail. Mais Andrevon en rajoute une couche, dans la société où vivent ces gens, le dérisoire ordinaire relève de l’exagération par rapport à notre monde… tout y prend des proportions dantesques. Ainsi l’enseignant entre en classe armé d’un colt Frontier dans son holster de ceinture et est contraint de faire feu et de tuer … Rassurez-vous, grâce à l’intervention de l’association des Parents d’Élèves du mouvement La France en Ordre, la bataille rangée qui a suivi c’est bien achevée pour le prof qui peut rentrer chez lui et croiser un voisin d’étage qui part travailler et « fait vraiment un boulot dangereux » lui : il est flic. Ceux que présente Andrevon sont sûrs d’eux, sûrs de leur bon droit, de leur raison d’être. Mais, et c’est à mon sens un peu dommage, on ne peut leur en vouloir d’être comme ils sont. Ce n’est pas de leur faute s’ils sont dérisoires…

Lisez le plus lentement possible ces chroniques du dérisoire ordinaire…

Bonne lecture.

C’est tous les jours pareil
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Editeur : La clef d’Argent

http://clefargent.free.fr

C'est tous les jours pareil
5.0Note Finale

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.